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[Tribune libre] : L’Iran épate le monde

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La République Islamique d’Iran ne cédera jamais face à l’impérialisme de l’Ordre occidental !

Les fondements constitutionnels de la résistance iranienne

Après les funérailles du Guide suprême, l’Ayatollah Sayed Ali Khamenei, j’ai entrepris de lire la Constitution de la République Islamique d’Iran, disponible en ligne en versions française et anglaise. J’ai découvert que la République Islamique d’Iran a pour principe constitutionnel de résister à l’oppression et d’être toujours du côté de l’opprimé. Selon les principes constitutionnels iraniens, il faut toujours se rallier aux opprimés contre les oppresseurs. C’est ce que le monde entier est en train de voir dans la guerre d’agression, la guerre coloniale, une guerre illicite qui a été imposée à l’Iran par l’Ordre occidental depuis le 28 février 2026.

Ayatollah Sayed Ali Khamenei, tué par les bombardements américains Sur Téhéran.
Ayatollah Sayed Ali Khamenei, tué par les bombardements américains Sur Téhéran.

Je me suis rendue compte que très peu de personnes font un effort de compréhension à l’égard de l’Iran. De telle sorte que peu de gens cherchent à comprendre ce qu’est l’Iran, ce que fait l’Iran et ce que pense l’Iran.

Les origines d’une incompréhension mondiale

J’ai fini par me dire que l’incompréhension si répandue de l’Iran à travers le monde est de deux ordres : une grande partie du monde vivant sous la domination de l’Ordre occidental a été formatée et vit dans un enclos. Elle ne voit et ne pense le monde qu’à travers le prisme occidental, son formatage lui ayant ôté tout esprit critique.

Mais alors, pourquoi les Occidentaux qui, eux, ne sont formatés par personne et qui ont des think tanks à la pelle, des instituts de réflexion « en veux-tu en voilà », ont-ils un si mauvais regard et une si mauvaise compréhension de l’Iran ? À mon avis, c’est parce qu’ils ont des choses à se reprocher concernant l’Iran. Ils savent ce qu’ils ont fait contre l’Iran et les Iraniens par le passé.

1979 : Une authentique révolution populaire

Pour comprendre pourquoi l’Iran épate le monde, il faut d’abord comprendre sa révolution de 1979, qui est une authentique révolution populaire. J’ai étudié beaucoup de révolutions quand j’ai volontairement mené une réflexion pour savoir comment on pouvait transformer mon pays, le Gabon, qui est un pays colonisé et créé artificiellement par le colon, en un véritable pays façonné par les autochtones pour eux-mêmes. Je peux donc affirmer, pour avoir étudié beaucoup de révolutions à travers le monde, que la révolution iranienne de 1979 est une véritable révolution populaire. C’est-à-dire un mouvement massif où le peuple se soulève pour renverser un pouvoir injuste. Ce mouvement change en profondeur la société, l’économie et la politique. Ce grand changement vient de la base, c’est-à-dire des citoyens ordinaires et des classes les plus pauvres. C’est exactement ce qui est arrivé en Iran en 1979.

En plus, la révolution iranienne de 1979 se connecte avec toutes les périodes de la longue histoire de l’Iran. C’est ainsi que l’Iran a élaboré sa doctrine de résistance, qui consiste à faire face de manière tenace à l’adversité. Ce qui prépare aujourd’hui l’Iran à s’imposer sur la scène mondiale comme une puissance avec laquelle il faudra compter.

Le traumatisme du renversement de Mohammad Mossadegh

Je vous ai dit que la révolution de 1979 se connecte à toutes les périodes de l’histoire de l’Iran. Par exemple, l’Iran a très mal vécu ce qui est arrivé à Mohammad Mossadegh, l’ancien Premier ministre du dernier Shah d’Iran, Mohammad Reza Pahlavi.

Shah Mohamed Reza, chassé du pouvoir par la révolution iranienne en 1979.
Shah Mohamed Reza, chassé du pouvoir par la révolution iranienne en 1979.

Mohammad Mossadegh était le Premier ministre élu de l’Iran de 1951 à 1953. Mais avant de devenir Premier ministre du Shah, il avait observé que, depuis 1908, les colons britanniques exploitaient le pétrole dans les sables iraniens. Ils avaient créé l’AIOC (Anglo-Iranian Oil Company) et s’arrogeaient le contrôle du gisement de pétrole, puis avaient construit la plus grande raffinerie du monde à Abadan.

Cependant, l’Iran ne recevait presque rien de sa propre richesse pétrolière, et ce qui lui revenait était capté par le Shah. Mohammad Mossadegh n’aimait pas ce qu’il voyait, d’autant qu’il n’y avait pas du tout de redistribution de cette richesse tirée du sous-sol iranien à la population iranienne qui, elle, croulait dans la misère, avec un très grand taux d’analphabétisme et un très faible accès à l’éducation, en particulier pour les femmes. Face au peuple miséreux se dressait une classe aristocratique qui se partageait la rente pétrolière octroyée par l’AIOC. Par surcroît, la SAVAK, la police politique du Shah mise en place par Israël, exerçait une répression féroce sur le peuple.

La prédation occidentale et le défi de la nationalisation

Il n’y avait pas que les Anglais qui exploitaient presque gratuitement le pétrole iranien : toutes les puissances colonisatrices exploiteuses de pétrole étaient en Iran, notamment les Américains (Standard Oil), les Hollandais (Shell / Royal Dutch Petroleum) et les Français (ELF, qui ne s’appelait pas encore ELF) qui extrayaient le pétrole et plongeaient le peuple iranien dans la pauvreté. Un grand classique, puisque partout où les Occidentaux exploitent le pétrole ou toute autre richesse dans un pays méprisé, ils plongent les populations autochtones dans une extrême pauvreté.

C’est dans ce contexte que Mohammad Mossadegh est élu Premier ministre avec un objectif en tête : nationaliser le pétrole iranien pour qu’il profite enfin aux masses iraniennes. Il va se heurter au mépris, à la condescendance, à la brutalité et à la voracité des Occidentaux. Les Français, par exemple, diront que les Iraniens ne sont pas capables de s’occuper de leurs affaires, oubliant que les Iraniens s’occupent de leurs affaires depuis 500 ans avant J.-C., quand la France n’existait même pas encore.

L’opération Ajax ou le complot contre la souveraineté

Immédiatement après la mise en place du processus de nationalisation, l’opération AJAX est lancée contre Mossadegh par la CIA. Les services secrets américains mettent un million de dollars sur la table afin de fomenter des troubles en permanence contre Mossadegh et de le pousser hors de la politique. S’organise alors un grand complot contre Mossadegh avec les services secrets anglais, français, israéliens et toutes les sociétés pétrolières présentes en Iran, ainsi que… le Shah d’Iran lui-même, qui travaillait contre son propre pays pour des intérêts impérialistes.

Mohammad Mossadegh se retrouve tout seul, mais il résiste contre ce qu’il voit comme une attaque contre la souveraineté iranienne. Mossadegh est arrêté. Un tribunal le condamne à trois ans de prison et à l’exil à Ahmad-Abad. Des accords inégaux sont alors négociés entre les compagnies pétrolières et le Shah Mohammad Reza Pahlavi.

L’héritage de Mossadegh et l’ADN de la résistance

La Révolution de 1979, intervenue 26 ans plus tard, n’a pas oublié le combat de Mossadegh pour la souveraineté de l’Iran. Tout en ayant été traumatisé par les agissements du Shah, qui a travaillé contre son propre pays et son propre peuple, l’Iran va alors nationaliser toutes ses richesses et s’opposer à tout impérialisme et à toute hégémonie.

Lorsque l’on regarde attentivement la longue histoire de l’Iran, elle nous enseigne que les Iraniens, par principe, sont des personnes indépendantes : c’est dans leur ADN. Ils ne cèdent jamais à aucune pression d’où qu’elle vienne ; ils ne sont préoccupés que par le fait de prendre leur destin en main et d’en être les seuls maîtres.

Cette culture de la résistance se retrouve tout au long de l’histoire iranienne, à toutes ses époques. Quand bien même les Iraniens seraient en infériorité numérique ou en infériorité de moyens logistiques, ils résisteront toujours, quel que soit le cas de figure.

Cette culture de la résistance de l’Iran se voit aujourd’hui clairement face à la guerre qui lui a été imposée, et elle épate le monde entier. L’Iran se bat ouvertement contre deux puissances nucléaires qui pensaient n’en faire qu’une bouchée ; mal leur en a pris. En réalité, l’Iran ne se bat pas seulement contre deux pays, aussi puissants soient-ils sur le plan nucléaire, elle se bat également contre tout l’Ordre occidental. Ce dernier comprend de nombreux pays offrant un appui logistique et multiforme aux États-Unis et à Israël, à l’exception de l’Espagne. Malgré cela, l’Iran leur tient la dragée haute.

La guerre asymétrique : De la forteresse d’Alamut aux conflits modernes

La résistance de l’Iran passe aussi par l’asymétrie. Qu’est-ce que l’asymétrie ? Dans la stratégie militaire, l’asymétrie désigne un différentiel technologique incompressible entre deux ou plusieurs acteurs qui s’affrontent, lequel est compensé puis dépassé par des techniques alternatives de combat.

Figurez-vous que c’est Hassan ibn al-Sabbah, un ancêtre des Iraniens, qui a inventé la guerre asymétrique. Il habitait dans la forteresse d’Alamut avec une poignée de fidèles appelés les Nizârites. Ils étaient inférieurs en nombre et en moyens logistiques. Pourtant, Hassan ibn al-Sabbah et ses Nizârites ont résisté aussi bien à l’émir Saladin qu’aux Croisés. Saladin était le sultan d’un empire qui comprenait l’Égypte, la Syrie, ainsi que des parties de l’Irak actuel, du Hedjaz et du Yémen. Quant aux Croisés, ils étaient constitués par les différentes armées des États pontificaux de l’Europe occidentale, soit toutes les armées de l’Europe chrétienne. Cela signifie que Hassan ibn al-Sabbah et sa poignée de Nizârites ont résisté à plusieurs empires en même temps. Grâce à leur maîtrise de la guerre asymétrique, ils ont causé d’énormes dégâts à toutes ces puissances, à tel point que ni Saladin ni les Croisés n’osaient plus s’attaquer à eux.

C’est exactement la même technique que l’Iran utilise contre l’Ordre occidental actuel. Sous les yeux médusés du monde entier, l’Iran est en train d’administrer une leçon magistrale de cette guerre asymétrique inventée par ses ancêtres. Et je souhaite que l’Iran demeure implacable face à ses ennemis, de sorte que tout pays occidental réfléchira à deux fois, à l’avenir, avant de s’attaquer de nouveau à elle.

Le sursaut éducatif de la République Islamique

Je vous ai dit que la révolution iranienne de 1979 se rallie à toute l’histoire de l’Iran ainsi qu’à toutes ses époques. Après la colonisation de l’Iran par les Occidentaux et les humiliations qu’ont subies les Iraniens pendant cette période, il a été décidé par la révolution de 1979 de construire un vrai pays, capable de se soigner lui-même, de s’éduquer lui-même, de s’alimenter lui-même et de se protéger lui-même.

C’est ainsi que, quelque temps après la révolution de 1979, l’Ayatollah Rouhollah Khomeini a lancé de vastes programmes de reconstruction, notamment un grand plan d’alphabétisation dans tout le pays. Le but du système éducatif en Iran est d’établir une société basée sur la justice et sur les valeurs islamiques chiites. Résultat : quarante ans plus tard, selon l’UNESCO, l’Iran forme chaque année 240 000 ingénieurs, 7 000 médecins, 26 000 avocats et 300 000 diplômés en STEM (Sciences, Technologie, Ingénierie et Mathématiques), etc.

L'ayatollah Roulhollah Khomeini, meneur de la révolution et Tombeur de Shah Mohamed Reza Pahlavi.
L’ayatollah Roulhollah Khomeini, meneur de la révolution et Tombeur de Shah Mohamed Reza Pahlavi.

Ainsi, il y a des domaines où l’Iran devance l’Oncle Sam, comme le secteur de l’éducation. Sur ce plan précis, les États-Unis sont loin derrière l’Iran. Les femmes iraniennes sont plus éduquées et plus diplômées que les femmes américaines. Oui, oui !

La réalité des femmes iraniennes face aux clichés occidentaux

Cela me fait souvent sourire quand j’entends les féministes occidentales verser des larmes de crocodile pour « les pauvres femmes iraniennes qu’elles veulent sauver ». Je me demande de quelles Iraniennes elles parlent. De quoi les femmes occidentales peuvent-elles bien sauver les Iraniennes ? Les dames iraniennes sont aujourd’hui plus nombreuses à l’université que les dames américaines. Elles sont plus instruites et plus diplômées. Cette ascension est le fruit des quarante dernières années. Autrement dit, c’est l’œuvre de la République Islamique d’Iran, sous l’égide de laquelle les femmes ont appris massivement à lire, à écrire, à étudier et à devenir médecins, scientifiques, mathématiciennes, chefs de chantier, chauffeurs de taxi, ingénieurs ou cheffes étoilées.

Malgré ces résultats épatants et pourtant visibles, le Shah Mohammad Reza Pahlavi reste, pour les Occidentaux, la figure de la modernité en Iran. Certes, sous le Shah, la femme iranienne s’habillait légèrement et fumait la cigarette (ce qui constitue de bien minces signes de modernité), mais il faut aussi reconnaître que sous son règne, à peine une femme sur trois savait lire et écrire. En comparaison, sous la République Islamique d’Iran, plus de 85 % des femmes iraniennes sont alphabétisées, et chez les jeunes femmes, ce taux frôle les 99 %. Dans les universités, 62 % des étudiants sont des femmes, contre environ 58 % chez l’Oncle Sam. En médecine, les femmes iraniennes sont également majoritaires, représentant près de 60 % des étudiants, et elles dominent largement de nombreuses autres filières scientifiques.

Comme disait Vladimir Ilitch Lénine : « Les faits sont têtus ». On répète à longueur d’émissions de télévision que les femmes iraniennes sont opprimées, pourtant elles étudient, elles réussissent, elles soignent, elles réfléchissent aux moyens de mieux nourrir la population et elles enseignent. Autrement dit, la femme iranienne est plus aguerrie que la plupart des femmes sur cette terre.

L’Iran est vraiment épatante.

Me OYANE ONDO Paulette, Avocate au Barreau du Gabon

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