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Gabon : Dans le secteur du foncier à Owendo, l’Etat s’attaque au chantier du siècle

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Le gouvernement a officiellement lancé, le 18 juin 2026, une vaste opération de régularisation foncière sur les domaines non stratégiques de l’Office des Ports et Rades du Gabon (OPRAG). Un arbitrage délicat visant à sortir 30 000 personnes de la précarité juridique sans pour autant hypothéquer l’avenir industriel de la commune.

Dans la commune portuaire d’Owendo, poumon économique de l’Estuaire, le désordre foncier n’est plus seulement un sujet de dispute de voisinage, il est devenu un enjeu de souveraineté nationale. Le gouvernement gabonais a donné le coup d’envoi d’une campagne inédite de régularisation massive. L’initiative vise à légaliser les milliers de parcelles occupées sans titre officiel sur les emprises de l’Office des Ports et Rades du Gabon (OPRAG). Derrière cette manœuvre technique s’affiche une double ambition politique : concrétiser la justice sociale promise par les autorités publiques tout en sanctuarisant les espaces vitaux au futur développement des infrastructures industrialo-portuaires.

6 000 familles au cœur de l’arène

Pendant des décennies, l’expansion démographique de Libreville et de sa périphérie a poussé les populations à coloniser les espaces vacants, créant une réalité urbaine de fait que l’administration ne pouvait plus ignorer sous peine d’explosion sociale. Portée directement par le ministère du Logement et de l’Habitat sous l’impulsion du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, cette opération cible environ 6 000 parcelles réparties sur sept secteurs stratégiques d’Owendo. Au total, ce sont plus de 300 hectares de bâti qui vont être passés au crible, impactant directement la vie de plus de 30 000 citoyens.

Mays Mouissi donne le coup d’envoi d’une vaste opération de régularisation foncière à Owendo.
Mays Mouissi donne le coup d’envoi d’une vaste opération de régularisation foncière à Owendo.

L’objectif des pouvoirs publics dépasse le simple traitement de dossiers bureaucratiques. Il s’agit de mener une politique réparatrice en offrant une existence juridique à des installations parfois vieilles de plusieurs générations. A terme, les familles éligibles pourront accéder au précieux sésame : le titre de propriété définitif. Pour l’exécutif, cette sécurisation est la seule clé capable d’éteindre définitivement les conflits fonciers récurrents qui engorgent les tribunaux, tout en permettant enfin de restructurer et de viabiliser ces quartiers sous-intégrés.

Préserver les intérêts publics

Le ministre du Logement, Mays Mouissi, a toutefois tenu à fixer des lignes rouges infranchissables. Le dispositif national n’est pas un permis d’occuper généralisé : il s’adresse exclusivement aux particuliers de nationalité gabonaise ayant déjà édifié leur habitation. Les entreprises privées, les spéculateurs détenant des terrains non bâtis, ainsi que les constructions anarchiques situées sur les futures voiries, les réseaux d’assainissement ou les zones marécageuses sont rigoureusement exclus de la procédure. De même, les réserves foncières indispensables à l’extension future du port d’Owendo demeurent intouchables. Cette distinction stricte démontre la volonté de l’Etat de concilier la paix sociale et la compétitivité économique du pays.

Six mois pour réussir le pari de la SNI

La mise en œuvre de ce chantier titanesque a été déléguée à la Société Nationale Immobilière (SNI), désignée comme le bras séculier de l’opération. Les équipes ont six mois pour mener à bien un calendrier chronométré : levés topographiques de précision, recensements numériques des occupants, enquêtes de moralité foncière et arbitrages de restructuration. Un travail de terrain complexe qui nécessite, comme le rappellent les autorités, la pleine coopération des populations locales. Sur le terrain, l’absence de certains chefs de famille ou la réticence à fournir les documents administratifs constituent déjà les premiers défis opérationnels des brigades de la SNI.

Cette grande campagne à Owendo fait figure de crash-test pour la réforme globale du foncier au Gabon. Alors que le programme national de « Régularisation foncière de masse » vient de franchir un cap historique avec plus de 20 000 décisions de cession émises à l’échelle nationale en moins de six mois, la réussite du cas d’Owendo servira de modèle pour les autres zones de friction du pays. L’enjeu est de taille : prouver que l’aménagement urbain moderne peut rimer avec justice sociale.


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