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Gabon : La révision des listes électorales avant le nouveau code électoral ?

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Selon le calendrier initialement fixé par le CTRI, une révision des listes électorales était prévue pour début avril 2025. Cette révision a été avancée pour commencer en début janvier, suscitant des préoccupations, d’autant plus qu’elle intervient avant l’adoption définitive du nouveau code électoral, un cadre législatif encore en cours de rédaction.

Le timing de cette révision soulève des questions légitimes. En l’absence d’une loi électorale définitive, la révision de janvier pourrait être perçue comme prématurée et accusée de manquer de clarté, tant sur les plans juridiques que politiques. Alors que si la révision se fait selon l’ancienne loi électorale, alors que d’autres étapes du processus électoral sont régies par le futur code, cela pourrait créer une incohérence dans l’application des règles. Une telle situation risquerait de générer une confusion juridique, avec des phases du processus électoral régies par des règles contradictoires, ce qui pourrait entraîner des contestations et nuire à la régularité du scrutin.

Espérons que les changements apportés par le nouveau code électoral ne remettent pas en question les révisions effectuées sous l’ancienne législation.

Jean-Yves Ntoutoume : « Que ceux qui ont accepté d’accompagner la restauration des institutions soient en phase avec le discours du président de la Transition »

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Ainsi souhaite le président de l’Organisation patronale des médias (OPAM). Lequel a, samedi dernier dans une déclaration devant la presse à Libreville, dénoncé – au nom des autres organisations de cette corporation, notamment le CPPPL, l’UPPIG, l’UGPS et le RENAJI – « les pratiques jugées incohérentes et discriminatoires entourant l’octroi de cette aide essentielle ». Dans l’opinion, c’est la grande stupeur. D’autant plus que le ministère de la Communication et des Médias est dirigé par Laurence Ndong, autrefois femme très engagée pour la promotion des valeurs d’éthique, de la bonne gouvernance de la chose publique… contre le système criminel d’Ali Bongo. Personne ne comprendrait donc qu’une fois aux responsabilités, des soupçons d’entourloupe rythment la gestion de la subvention à la presse privée. Certes, 500 millions de Fcfa font saliver ses collaborateurs, mais elle devra relever le défi du président de la République : gérer avec transparence les deniers publics. Certains de ses prédécesseurs à la fonction ont laissé des plumes à cause de ce fonds. Mme Ndong devra répartir « la totalité » du montant de la subvention entre les ayants-droits pour faire mentir ses détracteurs. D’ici là, voici ce qu’en pense Jean-Yves Ntoutoume de cette désormais affaire…

Gabonclic.info : Monsieur Jean-Yves Ntoutoume, vous êtes monté au créneau samedi à la suite d’un communiqué du ministère de la Communication et des médias relatif à la subvention à la presse édition 2024. Qu’est-ce qui a motivé cette sortie médiatique ?

Jean Yves Ntoutoume : depuis la mise en place de l’aide de l’État à la presse privée au Gabon, nous avons constaté que chaque année, les critères d’attribution de cette subvention changent. Nous ne comprenons pas qu’un ministère, qui a accrédité un certain nombre de médias sur la base de leurs dossiers juridiques, exigent d’autres documents lorsqu’il s’agit de la subvention à la presse. En avril 2024, plusieurs médias à jour ont été accrédités pour couvrir le Dialogue national inclusif. Le conclave le plus inclusif que le Gabon a abrité. En novembre dernier, les médias à jour ont encore reçu les accréditations du ministère de la Communication et des médias pour la couverture médiatique d’un référendum constitutionnel historique. Deux événements majeurs organisés dans le cadre de la restauration des institutions gabonaises.

Vous voulez dire que malgré le contexte de la restauration des institutions, les pratiques tant décriées par le passé ne changent pas ?

Nous avons l’impression que plusieurs personnes associées à la restauration des institutions fonctionnent comme sous le régime déchu. Pourtant, chaque jour, les autorités en place sanctionnent tout contrevenant à la bonne gestion de la chose publique. Mais chaque jour, comme si cela n’arrivait qu’aux autres, d’autres malins continuent de ramer à contre-courant du discours innovant du président de la Transition.

Jean-Yves Ntoutoume : « Que ceux qui ont accepté d'accompagner la restauration des institutions soient en phase avec le discours du président de la Transition »

Pourquoi l’État doit-il accorder une aide à la presse privée ?

L’aide à la presse n’est pas une spécificité gabonaise. Partout où on a choisi la démocratie comme modèle de gouvernance d’un pays, il existe cette aide. Parce que la presse joue un rôle important dans l’expression démocratique et aide à la bonne gouvernance qu’un soutien lui est accordé, afin de lui permettre de travailler dans de conditions acceptables. Donc, l’aide à la presse n’est pas une aumône qu’un gouvernant pense qu’il peut gérer à sa guise. Or, depuis la mise en place de cette manne en 2003, elle fait l’objet de convoitise de certains gouvernants. Pourtant en 2004, face à la guéguerre née entre le Conseil national de la communication de l’époque et le ministère de la Communication au sujet de la gestion de cette subvention, le président de la République, Omar Bongo, avait accordé une audience à toutes les parties (CNC, ministère de la Communication et éditeurs de presse). Lors de cet entretien au Palais, en présence du ministre des Finances de l’époque, Paul Toungui, le président Omar Bongo avait posé la question suivante au ministre : « Monsieur le ministre des Finances, à qui appartient la subvention ? » « Aux éditeurs de presse« , avait répondu le membre du gouvernement. Dès cet instant, le président Omar Bongo a tapé du poing sur la table, en disant à l’assistance : « Vous avez compris, la séance est levée ». Mais cela n’a pas suffi à mettre fin au désordre sur la répartition de cette subvention.

Il se dit que Blaise Louembe, à l’époque ministre de la Communication, avait géré avec éthique cette subvention à la presse ?

Je voudrais rappeler qu’en 2003, lorsque cette subvention a été payée pour la première fois, sous le ministre Medhi Teale, il n’y a jamais eu de per diems payés à une quelconque Commission de répartition de cette manne. Bien au contraire, le ministre Teale avait marqué le coup en profitant de la Journée mondiale de la liberté de la presse, le 3 mai 2003, pour distribuer cette subvention. Nous croyions que les choses allaient continuer dans ce sens, hélas. Le désordre s’est installé. Il a fallu l’avènement du ministre Blaise Louembe au département de la Communication, non seulement pour arrêter les critères objectifs (dossier juridique à jour de l’organe de presse et régularité dans sa parution), mais aussi d’interdire que la Commission chargée de la répartition de cette subvention ne touche à un seul franc de ce fonds. Mais depuis près de dix ans, les autres ministres qui sont arrivés ont ramené cette affaire de per diems à ponctionner dans l’aide accordée à la presse. Cette fois, nous disons non ! C’est d’ailleurs pourquoi, avec l’ensemble des organisations de notre corporation, nous allons saisir les institutions compétentes dans le cas où cet argent servirait à autre chose qu’à l’aide aux médias.

Jean-Yves Ntoutoume : « Que ceux qui ont accepté d'accompagner la restauration des institutions soient en phase avec le discours du président de la Transition »

Certaines pratiques peuvent-elles entraîner des conséquences sur le plan international ?

Le Gabon, en 2024, a fait bonne figure en se classant 56ème pays sur 180 dans le classement annuel de Reporters sans frontières. Il faut rappeler que nous étions, en 2023, à la 94ème place. Aussi, avec le coup de libération du 30 août 2023 et toutes les bonnes actions doublées des intentions des nouvelles autorités, on a gagné 38 places. Mais avec les pratiques anciennes, nous risquons de dégringoler dans ce classement qui est un élément de motivation des investisseurs qui frappent aux portes de notre pays. Que ceux qui ont accepté d’accompagner la restauration des institutions soient en phase avec le discours du président de la Transition. 

Répartition de la subvention de 500 millions de Fcfa à la presse privée au Gabon : « Pourquoi j’accuse ? »

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Peu importe l’angle d’observation, le ministre de la Communication et des médias est face à une situation explosive. Il y va de sa crédibilité et partant de la promotion de la « restauration » des pratiques dans son département ministériel. Laurence Ndong, après avoir été des années durant une icône de la lutte contre le pouvoir inhumain d’Ali Bongo, a l’obligation de repartir avec équité « la totalité » de la subvention de 500 millions de Fcfa aux ayants droit et non à distribuer les per diems aux membres d’une commission qui seront probablement choisis à la tête du client.

Le  » Pourquoi j’accuse « , inspiré du titre du livre de LN, ministre de la Communication et des médias, porte mieux la parole des bénéficiaires de cette subvention réhabilitée après le « Coup de libération », qui ambitionne de rompre avec les coups bas et tordus du pouvoir déchu. Brice Clotaire Oligui Nguema a relevé à 500 millions de Fcfa le montant de la subvention pour donner des gages de la « restauration » des institutions avec « une presse libre et responsable ».

Les réajustements énoncés avec empressement à la dernière minute, comme le démontre la diffusion vendredi dernier au journal de 20 h de Gabon 1ère du communiqué aux allures de patate chaude de la cheffe du département et Porte-parole du gouvernement, se dévoile maladroitement, en couvrant de lauriers d’épines une direction générale de la Communication vidée de son sens. C’est du Laurence Ndong. Question naïve : Hermine Otounga Souna, directrice générale de la direction générale de la Communication, pseudo signataire dudit communiqué, lu par son adjoint, Prosper Tonda Mambenda, était-elle au courant de son contenu ? Mais bon, passons !

L’encre et la salive des rédactions désormais contrôlées par des règles non écrites avant le jour J.

Imposer une règle pendant une dictée veut simplement dire que l’évaluation a été mal préparée et le sans-faute sans les 100 fautes inévitables. La preuve ? Les rédactions de la presse privée, jadis relais fidèle de Laurence Ndong du « Gabon : Pourquoi j’accuse« , n’ont jamais reçu sa visite pour s’enquérir des conditions de travail de celles et ceux qui ont longtemps pris les risques de la défendre et, surtout, défendre les valeurs d’honneur et de fidélité à la patrie formulées par le CTRI.

En augmentant considérablement le montant de la subvention à 500 millions de francs CFA, le général Oligui Nguema a traduit la parole en acte au lendemain de son discours d’investiture. De l’avis de plusieurs observateurs, les règles de répartition de la subvention, énoncées à la dernière minute, dévoilent, toute honte bue, une certaine vénalité dans la gestion administrative de ce dossier où les montants calculés et décaissés doivent subir un autre calcul, qui doit produire un reliquat, un  » gabonisme  » qu’on appelle « le management ». Les pratiques du pouvoir déchu recyclées sous la Transition.

Laurence Ndong va-t-elle créer la surprise en répartissant équitablement les 500 millions de Fcfa aux éditeurs de la presse privée ? Wait and see !

CNAMGS : une désacralisation alarmante des décrets présidentiels sous l’intérim de Mélina Nkole Aboughe Obame-Comlan

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Alors qu’elle n’assure que l’intérim, Mme Comlan « nomme » – une prérogative réservée uniquement au président de la République – un « directeur des prestations sanitaires sociales ». Ce cafouillage questionne très clairement la rigueur des militaires par rapport au fonctionnement de la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale et jette un discrédit sur la restauration des institutions tant souhaitée par les Gabonais.

Dans l’univers institutionnel gabonais, les décrets présidentiels incarnent l’autorité suprême et matérialisent la vision stratégique de l’État. Cependant, sous l’intérim de Mélina Nkole Aboughe Obame-Comlan, à la tête de la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS), une dérive inquiétante remet en cause le caractère sacré de ces actes, particulièrement en ce qui concerne les nominations et révocations de cadres nommés par décret.

Une remise en cause des actes présidentiels

Désignée par le ministère de tutelle comme directrice générale par intérim pour gérer les affaires courantes, Madame Comlan semble ignorer les limites de ses prérogatives. En relevant de ses fonctions un cadre nommé par décret présidentiel – en l’occurrence, le directeur des Prestations sanitaires et sociales –elle outrepasse clairement le cadre juridique et administratif imposé par la hiérarchie.

Les décrets présidentiels, qui émanent de la plus haute autorité de l’État, ne peuvent être modifiés ou contournés sans suivre le principe du parallélisme des formes, lequel impose que toute modification respecte le même processus que celui ayant conduit à leur adoption. En bafouant cette règle fondamentale, dame Comlan érode les bases mêmes de la légalité administrative.

Un intérim hors de ses attributions

La gestion des affaires courantes est la seule mission d’un intérimaire. Cependant, les décisions de Madame Comlan vont bien au-delà de cette prérogative limitée. Révoquer ou reconfigurer les fonctions d’un cadre nommé par décret, sans consultation, ni validation officielle, constitue une violation manifeste de ses obligations et un affront direct à l’autorité présidentielle. Une telle attitude ne serait-elle pas liée à la suspension de sa hiérarchie ? Chercherait-elle à occuper le poste en nuisant à autrui ? Une telle hypothèse, si elle se confirmait, révélerait une volonté délibérée de contourner les règles pour s’imposer dans une fonction qui ne lui a pas été attribuée de manière formelle.

CNAMGS : une désacralisation alarmante des décrets présidentiels sous l’intérim de Mélina Nkole Aboughe Obame-Comlan

La désacralisation des décrets : un précédent dangereux

Ces dérives ne peuvent être considérées comme de simples erreurs administratives. Elles traduisent un mépris pour l’autorité suprême et affaiblissent la portée des actes présidentiels. En instaurant un précédent de non-respect des décrets, elles fragilisent la structure institutionnelle du Gabon et minent la confiance publique dans la rigueur de ses gouvernants.

Un silence troublant des autorités de tutelle

Malgré la gravité des faits, le ministère de tutelle (ministère des Affaires sociales) n’a émis aucune réaction officielle. Ce silence, qu’il soit le résultat d’une complaisance, d’une ignorance ou d’une indifférence, questionne sur la responsabilité des autorités compétentes et sur leur capacité à réagir face à de telles dérives.

Un appel urgent au président de la transition

Il est crucial que le président de la Transition intervienne pour réaffirmer le caractère inviolable des décrets présidentiels et rappeler aux administrateurs intérimaires les limites de leurs fonctions.

Que ces actes soient motivés par une méconnaissance des règles ou par une nostalgie des pratiques de l’ordre ancien, ils ne peuvent rester sans conséquence. Restaurer l’autorité de l’État, protéger les décrets présidentiels et garantir une gouvernance exemplaire sont des impératifs pour le Gabon en transition.

[TRIBUNE LIBRE] Dr Dieudonné Munzangala-Munziewu : De la légitimité du Référendum du 16 novembre 2024

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Dans la présente tribune, l’auteur bat en brèche la thèse de l’illégitimité du référendum du 16 novembre 2024, qui a permis au peuple souverain du Gabon de valider le projet de nouvelle Constitution, qui lui était soumis par les autorités de la transition. 

Il n’y a guère de doute sur le lien entre le système démocratique et le référendum comme fait politique. Il n’est que de penser, pour s’en convaincre, à la formule fameuse d’Abraham Lincoln définissant la démocratie comme « le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ». Se pose ici la question de la légitimité du peuple à se gouverner lui-même, ainsi que le suggère l’étymologie grecque de « démocratie » : le pouvoir (kratos) du peuple (demos). C’est à ce niveau que la démocratie intègre l’idée de référendum, du latin (ad referendum), c’est-à-dire ce qui est à rapporter (referrer) à l’autorité du souverain qu’est le peuple, ultime juge devant trancher (referre ad judicem).

En effet, pour donner une nouvelle impulsion au vivre-ensemble et instaurer collectivement « une communauté porteuse de valeurs » (cf. Jean Ladrière, « le citoyen, le pouvoir politique et l’administration. Réflexions sur la démocratie », in F. Delpérée, La participation directe du citoyen à la vie politique et administrative, Bruxelles, Bruylant, 1986, p. 47), quoi de plus légitime que de s’en référer audit souverain – le peuple gabonais –, appelé à se prononcer (rejeter ou approuver) sur le projet de Constitution, somme toute largement inspirée des recommandations du Dialogue national inclusif (DNI) d’avril 2024 ? Le peuple ne s’est pas déjugé. Au lendemain du référendum du 16 novembre 2024, la sentence est tombée : 91,64% des jurés disent OUI. Constitution adoptée.

A l’évidence, du DNI à l’adoption de ce texte devenu le référent politico-juridique fondamental en République gabonaise, c’est un processus qui aura illustré ce que Paul Ricœur dit de « la démocratie », à savoir un « régime dans lequel la participation à la décision est assurée à un nombre toujours plus grand de citoyens » (cf. « Ethique et politique », in Esprit, n°101, mai 1985, p. 10). Les droits politiques de participation des Gabonais à la res publica ont été observés ; ils se sont massivement prononcés en faveur de la Constitution qui leur a été proposée, laquelle s’impose désormais à tous.

Ainsi, les Gabonais confèrent à l’action politique des autorités de la Transition la légitimité de conduire la société gabonaise vers un Gabon meilleur, c’est-à-dire plus respectueux (qu’il ne l’a été jusqu’ici !) de l’Etat de droit, donc des libertés publiques et droits fondamentaux des citoyens. En considérant leur vivre-ensemble, on pourrait dire avec Jürgen Habermas qui, commentant la réunification de l’Allemagne, avait parlé d’un « acte fondateur [qui] ne peut être accompli qu’en volonté et en conscience », qu’un « esprit universaliste des droits du citoyen » souffle sur la communauté politique (cf. Ecrits politiques, trad. C. Bouchindhomme et R. Rochlitz, Paris, Cerf, 1990, pp. 256 et 258).

Dans le cas du Gabon, les citoyens ont volontairement accordé leur confiance (au sens latin de foi partagée entre concitoyens dans un avenir commun qui transcende la diversité de l’ethnos) au nouveau régime, à la fois pour les conduire vers cet idéal, d’une part, et donner un esprit nouveau au peuple (demos) en améliorant leurs conditions de vie, afin d’impulser une dynamique nouvelle au pays, d’autre part. E pluribus unum : l’unité de la nation gabonaise à partir (ou en dépit) de la pluralité ethnolinguistique.

Sur le plan juridique, cette philosophie démocratique s’incarne dans la notion de souveraineté du peuple gabonais qui s’est prononcé par voie référendaire : « Le Peuple gabonais, conscient de sa responsabilité devant Dieu, ses Ancêtres et l’Histoire ; porté par l’esprit du 30 août 2023, entend reprendre sa marche vers l’édification d’un Etat de droit garant des droits et libertés fondamentaux ; (…) animé de la volonté d’assurer son indépendance et son unité, d’organiser la vie commune d’après les principes de la souveraineté nationale, de la séparation des pouvoirs, de la démocratie pluraliste et participative, fondés sur la tenue d’élections libres et transparentes, de la justice sociale et de l’Etat de droit… » (cf. Préambule du nouveau Texte fondamental).

En clair, cette Constitution a pour fondement légitime les citoyens constitués en corps, lequel a tranché démocratiquement pour un espace politique intersubjectif et ouvert. Pour parler comme Georges Burdeau, le référendum n’est autre que « l’officialisation d’une idée de droit tenue pour l’inspiratrice de l’ordre social à réaliser » (cf. « Une survivance : la notion de Constitution », in Etudes en l’honneur d’Achille Mestre, Paris, Sirey, 1956, p. 57). Par conséquent, il ne s’agit pas d’un acte banal ou d’une révision constitutionnelle à huis clos, entre gens introduits et guindés de la société (parlement, gouvernement, haute administration…), mais d’un référendum constituant requérant, pour plus de légitimité, la sentence de l’ultime juge qu’est le peuple gabonais lui-même. La procédure référendaire est alors le meilleur moyen de rencontrer l’assentiment du peuple qui, par la solennité d’une telle opération, fait corps avec ses valeurs et ses aspirations profondes : l’ordre axiologique (les valeurs sociales) inspire l’ordre politico-juridique et institutionnel (la Constitution, les lois, règlements, etc.). Tous les actes de la vie publique procèdent dorénavant, directement ou indirectement, de ses prescriptions.

Visiblement, c’est un texte qui a vocation à porter des principes culturels fondamentaux de la société gabonaise (cf. Article 25 : « La famille est la cellule de base naturelle de la société. Le mariage, union entre deux personnes de sexe opposé, en est le support légitime. Ils sont placés sous la protection de l’Etat »), ainsi que des normes juridiques relativement universelles comme « les droits inviolables et imprescriptibles de l’Homme, qui lient obligatoirement les pouvoirs publics » (cf. Article 10). Ce dispositif normatif, on en conviendra, est celui d’une communauté politique qui, dirait-on, se donne par consentement mutuel (mutuus consensus) les outils de son autodétermination. Par exemple, autant il fut aisé de trouver un Accord sur une généralité du type « Chaque citoyen a le devoir de défendre la patrie » (cf. Article 27), autant son versant pratique exigea davantage d’opiniâtreté de ses partisans pendant le DNI, à savoir la réintroduction du « service militaire obligatoire pour les Gabonais des deux sexes, dans les conditions fixées par la loi » dans la Constitution (Idem). En filigrane, la formule de Horace qui, galvanisant la jeunesse romaine à imiter le patriotisme guerrier de ses ancêtres, déclare : dulce et decorum pro patria mori, « Il est doux et beau de mourir pour la patrie » (cf. Odes, III, 2, 13).

En définitive, le référendum constituant du 16 novembre 2024 est donc un acte de légitimité du demos qui transfère son kratos au régime en place depuis le 30 août 2023 pour agir en son nom. Le toilettage actuel du Code électoral s’inscrit dans l’horizon d’une meilleure représentativité politique par des « élections libres et   transparentes ». La crédibilité de la Transition est à ce prix.

Mali : Les FAMa repoussent une attaque terroriste à Saye

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Les Forces Armées Maliennes ont annoncé avoir repoussé une attaque terroriste d’envergure dans la région de San, plus précisément à Saye, ce matin, samedi 28 décembre 2024 à 5 heures 40 minutes.

Selon le communiqué de l’Etat-major général des armées, les terroristes, arrivés en grand nombre, ont été confrontés à une résistance acharnée des forces maliennes.

Malgré leur tentative d’infiltration, ils ont été contraints de battre en retraite, laissant derrière eux un lourd bilan.

Le bilan lugubre provisoire : côté FAMa : un mort, trois blessés et deux civils blessés. Terroristes : Au moins vingt-un corps ont été retrouvés, ainsi qu’un important arsenal.

L’Etat-major général informe également que les opérations de ratissage se poursuivent pour neutraliser d’éventuels terroristes en fuite et démanteler leurs réseaux.

Toutefois, l’État-major général des armées a salué le courage et le professionnalisme des soldats engagés dans cette opération, tout en présentant ses condoléances à la famille du militaire décédé, tout rappelant que la lutte contre le terrorisme reste une priorité et que les forces armées resteront vigilantes face à toute menace.

Gabon : le président de la République invité au Africa Investiment Forum 2025 à Banjul

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Le général Brice Clotaire Oligui Nguema, prendra part à la prochaine édition de l’Africa Investment Forum (AIF), qui se déroulera à Banjul, en Gambie, du 31 janvier au 1er février 2025. L’invitation a été officiellement remise le vendredi 27 décembre à Libreville par Amadou Diagne, émissaire du président gambien, Adama Barrow.

Ce forum, également désigné sous le nom de Forum des opérateurs pour la garantie de l’émergence économique en Afrique (Fogeca), réunira des chefs d’État ainsi que des experts en développement économique.

Le président Brice Clotaire Oligui Nguema rejoindra ainsi des personnalités telles que Félix Tshisekedi (RDC) et Denis Sassou N’Guesso (République du Congo), invités d’honneur à cet événement majeur.

Gabon : Révision de la liste électorale en prévision des prochaines élections

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Le ministre de l’Intérieur et de la sécurité, Hermann Immongault, a annoncé lors d’un point de presse, ce samedi 28 décembre, la révision de la liste électorale s’étalant sur la période du 2 au 31 janvier 2025. Une étape importante dans le chronogramme de la Transition.

L’un des principaux objectifs de cette révision est l’enrôlement des primo-électeurs, soit les citoyens gabonais âgés de 18 ans et plus n’ayant jamais été inscrits sur la liste électorale. Le ministère prévoit également de traiter les demandes de changement de centre de vote pour les électeurs qui en feront la demande, y compris ceux ayant effectué cette démarche lors du référendum constitutionnel du 16 novembre dernier.

La révision concernera également plusieurs autres cas spécifiques, notamment la radiation des électeurs décédés. « Nous invitons les familles à signaler, aux équipes commises à cette opération, la présence de leurs défunts sur les listes électorales », a indiqué Hermann Immongault. En plus, des radiations seront opérées pour les personnes ayant perdu leurs droits civils à la suite d’une décision de justice. Une attention particulière sera portée sur les citoyens détenus dans les établissements pénitenciers mais qui conservent leurs droits civils, y compris celui de vote.

Cette révision est également l’occasion pour tous les électeurs de saisir l’administration pour toutes les corrections nécessaires. Le ministère de l’Intérieur et de la sécurité s’engage à résoudre les cas spécifiques des personnes ayant obtenu un récépissé d’enrôlement mais absentes des listes électorales publiées le 16 novembre dernier. Ces électeurs seront invités à se réinscrire durant cette période de révision.

Selon le ministre de l’Intérieur et de la sécurité, cette révision ne perturbera pas le déroulement des étapes de la Transition. « Conformément à l’article 37, la liste électorale doit impérativement être révisée avant chaque élection. Cette obligation législative impose une organisation proactive, dès le début de l’année électorale. », a assuré Hermann Immongaut.

Gabon : Qui veut saboter les bonnes relations entre la presse et le pouvoir ?

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Le communiqué du ministère de la Communication et des médias, daté du 27 décembre 2024, définissant les nouveaux critères d’éligibilité à la subvention accordée à la presse, a provoqué une onde de choc dans le paysage médiatique gabonais. Réunis au sein d’une coalition, les organes de presse dénoncent vivement une décision qui, selon eux, vise à marginaliser une grande partie des médias et mettre à mal la bonne entente entre le chef de l’Etat, Brice Clotaire Oligui Nguema et ses compatriotes qui ont choisi le métier d’informer.

Il n’aura fallu que quelques heures pour que la colère éclate. Moins de 24 heures seulement après le communiqué du ministère de la Communication, Jean-Yves Ntoutoume, président de l’Organisation patronale des médias (OPAM), a exprimé, au nom de ses pairs, une vive indignation. Ce qu’il qualifie de mesures discriminatoires, suscite frustration et incompréhension au sein de la profession. Cette situation semble d’autant plus incompréhensible que, quelques semaines auparavant, le président de la Transition, le général Brice Clotaire Oligui Nguema, avait lui-même pris l’initiative de rencontrer les représentants des médias. 

Gabon : Qui veut saboter les bonnes relations entre la presse et le pouvoir ?

En présence de la ministre de la Communication, il avait réaffirmé l’importance de la presse dans la construction démocratique et a promis de débloquer les subventions dans les meilleurs délais. Sans compter qu’en septembre 2023, lors de sa première audience accordée à la presse, le chef de l’Etat avait promis de prendre à bras-le-corps les préoccupations de la presse dans son ensemble pour rendre celle-ci compétitive et qui n’aurait rien à envier à leurs confrères sur le continent.  

Un comité technique avait été mis en place au sein du ministère de la communication pour traiter des critères d’attribution des accréditations des médias à l’occasion d’événements nationaux majeurs.  Cela a été le cas lors du Dialogue national inclusif ou le récent référendum, où les médias nationaux se sont surpassés par des couvertures fluides et instructives à travers tout le territoire national.

Ce comité, qui avait établi des critères équitables pour la couverture médiatique de ces événements, semble aujourd’hui mis à l’écart lorsqu’il s’agit de la subvention comme par magie. Une mise à l’écart qui suscite des interrogations parmi les femmes et hommes de médias : pourquoi ce mécanisme, qui avait fait ses preuves, est-il subitement isolé lorsqu’il s’agit de la gestion des subventions ?

Les jongleries que tente d’établir le ministère de la Communication enrichit les doutes sur les motivations réelles de ses décisions. Les responsables des entreprises de presse s’interrogent : à qui profiterait d’éventuelles tensions entre les autorités publiques et la presse, dont la mission est d’informer et d’éclairer l’opinion publique sur toutes les activités d’utilité publique ?  Cela est d’autant plus préoccupant du fait que les initiatives du ministère de tutelle semblent être en totale contradiction avec les engagements présidentiels.

Gabon : Qui veut saboter les bonnes relations entre la presse et le pouvoir ?

Pour les professionnels des médias, il y a comme une volonté insidieuse à creuser un large fossé destiné à fragiliser la confiance entre les médias et le chef de l’État. Sinon, pourquoi des critères aussi restrictifs, alors que des mécanismes inclusifs avaient toujours été appliqués par le passé ?  Et pourtant, la presse locale qui n’avait pas toujours été bienveillante avec Omar Bongo, n’a pas empêché celui-ci d’être à l’origine de l’attribution d’une subvention de soutien à la presse.

Il est important de rappeler que l’aide à la presse n’est pas une spécificité gabonaise. Partout dans le monde et même dans les pays les plus développés de la planète, les gouvernants ont toujours assisté les médias. Les États-Unis, par exemple, soutiennent financièrement la presse qu’ils considèrent comme un pilier fondamental de la démocratie.

Au Gabon, tout en remerciant les nouvelles autorités d’avoir ramener cette subvention à son montant initial, il faut dire que l’aide accordée aux entreprises de presse, estimée à 500 millions de FCFA, est bien en deçà des montants observés dans des pays pourtant moins nantis, comme le Sénégal. 

Là-bas, elle dépasse largement les 2 milliards de FCFA. Idem au Burkina Faso, au Mali et en Côte d’Ivoire où l’assistance à la presse n’est guère le semblant « d’aumône » qui est jetée à ces entreprises. Restreindre cet appui essentiel à la survie des entreprises de presse, c’est mettre en péril un secteur vital, déjà fragilisé par les crises économiques et les défis du numérique.

La presse gabonaise, au cœur du jeu démocratique, mérite un traitement à la hauteur de son importance. La situation actuelle met en lumière des dysfonctionnements qui, s’ils ne sont pas rapidement corrigés, risquent de détériorer durablement les relations entre les médias et l’État. Alors qu’il est de l’intérêt de la Transition et de la consolidation de la démocratie, qu’un dialogue inclusif et sincère soit permanent entre une presse véritablement indépendante et les pouvoirs publics.

Gabon : Renforcement de la coopération sanitaire entre le Gabon et São Tomé-et-Principe

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Le 23 décembre, le ministre gabonais de la Santé, Pr Adrien Mougougou, a effectué une visite officielle à São Tomé-et-Principe où il a rencontré le Premier ministre santoméen, Patrice Emery Trovoada. L’objectif principal de cette rencontre était la consolidation de la coopération entre les deux pays, notamment dans le secteur sanitaire. Les échanges ont porté sur la formation et le développement des compétences du personnel médical.

Rappelons que cette visite survient moins d’une semaine après que le ministre Mougougou ait rencontré le président de la transition Brice Clotaire Oligui Nguema pour discuter des priorités liées à l’amélioration du système de santé national.