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Gabon : Le Directeur général de l’AGASA justifie sa prise de position

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Libreville, 27 mai 2025 — Dans une déclaration publiée sur sa page Facebook officielle, le Directeur général de l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire, Dr Jean Delore Biyogue, est revenu sur le récent communiqué par lequel il a publiquement désavoué un de ses collaborateurs, son adjoint en l’occurrence, à propos d’une série de descentes inopinées effectuées auprès des producteurs d’eau en sachet.

La polémique s’enfle depuis que le commandant Sadibi Mapangou, directeur général adjoint (DGA) de l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire a entrepris, il y a quelques jours, des visites surprises dans plusieurs unités de production d’eau conditionnée en sachet. Selon des révélations de Gabon 1ère et d’autres organes de presse, les inspections ont mis en lumière des mauvaises dispositions de conditionnement ne respectant pas les normes sanitaires en vigueur, entraînant ainsi la fermeture temporaire de deux établissements.

Mais cette initiative, bien que saluée par certains, semble ne pas avoir été du goût de la hiérarchie. Dans un communiqué ferme, le Dr Biyogue a souligné que cette démarche n’avait pas respecté les procédures internes en vigueur. D’autant plus que les établissements des opérateurs visés seraient en cours de régularisation administrative. « Je considère que si les textes et les procédures ont été élaborés, c’est pour qu’ils soient respectés », a déclaré le DG de l’AGASA, rappelant son attachement aux règles et à la légitimité institutionnelle depuis sa prise de fonction à la tête de cette agence en décembre 2024.

Le directeur général affirme œuvrer, avec rigueur et transparence, à la restructuration de l’agence. Il déplore par ailleurs les initiatives individuelles qu’il qualifie de « contre-productives » et susceptibles de nuire aux efforts collectifs engagés pour la mise aux normes de l’administration. « Pour avoir décliné la responsabilité de l’AGASA face aux agissements d’un DGA qui multiplie les actes de sape, (…) je suis devenu l’ennemi public numéro 1. Je l’accepte et l’assume, en paix avec ma conscience », a-t-il poursuivi.

Faut-il toujours respecter les textes même là où la santé des populations semble en danger ? Ces décisions de la tutelle ne viennent-elles pas montrer des tensions internes entre le DG et le DGA ? Ce sont les questions que se pose la population.

Confiant dans la légalité de ses actions, le Dr Biyogue invite le public et les professionnels à juger du dynamisme de l’AGASA à travers ses différentes plateformes officielles. Il a également annoncé une conférence de presse prévue se tenir le lundi 2 juin 2025 à 12h00, au cours de laquelle il présentera l’état d’avancement de son plan de développement et de croissance de l’Agasa.

Gabon : La riposte écologique s’organise avec ECOTROP 2025

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Le ministre des Eaux et Forêts, Maurice Ntossui Allogo, a présenté les avancées du programme ECOTROP Littoral et Mangroves, lors de sa 7ᵉ édition le 22 mai 2025. L’objectif est de faire du savoir scientifique un véritable bouclier écologique.

Lancé en 2017, ECOTROP est bien plus qu’un programme de formation. Chaque année, il réunit étudiants, chercheurs et professionnels autour d’un même défi : apprendre à gérer durablement les écosystèmes côtiers. Face à la pollution littorale et à l’urbanisation croissante, le programme se positionne comme un outil stratégique de préservation. “Ateliers, recherches et restitutions publiques en font un levier fort de formation et d’action”, indique-t-on.

Gabon : La riposte écologique s’organise avec ECOTROP 2025

Avec 11 % de son territoire terrestre et 26 % de ses eaux marines sous protection, le Gabon affiche l’un des engagements environnementaux les plus ambitieux d’Afrique. ECOTROP s’inscrit pleinement dans cette stratégie, en formant les futurs acteurs de la conservation marine.

Entre développement côtier, déchets plastiques et érosion des mangroves, les défis sont nombreux. ECOTROP entend y répondre en outillant les citoyens, les collectivités et les institutions avec des solutions locales rigoureuses et durables.

À travers ses éditions successives, ECOTROP est devenu un tremplin pour une nouvelle génération de spécialistes de l’environnement. Loin des discours théoriques, il fait émerger des pratiques concrètes de préservation, à la croisée de la science, de l’éducation et de l’engagement citoyen.

[Nécrologie] Idriss Ngari tire sa révérence à Rabat

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Le Gabon pleure l’un de ses plus hauts dignitaires militaires et politiques. Le général à la retraite Idriss Firmin Ngari est décédé ce mardi à l’âge de 79 ans dans un hôpital de Rabat, au Maroc.

Né le 2 avril 1946 à Ngouoni, dans la province du Haut-Ogooué, Idriss Ngari, surnommé «Général Tonnerre », a marqué l’histoire politique gabonaise par son ascension fulgurante au sein de l’armée et du gouvernement. 

Proche parent de l’ancien président Omar Bongo, il est entré dans l’armée en 1968 et a suivi une formation d’officier en Côte d’Ivoire, à l’Ecole des officiers (EFA) de Bouaké, ainsi qu’à Montpellier en France. De retour au Gabon, il accède rapidement à de très hauts grades et devient l’aide de camp du président Omar Bongo de 1977 à 1978, chef d’Etat-major des forces terrestres et navales de 1978 à 1983, puis chef d’E     tat-major des forces armées de 1984 à 1994. 

Sa carrière politique débute en 1994 lorsqu’il est nommé ministre de la Défense nationale, poste qu’il occupe jusqu’en 1999. Il est ensuite successivement ministre des Transports (1999-2002), de l’Intérieur (2002-2004), des Travaux publics (2004-2007), du Tourisme (2007-2009) et de la Santé en 2009. 

Député de Ngouoni, il est élu à plusieurs reprises et devient deuxième Vice-président de l’Assemblée nationale en 2012.  En parallèle de ses fonctions militaires et politiques, il fonde le club de Football Canon 105, évoluant en première division gabonaise. Idriss Ngari, comme Omar et Ali Bongo, était musulman et membre du Conseil supérieur des affaires islamiques du Gabon

Son décès met fin à une carrière de plus de quatre décennies au service de l’État gabonais.  Les hommages affluent de toutes parts, saluant la mémoire d’un homme qui a profondément marqué l’histoire militaire et politique du Gabon.

Gabon : Libreville hôte de la 43e session du CAMES 2026

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La 43e session du Conseil des ministres du CAMES (Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur) se tiendra à Libreville en 2026. Cette décision, prise lors de la 42e session de mai 2025 à Conakry, a réuni les représentants de quinze pays.

Le ministre gabonais de l’Enseignement supérieur, Dr Simplice Désiré Mamboula, a souligné la confiance accordée au Gabon et son engagement pour l’excellence académique en Afrique.

Cet événement constituera une plateforme d’échanges entre les universités africaines et offrira au Gabon un rôle central dans les discussions sur l’avenir de l’enseignement supérieur face aux défis actuels.

CAMES 2026 à Libreville sera un moment majeur, illustrant la volonté du Gabon de renforcer sa diplomatie scientifique et d’impulser une transformation sociale à l’échelle continentale.

Sécurité routière : Ulrich Manfoumbi Manfoumbi dégaine l’arsenal répressif

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Face à la recrudescence des accidents de la route, le ministre d’État en charge des Transports sort de sa réserve. Il promet une riposte sévère et immédiate pour mettre fin à ce qu’il qualifie d’« incivisme routier ».

Tolérance zéro sur les routes : l’État resserre l’étau

Le 22 mai 2025, le ministre d’État en charge des Transports, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, a pris la parole avec une gravité rare pour annoncer une série de mesures sans précédent contre les infractions routières. Confronté à une montée inquiétante des accidents sur le réseau routier national, le gouvernement a décidé de hausser le ton : amendes alourdies, peines d’emprisonnement renforcées, suspensions de permis, contrôles accrus… Un tournant sécuritaire majeur.

« L’heure n’est plus à la seule compassion : elle est à l’action, à la rigueur et à la responsabilité. Quiconque s’obstinera à défier les lois de la République en mettant des vies en danger devra en répondre pleinement« , a averti le ministre.

Cette déclaration ferme intervient dans un climat de consternation nationale, provoqué par une série noire d’accidents tragiques. Le plus récent, survenu dans la nuit du 15 mai 2025 au PK 9, a glacé l’opinion publique : un véhicule de marque Kaiyix 7 a violemment percuté un grumier en panne, abandonné sur la chaussée sans aucune signalisation. Le choc a fait deux morts et deux blessés graves. Un drame symptomatique de la dérive généralisée sur les routes gabonaises.

« Il ne s’agit plus de simples négligences : ce sont des fautes graves, des actes délibérés qui coûtent des vies« , a martelé Ulrich Manfoumbi Manfoumbi.

Le ministre pointe du doigt une longue liste de comportements dangereux : non-respect des signalisations, excès de vitesse, stationnements anarchiques, surcharge des véhicules, usage du téléphone ou d’alcool au volant, fatigue, pneus usés, mauvais arrimage, ou encore absence d’entretien mécanique. Pour lui, l’heure est à l’application stricte des textes.

Dans la foulée, il a ordonné le déclenchement immédiat de l’ensemble des dispositifs répressifs prévus par la loi. Des patrouilles seront renforcées, les contrôles systématisés, et les sanctions appliquées avec rigueur.

« Les véhicules défectueux ou en surcharge seront retirés de la circulation sans préavis, sans excuses, sans passe-droits. Trop de sang a coulé par la faute de chauffeurs irresponsables« , a-t-il insisté.

Un héritage d’anarchie à corriger

Cette fermeté tranche radicalement avec l’ère précédente. Pendant quatorze ans, sous le régime d’Ali Bongo Ondimba, le secteur des transports a été marqué par un laxisme criant. Aucun contrôle sérieux, un suivi quasi-inexistant, et une anarchie devenue la norme sur les routes. Une situation que les autorités actuelles dénoncent aujourd’hui sans détour.

Nommé à la tête du ministère des Transports, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi hérite d’un chantier à haut risque. En « bon soldat », il s’engage à rétablir l’ordre, à imposer les réformes nécessaires et à faire appliquer les sanctions qu’il préconise. Pour lui, cette mission n’est pas une option, mais une exigence républicaine.

À travers cette stratégie musclée, le gouvernement entend restaurer l’autorité de l’État sur les routes et inverser la courbe dramatique de la mortalité routière.

Reste à savoir si la fermeté affichée suffira à enrayer l’hémorragie et à provoquer une véritable prise de conscience collective. D’autant plus que les forces de sécurité, censées mettre en application les instructions du Gouvernement, versent souvent dans le racket et la corruption. Le défi est immense.

Henri-Claude Oyima sur TV5 Afrique : « Le Gabon doit écrire une nouvelle page économique »

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Dans sa première interview télévisée depuis sa nomination, accordée hier 26 mai au Journal Afrique de TV5 Monde, Henri-Claude Oyima, nouveau ministre de l’Économie, des finances et de la dette du Gabon, a dévoilé sa vision d’un « Gabon nouveau », fondé sur la souveraineté, la transformation économique et une approche patriotique de la gouvernance. Ancien magnat du secteur bancaire, le ministre se veut le visage d’une rupture avec les pratiques du passé.

Le pari du service public après le privé

Henri-Claude Oyima, figure emblématique du secteur financier gabonais et PDG de BGFI Bank, a fait le choix de rejoindre le gouvernement dirigé par le président Brice Clotaire Oligui Nguema. « Le pays a besoin de toutes ses forces », affirme-t-il, invoquant un devoir patriotique face aux défis économiques du moment.

Interrogé sur son refus antérieur de rejoindre les gouvernements précédents, notamment sous les régimes Bongo père et fils, le ministre répond avec conviction : « Je suis un homme du privé avec des convictions. Aujourd’hui, il était temps d’apporter mon expérience à un projet transformateur porté par un président porteur d’une vision nouvelle ».

Des conflits d’intérêts assumés mais « temporaires »

La double casquette de ministre et dirigeant d’institutions financières (BGFI Bank et Bourse des valeurs mobilières d’Afrique centrale) a suscité la polémique. Oyima rejette les accusations de conflits d’intérêts : « Un dirigeant responsable doit organiser un atterrissage en douceur ». Il annonce qu’il quittera ses fonctions dans les prochaines semaines, selon un calendrier établi avec les actionnaires.

Croissance plutôt que réduction mécanique de la dette

Alors que la dette publique devrait atteindre 80 % du PIB en 2025, selon le FMI, Oyima défend une stratégie orientée vers la croissance : « Réduire la dette n’est pas un objectif en soi. Ce qui compte, c’est la souveraineté budgétaire, énergétique, économique et alimentaire du pays ».

Le ministre promet un état des lieux rigoureux des finances publiques, un toilettage des recettes fiscales, et une révision des dépenses pour mieux maîtriser l’endettement. Il annonce également un rebasage du PIB, intégrant l’ensemble des ressources naturelles du pays : pétrole, bois, minerais.

Inflation, souveraineté alimentaire et centres d’achat

Face à la flambée des prix et à une inflation que le ministre chiffre à 1,5 %, bien en deçà des 4 % évoqués par la journaliste, Oyima propose des solutions contre ce qu’il appelle une « inflation importée » : la création de centres d’achat pour contrôler les marges sur les produits importés, et un retour à la production et à la consommation locales. « Le Gabon produit ce qu’il ne consomme pas et consomme ce qu’il ne produit pas. Cela doit changer », martèle-t-il, annonçant une stratégie de transformation agricole.

Un nouveau rapport avec le FMI

Henri-Claude Oyima se montre critique vis-à-vis des 17 programmes précédents du Gabon avec le FMI, jugés inefficaces. Il prône un partenariat inversé : « Nous allons concevoir notre programme de développement entre Gabonais, et ensuite solliciter l’appui du FMI. Pas l’inverse ».

Un forum économique national est annoncé dans les prochains jours pour co-construire ce programme, dans une démarche inclusive et souveraine.

Un engagement personnel pour un Gabon transformé

« Nous voulons écrire une nouvelle page », conclut Henri-Claude Oyima, visiblement porté par un défi à relever : celui de mériter la confiance du chef de l’Etat. Lequel veut d’un Gabon meilleur pour tous. Entre réformes structurelles, réorganisation de la gouvernance économique, et volontarisme affiché, le nouveau ministre souhaite incarner une rupture. Mais le chemin, semé d’obstacles politiques, sociaux et économiques, nécessitera des actions concrètes.

[Interview] Joe-Fred Madouta/Président du syndicat de la Mairie de Libreville : « Dix-neuf mois d’attente et d’espérance se sont transformés en amertume »

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L’arrivée du général Ibrahim Rapontchombo à la tête de la mairie de Libreville avait suscité de grands espoirs auprès des agents municipaux nourrissaient. Dix-neuf mois plus tard, c’est la désillusion. Loin des réformes attendues, la gestion de capitale souffre toujours de dysfonctionnements. Pour Joe-Fred Madouta, président du Syndicat libre de la mairie de Libreville (SYLAML), c’est donc une transition manquée. Dans l’entretien ci-dessous, il exprime les attentes des agents après la nomination du nouveau Délégué spécial.

Gabonclic.info. Monsieur le président du SYLAML, que retenez-vous du passage du général Jude Ibrahim Rapontchombo à la tête de la mairie de Libreville ?

Joe-Fred Madouta : merci de nous donner à nouveau la parole. L’arrivée du général Rapontchombo s’inscrivait dans un contexte de transition où l’on attendait une vraie réorganisation. Il était question d’assainir les finances municipales, de maîtriser les effectifs pléthoriques, de réviser des textes vieux de plus de deux décennies… Mais très vite, on a compris qu’aucune réforme structurelle n’aboutirait. L’administration a été gérée avec une vision purement financière. Même le départ de certains fonctionnaires n’aura été qu’un écran de fumée. Au final, dix-neuf mois d’attente et d’espérance se sont transformés en amertume. Les agents municipaux, comme beaucoup d’autres, croyaient que les militaires incarneraient la rigueur et la réforme. Nous avons été déçus.

D’où la persistance des problèmes urbains comme les garages anarchiques ou les déchets aux abords des rues !

Tout a été fait dans une logique de rente, pas de réforme. La fameuse opération « Restauration de l’ordre urbain » (ROU), qui devait redonner de l’ordre à la ville, n’était qu’un prétexte pour soutirer de l’argent, notamment aux expatriés qui contrôlent une bonne partie du secteur commercial. Conséquence : les garages sauvages se sont multipliés, bloquant parfois la circulation dans certains quartiers. Les bars pullulent, les ordures s’amoncellent… On espérait un coup de pied dans la fourmilière, on a eu une gestion approximative, voire intéressée.

[Interview] Joe-Fred Madouta/Président du syndicat de la Mairie de Libreville : « Dix-neuf mois d’attente et d’espérance se sont transformés en amertume »

Un nouveau délégué spécial, un civil cette fois-ci, vient d’être nommé à la tête de la commune de Libreville. Quels sont vos espoirs ?

Cette nomination redonne de l’espoir aux agents municipaux. D’abord, il s’agit d’un des nôtres, un pur produit de la maison. Il connaît parfaitement les réalités du terrain, les rouages administratifs et les difficultés que nous vivons. Il a déjà occupé le poste de maire adjoint chargé de l’administration. Et il a toujours été attentif à nos revendications, quitte à en payer le prix. Il avait même perdu certaines prérogatives pour avoir défendu les agents. Il a entamé son mandat en nous rencontrant et en nous rassurant. Il a cité, en exemple, Mme Rose Christiane Ossouka Raponda, ancienne maire, respectée, qui avait laissé plusieurs milliards dans les caisses de la mairie avant que ses successeurs ne dilapident tout. Le nouveau Délégué spécial a montré sa détermination en mettant en garde les agents véreux et réfractaires au changement. Pour nous, c’est un nouveau départ, et nous sommes confiants.

[Axe Ntoum-Donguila au Gabon] 28 km de mystère : entretien ou enfumage ?

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Depuis l’arrivée de Brice Clotaire Oligui Nguema au pouvoir, le ton est donné : il faut construire, relancer, transformer. Un mot d’ordre clair, répété à chaque allocution. Mais à quoi bon vouloir reconstruire un pays si certains ministères traînent les pieds pendant que le peuple patauge dans la boue ?

Dans sa capsule virale Cash, le journaliste Chamberland Moukouama a relayé une situation qui ne fait sourire personne : l’axe Ntoum-Donguila, 28 km seulement, devient le symbole d’un malaise plus profond. L’administration dort. Les Travaux publics ronflent. Et les populations glissent, sous la pluie, dans des conditions dignes d’un autre siècle.
Mais ce n’est pas tout. Pour un simple entretien ?
Oui, vous avez bien lu. Ce n’est même pas un aménagement. Pas de bitume. Pas de béton. Juste… un entretien. Un petit rafraîchissement censé rendre la route praticable. Rien d’ambitieux, juste l’essentiel. Pourtant, rien ne se passe.
Alors la question devient encore plus brutale : si même entretenir une route devient un défi national, que dire de construire un pays ?

Et l’entreprise dans tout ça ?

Le marché a bien été attribué. Mais le chantier, lui, dort encore. Alors, les regards se tournent vers l’entreprise. Sauf qu’ici aussi, les choses sont floues.
Selon plusieurs sources, l’entreprise adjudicataire est réputée sérieuse, habituée à livrer même dans des conditions extrêmes, et connue pour préfinancer certains de ses projets lorsque l’administration traîne. Alors on s’interroge. A-t-elle reçu les fonds ? Ou bien est-elle otage d’une bureaucratie lente et d’un État qui ordonne sans décaisser ?

C’est un échec collectif, pas une affaire individuelle car, si cette entreprise, souvent saluée pour sa rigueur, reste muette, c’est peut-être qu’on l’a laissée sans munitions. Pas de financement. Pas de top départ. Pas de cadre clair. Dans ce cas, ce ne serait ni elle, ni les populations, les vrais responsables. Mais bien un système où chacun veut construire… à condition que l’autre commence.

28 km d’entretien raté : plus qu’un échec technique, un symbole

Le président veut bâtir. Mais peut-on construire avec des instructions floues d’une administration dépassée par les enjeux, des budgets bloqués et des exécutants impuissants ? Peut-on parler de transformation nationale avec des routes qui n’osent même pas rêver de bitume ? L’axe Ntoum-Donguila mérite mieux qu’un rafistolage fantôme. Il mérite un vrai projet. Et, surtout, il mérite qu’on réponde.

Vente à la sauvette dans le grand Libreville : Un danger silencieux

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Chaque jour, des dizaines de vendeurs prennent d’assaut les trottoirs de la capitale. Ce qui semble être une simple débrouillardise cache, en réalité, un désordre profond, aux conséquences économiques, sanitaires et sécuritaires lourdes. Jusqu’où laisserons-nous la ville s’enfoncer dans cette anarchie tolérée ?

Dans les rues de Libreville, la scène est devenue familière. Aux feux tricolores, aux abords des marchés, devant les écoles ou les administrations, une armée de vendeurs informels déploie quotidiennement ses étals de fortune. Fruits, vêtements, grillades, médicaments, accessoires en tout genre : tout se vend, partout, à toute heure. Si certains y voient une forme d’ingéniosité face à la précarité, la réalité est bien plus alarmante. La vente à la sauvette est en train de transformer la capitale en un espace urbain désorganisé, insalubre, et potentiellement dangereux.

Derrière cette économie parallèle se cache un désordre profond, qui affecte tous les pans de la vie citadine. Les trottoirs sont envahis, les carrefours encombrés, les axes saturés. Piétons et automobilistes cohabitent dans un capharnaüm permanent, où les risques d’accidents sont accrus et où la ville peine à respirer. Libreville perd peu à peu sa fluidité, son esthétique, et son ordre.

Au-delà de la gêne visuelle et logistique, la vente à la sauvette représente également un gouffre économique. Ces activités échappent à toute fiscalité, privant l’État de ressources précieuses. Elles concurrencent, de manière déloyale, les commerçants légalement installés qui, eux, paient loyers, taxes et charges sociales. À terme, ce déséquilibre fragilise l’économie formelle, décourage l’investissement et entretient une spirale d’informalité sans issue.

Autre danger, plus sournois encore : celui qui touche à la santé publique. De nombreux produits vendus à la sauvette, notamment alimentaires et médicaux, échappent à tout contrôle. Jus artisanaux exposés en plein soleil, grillades manipulées sans hygiène, médicaments stockés dans des sacs à même le sol, sachets d’eau aux origines douteuses : le risque d’intoxication, d’infection ou de consommation de produits contrefaits est réel. Le consommateur, souvent mal informé, paie le prix fort de cette anarchie.

Dans cette jungle commerciale improvisée, l’insécurité rôde. Les lieux de vente sauvage deviennent parfois des zones de non-droit, où les vols à la tire, les agressions et les trafics divers se fondent dans la foule. Les forces de l’ordre interviennent, mais souvent dans un climat de tension et de confrontation, faute de solutions structurelles à proposer.

Une détresse sociale et un appel à l’action

Plus grave encore, cette économie de rue dissimule parfois une forme d’exploitation humaine. De nombreuses femmes, des mineurs, des personnes âgées ou handicapées y sont poussés par la nécessité, sans protection sociale, sans avenir tracé. Sous le vernis de la débrouillardise se cache souvent une grande détresse.

Face à cette situation, la réponse ne peut se limiter à la répression. Il ne s’agit pas de criminaliser la pauvreté, mais de proposer des alternatives. Cela passe par la création d’espaces encadrés, de marchés de proximité, de formations à l’entrepreneuriat, de programmes de microcrédit. L’intégration progressive des vendeurs dans le circuit formel est non seulement possible, mais indispensable.

La ville de Libreville ne peut plus continuer à tolérer une occupation anarchique de son espace public. Il en va de sa santé, de sa sécurité, de sa dignité. Réorganiser les rues, ce n’est pas faire la guerre aux petits vendeurs, c’est reconstruire un cadre de vie digne pour tous, dans une dynamique de justice, de développement et de respect des règles.

Dans ce contexte, la nouvelle ministre de l’Entrepreneuriat, du Commerce et des PME, Gninga Chaning Zenaba, est appelée à jouer un rôle déterminant. En tant que responsable des politiques commerciales et du soutien aux petites entreprises, elle doit mettre en place des solutions concrètes pour encadrer et intégrer ces activités informelles. Cela inclut la création de marchés structurés, la régulation des activités commerciales, et le soutien aux micro-entrepreneurs pour leur transition vers le secteur formel.

Libreville mérite mieux que d’être un marché à ciel ouvert généralisé. Elle mérite une vision. Une volonté. Et une action déterminée.

[Tribune libre] Différend Gabon/Guinée équatoriale : pourquoi le Gabon n’a-t-il pas totalement perdu la souveraineté sur l’île Mbanié ?

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Depuis le rendu de la Cour internationale de justice (CIJ) sur le différend frontalier entre les deux pays, l’opinion nationale s’illustre par des jugements parfois simplistes et même illogiques, voire irrationnels, accusant les autorités publiques, sans aucune lecture cartésienne de la situation. Un compatriote, Derlin Alex Abessolo, est sorti du lot pour faire une analyse riche d’enseignements de la situation, en ce qui concerne spécifiquement l’île Mbanié, que nous publions in extenso dans ces colonnes.

La décision rendue par la Cour de justice internationale, le 19 mai 2025, concernant le différend territorial qui oppose le Gabon et son voisin la Guinée équatoriale (GE) est sans appel :  l’île Mbanié revient à la Guinée équatoriale.

La présente analyse est circonscrite au cas spécifique de l’île Mbanié.

Il appert de rappeler que le sous-sol et les environs de l’île Mbanié regorgent de matières premières, notamment le pétrole, d’après les recherches et les études de certains géants pétroliers, notamment l’américain Exxonmobil.

Pour exploiter ce pétrole offshore, il va falloir connaître le champ pétrolifère ou le gisement pétrolifère, c’est-à-dire la zone qui délimite où est enfoui le pétrole à extraire.

Convention Montego Bay

Or, l’île Mbanié étant située seulement à 20 hectares (0.2 km) des côtes gabonaises, il va falloir que la Guinée équatoriale s’associe au Gabon pour exploiter les gisements situés dans cette zone, dans la mesure où nos deux pays ont signé et ratifié la Convention de Montego Bay.

La Guinée équatoriale a ratifié cette convention, le 21 juillet 1997, et le Gabon le 11 mars 1998.

La Convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM) dite « la constitution des océans », signée à Montego Bay en Jamaïque, le 10 décembre 1982, est rentrée en vigueur le 16 novembre 1994.

Cette convention définit le régime juridique de la mer territoriale, celui de la zone économique exclusive (ZEE) ainsi que celui de la haute mer.

L’Etat côtier exerce sa souveraineté

Les dispositions de cette convention délimitent la mer territoriale des États jusqu’à 12 mille marins (22.2 km) sur laquelle l’Etat côtier exerce sa souveraineté.

Il découle de ce qui précède que l’île Mbanié, située de part et d’autre de chaque pays à moins de la limite précitée, nos deux gouvernements sont invités à s’asseoir et à négocier l’exploitation commune des minerais et autres gisements de cette zone.

C’est la raison pour laquelle le président de la République a estimé que « l’heure n’est pas aux déclarations précipitées, ni aux réactions passionnelles »,  mais au dialogue avec la Guinée équatoriale, après consultation des deux chambres du Parlement.

Derlin Alex Abessolo, Citoyen gabonais.