Blog Page 209

[Gabon : Déguerpis de Plaine-Orety] Elan de solidarité pour les personnes affectées

0

Le samedi 14 juin 2025, l’Association des Jeunes filles mères du Gabon (AJFMG) a posé un geste fort de solidarité en offrant un repas chaud aux familles délogées du quartier Plaine-Orety, actuellement installées aux abords de l’Assemblée nationale.

Ces familles, expulsées du site, dans le cadre d’un projet étatique d’utilité publique pour la construction d’une cité administrative et d’un boulevard, conformément au décret présidentiel du 14 février 2024, sont toujours dans la rue. Depuis, plus de mille familles vivent donc sans abri, dans des conditions précaires, en attendant une éventuelle indemnisation ou un relogement.

Malgré leurs moyens modestes, les membres de l’AJFMG ont une nouvelle fois cotisé (entre 500 et 1.000 F CFA chacun) pour offrir un repas solidaire. « Si on peut vous apporter à manger, on le fera toujours avec le cœur », a déclaré Haresse Kengue, présidente de l’association, espérant que les autorités publiques agiront au plus vite.

Très touché par cet élan de solidarité, Crevice Ovono, porte-parole des sinistrés, a remercié les donateurs au nom de tous : « Dormir ici, c’est éprouvant. Merci de nous redonner un peu de force avec ce repas. Merci de penser à nous », a-t-il notifié.

Des artistes engagés ont aussi rejoint l’initiative, apportant vivres et soutiens pour la deuxième fois, et promettant de revenir encore.

En attendant une réponse concrète des autorités, les sinistrés de Plaine-Orety continuent de vivre dans l’incertitude. La société civile, elle, poursuit son engagement.

[Gabon-Makokou : Economie communautaire] Relance de la réflexion sur les tontines

0

Le samedi 14 juin dernier, l’association « La Solidarité des femmes initiatives » a marqué la fin de sa sixième saison d’activités par une cérémonie à la fois sobre et significative. Organisé dans le quartier Bienvenue, du 1ᵉʳ arrondissement du chef-lieu de province de l’Ogooué-Ivindo, l’évènement a été une occasion aussi pour l’association de célébrer, en différé, la fête des mères.

Derrière cette rencontre festive se cache une dynamique locale d’une portée bien plus large: la montée en puissance des tontines comme outil d’autonomisation, notamment pour les femmes en milieu rural. À travers cet engagement associatif, c’est tout un modèle économique, basé sur la confiance et la solidarité, qui s’organise loin des projecteurs.

Les tontines au cœur de la cérémonie

Moment fort de la journée : la remise de cadeaux aux « mères-tontines », figures emblématiques de l’épargne collective. Ces femmes expérimentées encadrent et soutiennent les nouvelles adhérentes, les « filles-tontines », dans la gestion des cotisations, la planification financière et la régularité des versements. Une reconnaissance symbolique mais puissante, qui montre l’importance sociale de ces femmes dans la stabilité économique du groupe.

Loin de n’être qu’une tradition, la tontine est un véritable mécanisme d’autonomie économique. En dehors du système bancaire classique, elle permet à des milliers de femmes d’accéder à un capital tournant, de financer de petits projets, ou simplement de faire face à certaines urgences.

Chaque membre verse une somme fixée, à intervalles réguliers, soit hebdomadaires, mensuels ou trimestriels, dans une caisse commune, redistribuée à tour de rôle. Ces groupes, dirigés par une « mère-tontine » ou un « père-tontine », fonctionnent sur la base de la confiance, de l’entraide et d’un fort sens de l’engagement collectif.

Aujourd’hui, il existe des tontines pour presque tout : argent, ustensiles de cuisine, électroménager, draps, scolarité… Cette diversité témoigne de leur adaptabilité et de leur ancrage profond dans les pratiques économiques populaires.

L’État face à ses responsabilités

Mais le succès des tontines soulève aussi une question centrale : celle de l’encadrement juridique et institutionnel. Car malgré leur efficacité, ces dispositifs évoluent encore dans un vide juridique qui peut fragiliser les adhérentes. Les cas de mauvaise gestion, de conflits internes ou d’escroqueries ne sont pas rares, faute d’un cadre clair pour les réguler.

L’État a un rôle d’accompagnement de ces structures, comme : reconnaître officiellement les tontines comme des entités économiques communautaires, offrir un statut légal souple mais protecteur, former les responsables et surtout instaurer des mécanismes de régulation pour limiter les abus et punir les responsables. Un fonds de garantie pourrait également s’instaurer, afin d’appuyer les groupes en difficulté ou en croissance.

En intégrant les tontines dans une vision plus large de l’économie sociale et solidaire, le gouvernement pourrait non seulement sécuriser les pratiques existantes, mais aussi valoriser une intelligence collective déjà bien structurée. Une passerelle entre la tradition et la politique publique, en somme. Depuis six ans, l’association « La Solidarité des Femmes Initiatives » en est un exemple vivant. En combinant action locale, entraide et transmission intergénérationnelle, elle incarne un modèle de résilience féminine, de développement communautaire et de reconstruction des liens sociaux.

Une dynamique locale, un enjeu national

En clôturant sa sixième saison dans une ambiance conviviale, en communion avec ses membres et leurs familles, les responsables de l’association ont rappelé que les vraies transformations commencent souvent là où on ne les attend pas, particulièrement dans une cour de quartier, autour d’un repas partagé ou d’une cotisation silencieusement glissée dans une enveloppe. La présidente de l’association, Euphraise Ondogo épouse Benga, s’est dite satisfaite de l’évolution de cette structure communautaire.

Les tontines, à l’exemple de cette association, n’ont pas seulement été célébrées, elles ont été légitimées. Reste à savoir si l’État et les institutions publiques oseront franchir le pas pour leur reconnaissance formelle et saisir cette opportunité de faire de l’économie informelle un véritable levier de développement.

[Gabon : Cancer colorectal] Au centre des préoccupations lors d’une rencontre médicale importante à Libreville

0

Le cancer du côlon et du rectum fait de plus en plus de victimes, y compris chez les jeunes. Face à cette situation préoccupante, les spécialistes gabonais ont décidé d’agir contre la montée de cette affection. Le vendredi 13 juin 2025, la Société gabonaise de chirurgie digestive (SOGACHID) a organisé sa 2ᵉ Journée scientifique, entièrement consacrée à cette maladie.

Une rencontre pour mieux comprendre la maladie

Le cancer colorectal est l’un des cancers les plus fréquents dans le monde. Il se développe principalement à partir de petites excroissances, appelées polypes, qui apparaissent dans le gros intestin. S’ils ne sont pas détectés à temps, ces polypes peuvent devenir cancéreux.

Le plus inquiétant, c’est que cette maladie se manifeste rarement au début. Elle peut évoluer en silence. C’est pourquoi les médecins insistent sur le dépistage. Un simple test des selles peut déjà donner l’alerte. Et si le test est positif, une coloscopie devient nécessaire pour vérifier l’état du côlon.

Plus la maladie est détectée tôt, les chances de guérison sont plus grandes. Les traitements existent : chirurgie, chimiothérapie, voire des traitements plus ciblés selon les cas.

Alerte chez les jeunes

Lors de la rencontre, le docteur Mve Ndong a tiré la sonnette d’alarme : le cancer colorectal touche de plus en plus de jeunes au Gabon. Habituellement, ce sont les personnes de plus de 50 ans qui sont concernées, mais la tendance est en train de basculer. D’où l’importance d’informer davantage la population et de commencer le dépistage plus tôt.

Des résultats encourageants

Le professeur Khadiatou Diallo et Ngule Ndjota ont présenté les résultats du suivi des patients entre décembre 2022 et mai 2025. Leur bilan montre que les efforts faits pour mieux diagnostiquer et soigner les malades commencent à porter leurs fruits. Le laboratoire SERBA, de son côté, a partagé ses progrès dans le domaine du diagnostic moléculaire, une méthode plus précise pour détecter certains cancers.

Une mobilisation saluée

Avec cette journée scientifique, la SOGACHID montre qu’elle veut être en première ligne contre le cancer colorectal au Gabon. Former les médecins, sensibiliser la population, encourager le dépistage et proposer les bons traitements, c’est par cette approche complète que les professionnels de santé espèrent pour faire reculer cette maladie.

Gabon – Football : La LINAFP annonce la 3ᵉ édition du Ndambo d’or

0

À l’occasion d’une conférence de presse tenue ce vendredi 13 juin au siège de la Ligue Nationale de Football Professionnel (LINAFP), Brice Mbika Ndjambou, président de l’institution, a officiellement annoncé la tenue de la troisième édition du Ndambo d’or, une cérémonie de récompenses destinée à valoriser les acteurs majeurs du championnat national de football (National Foot D1 et D2).

Prévue pour le vendredi 20 juin 2025 à l’hôtel La Sablière à Libreville, cette cérémonie mettra à l’honneur les meilleurs joueurs, buteurs, gardiens, entraîneurs et jeunes espoirs de la saison. Les équipes fair-play, les arbitres, ainsi que les figures marquantes de l’année seront également récompensés. Des distinctions spéciales seront décernées aux joueurs gabonais évoluant à l’étranger.

Lors de son intervention, le président de la LINAFP a souligné que la sélection des nominés et des lauréats s’est faite selon des critères stricts, à savoir : la performance, la régularité, les statistiques, l’impact sur le jeu et le comportement sportif. Il a également insisté sur le caractère transparent, rigoureux et collaboratif du processus de sélection.

Cette initiative vise à promouvoir l’excellence dans le football gabonais et à encourager les talents locaux, tout en renforçant la crédibilité et l’attractivité du championnat national.

Rendez-vous est donc pris le 20 juin pour célébrer les étoiles du football gabonais.

[Chronique satirico-réaliste] Et s’il fallait un banquier pour gérer enfin l’argent du peuple ?

0

Entre conflits d’intérêts et intérêts du pays, Henri-Claude Oyima ouvre une troisième voie : celle du pragmatisme absolu. N’est-il pas temps, face à la paupérisation galopante de notre société, de faire de l’économie et non plus gérer les deniers publics par des dépensiers sans vergogne.

Le pays a été confronté pendant longtemps à une mauvaise gouvernance à plusieurs niveaux malgré les efforts de certains tellement qu’on ne retrouvait plus ni les budgets, ni les résultats. Aujourd’hui, le pays tente autre chose : confier l’argent… à quelqu’un qui sait ce que c’est.

Henri-Claude Oyima, président du groupe BGFI, a été nommé ministre d’État en charge de l’Économie, des finances, des participations, de la dette et de la lutte contre la vie chère. Et certains s’indignent : « Il est à la fois banquier et ministre ? Mais c’est un scandale ! »

Un scandale… ou une solution ?

Gérer l’État comme une entreprise ? Enfin.

Les critiques dénoncent un mélange des genres. Et alors ? On a essayé la séparation des pouvoirs, on a eu la séparation des responsabilités. Et des résultats ? On les cherche encore.

Aujourd’hui, l’État est endetté, les prix explosent, les caisses sont vides. Il fallait un pompier. Le président de la République a appelé un professionnel : un homme qui sait faire des bilans, lever des fonds, maîtriser un tableau Excel et faire trembler la Banque mondiale.

Le vrai conflit, ce n’est pas d’intérêts. C’est d’incompétence.

Et puis, soyons honnêtes : est-ce qu’un ministre “neutre”, “moralement irréprochable” mais techniquement dépassé, a-t-il jamais fait baisser le coût du riz ?

Le peuple veut des résultats, pas des saints. Et si le prix à payer pour remettre le pays à flot, c’est d’avoir un homme puissant, influent, connecté, et… double casquette ? Qu’il en soit ainsi.

D’ailleurs, au Gabon, on a déjà vu des ministres qui ne savaient même pas lire un contrat. Au moins, lui, il les écrit.

BGFI : menace ou garantie ?

Certains crient au danger : « Et s’il favorisait sa banque ? » Mais si sa banque échoue, le pays échoue. Et s’il réussit, tout le monde gagne.

« Il va se faire des marchés publics ! » – Peut-être.

« Il va orienter les placements d’État ! » – Probablement.

Mais au moins, il saura où va l’argent. Et ça, c’est déjà un progrès.

Un choix qui divise les élites… mais pas le bon sens

Dans les salons feutrés, on débat. Dans les quartiers populaires, on observe. Et certains commencent à dire : « Si c’est lui qui faisait monter les prix avant… peut-être qu’il sait comment les faire redescendre. »

Et si, au fond, cette double casquette était notre meilleure chance de faire cohabiter l’intérêt public et la rigueur privée ? Après tout, cela fait 30 ans qu’on confondait les deux en cachette. Autant l’assumer franchement.

Conclusion : le vrai courage, c’est de faire confiance à ceux qui savent.

Ceux qui hurlent au conflit d’intérêts veulent-ils vraiment qu’on retourne à l’ère des ministres de courtoisie, qui parlent bien mais gèrent mal ?

Non ! Le peuple est fatigué des discours. Il veut un pays qui fonctionne. Et peut-être que ce fonctionnement passera par ceux qui, jusqu’ici, regardaient le système de l’extérieur… mais le finançaient. Le président de la République gagnerait à ne pas succomber aux bruits des sirènes de ceux-là mêmes qui crient au loup. En réalité, et il faut le dire avec gravité, quand il y a un flou, c’est qu’il y a un loup.

Son passage ce lundi à 1h du matin dans la zone de Plaine Orety, Derrière L’Assemblée nationale, Ambassade de Chine et de Russie, montre à quel point le dossier du foncier et des bassins-versants est irrigué d’intrigues par notre administration et ce depuis plusieurs des années. Brice Clotaire Oligui Nguema hérite d’un pays par terre. Pour le relever, il lui faut des femmes et des hommes qui n’ont pas faim.

Henri-Claude Oyima, c’est ça : le banquier qui met sa puissance au service de l’État.

Et si le Gabon tenait, enfin, son ministre… rentable ?

Deuxième édition de la Randonnée populaire du Grand Libreville : Un moment de sport et de bien-être à Akanda

0

C’est un moment fort de convivialité qui a vu la participation de plusieurs amateurs de cette discipline. La randonnée améliore le bien-être de ses adeptes. Son importance s’implante progressivement dans notre société.

La commune d’Akanda a vibré samedi 14 juin 2025 au rythme de la deuxième édition de la randonnée populaire, organisée par la Fédération gabonaise de randonnée pédestre et du bien-être pour tous que préside Marius Mambanya, en collaboration avec la Ligue provinciale de randonnée pédestre de l’Estuaire managée par Anges Patrick Mouckaga. Cette activité a drainé du beau monde. Soit plus de 200 personnes sur un circuit de 8,5 km (Lycée et collège d’Avormbam, carrefour Avormbam, Stade de l’Amitié, Route des deux hôtels, lycée Michel Montaigne et arrivée au lycée collège Avormbam).

Ainsi, dès les premières lueurs du jour, des centaines de participants, de tous âges et membres de quatre associations du Grand Libreville (ASRPA d’Alibandeng, Sport week-end de Sibang, Fitness d’Owendo et Sport Santé plus de Ntoum), ont convergé au lieu du rendez-vous, au lycée et collège d’Avormbam, point de départ de la course à travers les rues d’Akanda. Dans une ambiance conviviale et dynamique, marcheurs amateurs et confirmés ont sillonné les artères de la commune, mêlant exercice physique, échange social et redécouverte du cadre urbain. Sous l’encadrement de la police du commissariat d’Akanda.

Cette initiative vise à promouvoir l’activité physique, sensibiliser les citoyens aux bienfaits du sport sur la santé et à renforcer les liens communautaires. Pour les organisateurs, cette édition marque une étape importante dans la vulgarisation de la randonnée pédestre comme discipline accessible et bénéfique pour tous.

Au terme de l’événement, les organisateurs se sont dits satisfaits de la mobilisation et promettent d’autres randonnées encore plus inclusives.

Un rendez-vous qui s’inscrit pleinement dans les efforts de promotion de la santé et du bien-être au Gabon par la marche.

[Gabon : Lutte contre la drogue] une plantation de cannabis démantelée

0

La Direction générale des services spéciaux (DGSS) a mis la main sur un réseau de cultivateurs de cannabis en pleine forêt, à seulement 40 kilomètres de Libreville. Cinq individus ont été interpellés, dont le présumé instigateur principal.

À l’origine de cette plantation illicite, Kevin, un jeune gabonais, qui aurait déjà tenté l’expérience avec une première récolte estimée à 7 millions de francs CFA, selon Gabon 1ère. a décidé de voir plus grand. Il monte une véritable opération agricole clandestine.

Pour concrétiser son projet, Kevin recrute Bruno, un Camerounais expérimenté dans le domaine agricole. Celui-ci est chargé de labourer et de planter, contre une rémunération de 10.000 francs CFA par jour. S’ajoutent à l’équipe trois jeunes gabonais, également employés pour entretenir le champ, avec la même rémunération journalière.

La plantation prend rapidement de l’ampleur, et les prévisions de vente sont estimées à près de 350 millions de francs CFA. Mais l’entreprise illégale est interrompue peu de temps avant la récolte. Alertée, la DGSS mène une opération discrète qui aboutit à l’arrestation des cinq présumés cultivateurs. Il s’agit pour l’heure de présumés responsables. S’ils reconnaissent les faits, chacun devra répondre de ses actes devant la justice.

Le démantèlement de cette plantation témoigne de l’intensification des efforts des autorités dans la lutte contre le trafic de stupéfiants sur le territoire national. La direction générale de l’Office central de lutte anti-drogue (OCLAD), à l’image de la DGSS, devrait multiplier ce genre d’opérations pour endiguer ce fléau et démanteler d’autres réseaux encore actifs.

[Gabon : Déguerpissements] Germain Stéphane Iloko Boussengui plaide pour des mesures urgentes et humaines

0

Libreville, 14 juin 2025 – Face à la détresse croissante des populations victimes des récentes opérations de délogement forcé dans la capitale, l’ancien candidat à l’élection présidentielle d’avril dernier a exprimé son indignation et appelé à une action immédiate.

Présent ce samedi matin aux abords de Plaine Orety, l’une des zones les plus durement touchées, le docteur Iloko Boussengui, fervent défenseur de « un Gabon à soigner », a manifesté sa solidarité aux sinistrés. « J’ai vu des familles anéanties, des enfants livrés à eux-mêmes, des visages défigurés par la douleur et l’incompréhension. Ce drame humain ne peut nous laisser indifférents. En tant que nation, nous devons réagir avec responsabilité », a-t-il déclaré, très ému.

Depuis la démolition de centaines d’habitations, notamment derrière l’Assemblée nationale, à Plaine Orety, les réactions s’enchaînent. Acteurs politiques, leaders de la société civile et simples citoyens se mobilisent pour dénoncer la brutalité des méthodes employées et l’absence de solutions d’accompagnement.

Au-delà du constat, le Dr Germain Stéphane Iloko Boussengui propose une réponse concrète. Il appelle à une indemnisation rapide, juste et transparente des personnes affectées, ainsi qu’à leur relogement digne dans les espaces viables gérés par la Société nationale immobilière (SNI). Il insiste également sur la nécessité de rendre publique la liste des bénéficiaires ayant déjà reçu des compensations, afin de garantir une gouvernance équitable.

Dans l’immédiat, il suggère la mise en place d’une commission des urgences et secours, chargée de coordonner les efforts humanitaires, d’apporter une aide d’urgence aux familles sinistrées et de leur redonner un minimum de stabilité en attendant des solutions pérennes venant des plus hautes autorités de l’État. « Le progrès ne doit jamais se faire au mépris de la dignité humaine », a-t-il martelé. Et d’insister : « Il ne peut y avoir de développement véritable si celui-ci se bâtit sur les larmes des plus vulnérables. J’en appelle à la conscience collective et à une solidarité nationale renforcée, car c’est ensemble que nous pourrons bâtir un Gabon juste et équitable. »

Le message du Dr Iloko Boussengui résonne comme un cri du cœur dans un contexte où la modernisation des villes ne peut faire abstraction du respect des droits humains. À l’heure où les pelleteuses effacent des quartiers entiers, des voix s’élèvent pour rappeler qu’aucune politique d’aménagement ne peut se substituer à la justice sociale.

[Gabon : Déguerpis de Plaine Orety] L’élan de solidarité de Kanda Mourambou Dona Alhain

0

En cette crise sociale suite aux récentes opérations de déguerpissement menées dans la zone dite Derrière l’Assemblée nationale, à Libreville, un acte de solidarité important a été effectué, le vendredi 13 juin, par Kanda Mourambou Dona Alhain, jeune entrepreneur gabonais. Il s’est rendu sur les lieux pour venir en aide aux nombreuses familles désormais sans abri.

Touché par la détresse des sinistrés, l’entrepreneur a effectué un don composé de produits de première nécessité : sacs de riz, eau minérale, pain, ainsi que divers autres articles alimentaires. Un geste salué par les bénéficiaires, pour qui ce soutien représente un véritable soulagement face à la précarité soudaine dans laquelle ils se retrouvent. « C’est une action citoyenne. Nous ne pouvons pas rester indifférents à la souffrance de nos compatriotes. Il est de notre devoir, chacun à son niveau, d’apporter un soutien », a déclaré Kanda Mourambou Dona Alhain lors de sa visite.

Alors que les débats se poursuivent autour des opérations d’aménagement urbain engagées par les autorités, cette initiative humanitaire rappelle l’importance de la solidarité nationale et de la responsabilité sociale, notamment de la part des acteurs économiques et de la société civile. En attendant des mesures durables de relogement, les habitants de la zone espèrent que d’autres bonnes volontés suivront cet exemple pour alléger leur douleur.

[Gabon : Déguerpissements] : Georgin MBeng dénonce un « manque de pédagogie et une atteinte à la dignité humaine »

0

Ce samedi 14 juin, le secrétaire général du Syndicat national des enseignants-chercheurs de l’Université Omar Bongo (SNEC-UOB), lors d’une visite de terrain organisée par les partenaires sociaux de l’UOB, a vivement critiqué les conditions dans lesquelles les récentes opérations de déguerpissement ont été menées dans la zone dite Derrière l’Assemblée nationale. Il était accompagné de Blanche Moukita Nzamba, présidente du syndicat national des agents d’appui de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique (SYNAAERS) et de Dacharly Mapangou, président de la FRAP UOB. Ils se disent indignés et dénoncent une mauvaise gestion du dossier par les ministres.

Au cours de cette sortie, Georgin MBeng a rappelé que « personne ne peut s’opposer au développement ». Et que l’entrée dans la Cinquième République implique une volonté collective de faire progresser le pays à travers des méthodes modernes et respectueuses, notamment grâce à l’usage de la technologie. Toutefois, il a dénoncé avec fermeté les méthodes utilisées dans cette opération, qu’il a qualifiées de « déshumanisantes ».

Selon lui, « la dignité humaine a été bafouée ». Il a rappelé que le terme même de «déguerpissement » implique une « réinstallation forcée », ce qui ne devrait pas être le cas dans un État de droit. « On ne doit pas forcer les gens à partir. Avant de faire partir les populations, la législation gabonaise est claire : un site doit d’abord être identifié, viabilisé, puis proposé pour la réinstallation des populations concernées », a-t-il insisté.

Georgin MBeng a également déploré l’absence d’évaluation préalable des bâtiments avant leur destruction, une procédure pourtant prévue par la loi. « On ne peut pas évaluer un bâti lorsqu’il est déjà détruit. Ce n’est pas à moi d’apprendre cela au ministère des Travaux publics, ni au ministre de l’Habitat », a-t-il déclaré.

[Gabon : Déguerpissements] : Georgin MBeng dénonce un « manque de pédagogie et une atteinte à la dignité humaine »

Le leader syndical a regretté « un manque de pédagogie » de la part des autorités et proposé qu’un calendrier clair de déguerpissement soit mis en place à l’avenir, permettant aux habitants d’être informés à l’avance et de prendre les dispositions nécessaires. « Telles que les choses ont été faites, honnêtement, nous condamnons cette façon de faire », a-t-il formulé avec gravité.

Georgin MBeng a interpellé les membres du gouvernement, estimant que « le président de la République peut bien donner des instructions, mais il revient aux ministres de bien examiner les dossiers et de l’éclairer pour éviter que de telles situations ne se reproduisent. »

Ce déplacement des partenaires sociaux sur le site des déguerpissements vient illustrer une fois de plus les tensions croissantes autour des opérations d’aménagement urbain engagées dans la capitale, dans un contexte où la question du respect des droits fondamentaux des populations reste au cœur des préoccupations.