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[Portrait] Marie Madeleine Mborantsuo, une mémoire vivante de la République

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Elle n’est plus au sommet de l’institution qu’elle a incarnée pendant plus de deux décennies, mais son esprit, sa rigueur, sa voix chargée d’histoire résonnent encore dans les couloirs de la République. Marie Madeleine Mborantsuo n’est pas seulement une juriste, elle est une page vivante de l’histoire du Gabon. Le différend frontalier Gabon-Guinée Equatoriale est là pour nous le rappeler.

Née le 18 avril 1955 à Franceville, dans la province du Haut-Ogooué, Marie Madeleine Mborantsuo grandit au cœur d’un Gabon encore jeune, mais déjà assoiffé de cadres compétents. Elle entame sa scolarité dans sa ville natale, avant de poursuivre ses études secondaires à Libreville. Très tôt, son goût pour les lettres et les sciences sociales la conduit à l’université. Elle s’envole ensuite pour la France, où elle obtient un doctorat en droit public à l’Université de Paris II Panthéon-Assas.

La trajectoire d’une femme d’exception

Dès son retour au Gabon, dans les années 1980, elle rejoint l’enseignement supérieur. Professeure de droit, elle forme des générations d’étudiants à l’Université Omar Bongo. Sa compétence, sa rigueur, son éloquence ne passent pas inaperçues. En 1991, le président Omar Bongo Ondimba, dans la fièvre du renouveau démocratique, la nomme président de la Cour constitutionnelle, poste qu’elle occupera jusqu’en août 2023.

[Portrait] Marie Madeleine Mborantsuo, une mémoire vivante de la République

Pendant 32 ans, elle incarnera la gardienne du temple constitutionnel, devenant ainsi la plus ancienne présidente d’une Cour constitutionnelle au monde à ce poste.

Une gardienne de la République, une mémoire vivante

Derrière le visage serein de Marie Madeleine Mborantsuo, il y a la tempête des responsabilités, la profondeur des silences et l’envergure d’une intelligence nourrie aux arcanes de l’État. Très tôt, le président Omar Bongo Ondimba reconnaît en elle une alliée précieuse, une femme de confiance à qui il peut confier les missions les plus sensibles, les dossiers les plus explosifs.

Parmi ceux-ci, l’affaire de l’île Mbanié, ce différend frontalier complexe qui oppose depuis plusieurs décennies le Gabon à la Guinée équatoriale. Un conflit sur fond d’enjeux territoriaux, énergétiques et géopolitiques. Omar Bongo, fin stratège et fin connaisseur des ressources humaines de son pays, choisit alors de confier ce dossier à une femme dont il connaissait la rigueur inébranlable, la loyauté sans faille et la compréhension aiguë des enjeux étatiques : Marie Madeleine Mborantsuo. Ce choix s’avérera juste.

Ce n’est donc pas un hasard si, en 2023, Brice Clotaire Oligui Nguema, devenu président de la Transition, décide de la maintenir dans l’équipe nationale de défense du Gabon devant la Cour internationale de justice. Il reconnaît, dans cet acte, que cette femme incarne plus qu’un savoir : elle est aussi la mémoire vivante d’un combat national.

[Portrait] Marie Madeleine Mborantsuo, une mémoire vivante de la République

Un mea culpa lucide et responsable

C’est cette mémoire qui s’est exprimée – le 28 mai dernier au Palais Rénovation – avec humilité mais fermeté, lorsqu’elle déclara devant le chef de l’État et la nation : « Au moment où je me tiens devant vous, M. le président de la République, et en présence de cette auguste assemblée, j’ai une forte pensée pour tous ceux-là, tous ces haut-cadres gabonais qui ont passé des heures, pour ne pas dire des jours, et ensuite des mois et des mois, pour constituer le dossier du différend frontalier entre la République gabonaise et la République sœur de Guinée équatoriale. »

Ce n’était pas une posture : elle savait de quoi elle parlait. Pendant plus de vingt ans, elle a été aux premières loges, supervisant, coordonnant, synthétisant des « tonnes et des tonnes de documents », accompagnée de « techniciens de haut rang », souvent méconnus mais décisifs dans l’architecture de la défense du Gabon.

Dans un moment d’une rare intensité, elle a appelé, d’un ton lucide et responsable, les uns et les autres à aller au-delà des commentaires : « Les compatriotes ont, dit-elle, accueilli avec beaucoup de tristesse la décision rendue par la Cour internationale de justice. Mais, chers compatriotes, ce n’est pas parce que cette décision est aujourd’hui commentée, chacun à sa manière, que le Gabon est revenu bredouille. »

Ni victoire, ni défaite, mais une page à réécrire

Sa voix ne tremble pas ; elle éclaire. Car elle sait que l’histoire est plus complexe que les apparences, et que la justice internationale, parfois, nous renvoie non pas à la victoire, ni à la défaite, mais à une page à réécrire. « Cette décision renvoie les parties à la situation qui existait en 1972-73 avant la convention de 1974 », rappelle-t-elle.

Elle évoque aussi la vision d’Omar Bongo Ondimba, ce président bâtisseur qui croyait au dialogue : « Il n’avait de cesse de rappeler à son homologue Obiang Nguema qu’il fallait mieux, pour les deux parties, mettre en commun leur savoir-faire pour exploiter les ressources communes dans cette zone. » Une leçon de pragmatisme et de paix.

Par ses mots, son calme, son recul, Dr Marie Madeleine Mborantsuo montre qu’elle est bien plus qu’une juriste. Elle est une vigie de la République, une archive vivante, une femme d’État au service de la vérité, du droit, de la mémoire collective.

Que sa mémoire devienne livre

Il y a des femmes que l’histoire effleure. Et puis, il y a celles que l’histoire traverse, habite, consacre. Marie Madeleine Mborantsuo est de celles-là. Une vigie de la République. Une archiviste vivante de nos luttes. Une sentinelle du droit et de la souveraineté.

Il est aujourd’hui urgent, nécessaire, vital qu’elle consigne cette mémoire. Que ses souvenirs, ses luttes, ses leçons deviennent pages, livres, témoignages. Que les Gabonais lisent, comprennent, transmettent. Que les générations futures ne construisent pas sur le sable de l’oubli, mais sur le roc de cette mémoire vivante.

[Gabon : Éducation] Et voilà déjà « l’école primaire Jean-Rémy Reloungoueth » de Lambaréné avant le collège et le lycée plus tard !

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La Fondation Marietou et Richard Auguste Onouviet vient d’offrir à la postérité la première phase d’un projet qui comprendra à terme un collège et un lycée. Un héritage indéniablement d’une valeur incommensurable. Tant investir dans l’homme, c’est façonner aujourd’hui les esprits de demain, c’est rentrer dans l’immortalité. D’autant plus que, au fil des années, cet établissement aura à former plusieurs générations.

Le samedi 14 juin 2025, la Fondation Mariétou et Richard Auguste Onouviet a  inauguré officielle son établissement scolaire privé dans le premier arrondissement du chef-lieu de la province du Moyen-Ogooué.

La cérémonie s’est tenue en présence du secrétaire général du département de l’Ogooué et des Lacs, du représentant du ministre de l’Éducation nationale, du représentant du délégué spécial de la ville de Lambaréné, ainsi que de plusieurs notables, chefs de quartier et nombreux parents d’élèves. Le nouvel établissement porte le nom de « Jean-Remy Rolongoueth », en hommage à un enseignant émérite, ayant exercé dans diverses localités du pays et décédé le 7 mai 2002. Il était le frère aîné de Richard Auguste Onouviet, ancien président de l’Assemblée nationale et député de Lambaréné.

Une infrastructure aux normes internationales

Le projet éducatif, ambitieux et structurant, entend couvrir à terme l’ensemble du cycle scolaire, du primaire au secondaire. Cette première phase, consacrée à l’enseignement primaire, se distingue par la qualité de ses installations. L’école dispose de salles de classe spacieuses pour les niveaux de la première à la cinquième année, d’une infirmerie, d’un bureau d’intendance, d’une salle pédagogique, d’un espace multimédia, ainsi que de logements réservés aux enseignants, le tout érigé sur les parcelles 115 à 119B du plan cadastral de Lambaréné. L’architecture, harmonieuse et fonctionnelle, s’intègre parfaitement dans le paysage, à proximité du fleuve Ogooué, peu après le premier pont de la ville.

[Gabon : Éducation] Et voilà déjà « l’école primaire Jean-Rémy Reloungoueth » de Lambaréné avant le collège et le lycée plus tard !

Les membres de la fondation Marietou et Richard Auguste Onouviet coupant symboliquement le ruban lors de la cérémonie d’inauguration de l’école primaire Jean-Rémy Reloungoueth.

Un projet de vie au service de l’éducation

Prenant la parole pour la circonstance, Marietou Onouviet a rappelé la dimension humaine et citoyenne de l’initiative : « Au-delà d’un simple projet éducatif, c’est un véritable projet de société que nous portons à travers cette école. Il s’agit de promouvoir le bien-être, condition essentielle à l’apprentissage, à l’épanouissement des enfants et à la valorisation de leur appartenance culturelle et civilisationnelle. » Elle a souligné que l’établissement entend favoriser l’éclosion des talents, en stimulant la créativité, les compétences, les aptitudes relationnelles et l’ouverture sur le monde. Un accompagnement pédagogique visant à révéler le potentiel de chaque élève et à renforcer leur confiance en eux.

Pour sa part, Richard Auguste Onouviet a mis en exergue la qualité architecturale et fonctionnelle des bâtiments, conçus pour répondre aux exigences contemporaines de l’apprentissage. Il a exprimé sa fierté et son engagement, affirmant qu’il s’agit d’un acte citoyen, en droite ligne avec sa volonté de contribuer activement au développement du pays.

Pour tout dire, samedi dernier, à la fin de cette cérémonie, les participants ont eu les yeux rivés vers l’Ogooué dont les flots invitaient à une intime conviction : dans quelques jours, ces flots, partis du petit Ogooué, se déverseront dans le grand océan. Ainsi deviendra le projet qui vient de naître, après l’école primaire, le collège et le lycée suivront.

[Tribune libre] Quand l’émotion masque les vrais coupables

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A la suite de l’opération de déguerpissement des habitants du lieu-dit « Plaine Orety », l’indignation était grande au sein de la population. Certes cela est humain et même normal, mais le syndicaliste invite les uns et les autres à s’intéresser à l’une des causes du mal : les fonctionnaires véreux. De ce fait, il espère que la DGR et les services spéciaux « remonteront toute la chaîne de responsabilités, du bas vers le haut ». Lecture !  

Si l’action présidentielle a permis de désamorcer un héritage de l’ordre ancien devenu socialement explosif, elle serait incomplète si elle s’arrêtait là.

Les véritables causes de cette crise ne doivent ni être éludées, ni étouffées sous le poids de l’émotion collective. Une question centrale demeure : comment autant de familles ont-elles pu s’installer durablement sur des terrains relevant du domaine public, parfois depuis des années, sans qu’aucune alerte ne soit sérieusement prise en compte ?

Ce silence administratif et cette inaction prolongée révèlent un double scandale : l’échec des mécanismes de veille et de contrôle, et la compromission de certains agents publics. La mauvaise gouvernance, les complicités silencieuses et l’absence de sanctions exemplaires constituent les véritables racines de cette dérive.

Une situation qui, pourtant, aurait pu être évitée.

Car au-delà des drames humains et des tensions sociales, cette crise a occasionné d’énormes dépenses publiques au titre des dédommagements, parfois absorbées par un système parallèle de corruption bien rodée. Plusieurs témoignages concordants font état de la création de squatters fictifs, montages frauduleux mis en place dans le but de détourner les fonds publics destinés aux indemnisations.

Le président de la République a donné un signal fort.Mais pour que ce signal se traduise en véritable rupture, il faut aller plus loin. On espère que la Direction Générale des Recherches (DGR) et les services spéciaux ne concentreront pas leurs efforts uniquement sur les squatters véreux ou les intermédiaires visibles, mais qu’ils remonteront toute la chaîne de responsabilités, du haut vers le bas. Car la vérité ne se trouve pas seulement dans les ruelles des quartiers déguerpis, mais aussi dans les couloirs climatisés où les décisions ont été prises, ou volontairement ignorées.

Réformer avec rigueur, avec courage

Il ne s’agit donc pas seulement de déguerpir, ni de réparer dans l’urgence. Il s’agit désormais de réformer en profondeur. Réformer avec rigueur, avec courage, avec un véritable sens de la justice publique.

Car sans une responsabilisation claire des services de l’État, sans audit lucide de la chaîne de responsabilités et sans sanctions à la hauteur des fautes, d’autres crises surgiront ailleurs. Toujours les mêmes maux : désordre urbain, souffrances humaines, gaspillage des ressources, et défiance envers l’autorité publique.

La cinquième République mérite mieux que la gestion approximative et les indignités à répétition héritées de l’ordre ancien.

Le moment est venu de passer du déguerpissement à la gouvernance.

Louis Jocelyn Ngoma, Membre de la société civile.

[Gabon – Île Mandji] L’urgence de construire de vraies routes et passerelles

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Dans un quartier du 2ᵉ arrondissement de Port-Gentil, les habitants vivent le calvaire à cause du manque d’infrastructures de base. Chaque jour, pour leurs déplacements, ils doivent affronter de grandes difficultés pour accéder à la route principale.

Le seul moyen des habitants de cet arrondissement, pour leurs déplacements quotidiens, Ils sont dans l’obligation de passer sur des ponts en bois, souvent en très mauvais état. Ces passerelles fragiles, doivent être régulièrement réparées. Mais malheureusement, ce n’est pas le cas : en plus de leur fragilité, ils ne sont vraiment pas sécurisés. Résultat : elles représentent un danger pour tous ceux qui les empruntent, dont les aboutissements sont parfois des accidents.

[Gabon - Île Mandji] L’urgence de construire de vraies routes et passerelles

Cette situation doit être prioritairement programmée dans les travaux d’aménagement de la commune de la capitale économique du Gabon. Et dans les plus brefs délais, au risque d’enregistrer une calamité, qui peut être évitée.

[Gabon - Île Mandji] L’urgence de construire de vraies routes et passerelles

Il est urgent aussi, à Port-Gentil, de lancer un vrai projet de construction de routes solides et sûres dans ces zones difficiles d’accès. Ce qui constituerait une politique d’amélioration de la vie des habitants en leur permettant de se déplacer en toute sécurité et d’avoir accès plus facilement aux services de base.

Source : Ogooué Maritime Infos

[Gabon : Menstruations et grossesses précoces] Une campagne de sensibilisation pour libérer la parole des jeunes filles

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A l’occasion de la Journée mondiale de l’hygiène menstruelle, l’ONG Itola a mené une campagne de sensibilisation dans la commune d’Omboué, chef-lieu du département d’Etimboué (Ogooué-Maritime), avec l’appui du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA). L’objectif de cette démarche est de briser les tabous autour des règles et prévenir les grossesses précoces, deux réalités qui fragilisent encore lourdement les parcours scolaires des jeunes filles.

Selon l’Ogooué Maritime Infos, le lycée Julien Mbourou a été le théâtre de cette rencontre. Des dizaines de jeunes de la communauté ont pris part à cette caravane éducative. L’événement, placé sous le signe de l’écoute et du partage, a permis de déconstruire les préjugés liés aux menstruations, trop souvent perçues comme un sujet honteux dans certaines familles ou communautés rurales.

[Gabon : Menstruations et grossesses précoces] Une campagne de sensibilisation pour libérer la parole des jeunes filles

Un médecin du centre médical Cécile Onanga d’Omboué a vulgarisé les notions essentielles liées au cycle menstruel : phases, ovulation, hygiène et risques. Des démonstrations pratiques ont permis aux participantes de mieux comprendre l’usage des serviettes hygiéniques, qu’elles soient jetables ou réutilisables.

Mais c’est surtout la précarité menstruelle qui a retenu l’attention. Faute de moyens, certaines jeunes filles utilisent encore des bouts de tissu, au risque de contracter des infections ou de s’absenter régulièrement à l’école. « En zone rurale, il y a encore des jeunes filles et des femmes qui utilisent des morceaux de tissu pour retenir leur flux menstruel, faute de serviettes hygiéniques disponibles ou accessibles», a déploré Célestine Bâ Oguéwa, présidente de l’ONG Itola.

Autre sujet d’inquiétude : les grossesses précoces. Au cours de l’année scolaire écoulée, quatorze cas ont été recensés dans l’établissement scolaire. Un chiffre alarmant qui traduit l’urgence d’intensifier l’éducation à la sexualité et à la santé reproductive, notamment dans les zones reculées. Ces situations mènent trop souvent à l’abandon des études et à l’exclusion sociale.

[Gabon : Menstruations et grossesses précoces] Une campagne de sensibilisation pour libérer la parole des jeunes filles

Pour clôturer cette journée marquée par des échanges francs et émouvants, 478 paquets de serviettes hygiéniques ont été distribués, à raison de trois par élève. Une initiative saluée par les bénéficiaires, qui espèrent qu’elle ne restera pas un cas isolé, mais se multipliera à travers le pays. 

[Côte d’Ivoire : Violence sur mineurs] Un adolescent battu à mort par un voisin à Yopougon

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Le 17 juin dernier, un enfant de 14 ans a succombé sous les coups d’un voisin alors qu’il jouait avec ses camarades dans un immeuble de la commune de Yopougon. Derrière ce fait divers se cache une réalité plus profonde : celle du manque cruel d’infrastructures de loisirs pour les enfants dans les quartiers urbains des pays africains en développement.

Le mardi 17 juin 2025 à Yopougon, une commune d’Abidjan, capitale économique de Côte d’Ivoire, un simple moment de jeu entre enfants s’est transformé en scène d’horreur. Un groupe de garçons, âgés de 10 à 14 ans, jouait comme à son habitude dans la cour et les couloirs d’un immeuble de ce quartier populaire. C’est alors qu’un voisin, manifestement excédé par leur présence, s’est violemment lancé à leur poursuite, armé d’une matraque. Il aurait rattrapé l’un d’eux âgé de 14 ans.

Selon webmedias, les témoignages recueillis sur place font état d’un passage à tabac d’une extrême brutalité. L’agresseur présumé aurait même utilisé sa matraque pour torturer le garçon, jusqu’à ce que mort s’ensuive.

L’espace public, terrain miné pour les enfants

Ce drame révèle une réalité criante : dans de nombreux quartiers populaires des villes africaines, les enfants n’ont tout simplement nulle part où jouer. Les écoles ferment tôt, les centres de loisirs sont rares, coûteux ou inexistants et les parcs publics, quand ils existent, sont mal entretenus, insalubres ou occupés à d’autres fins. Résultat : les enfants se divertissent là où ils peuvent, soit dans les escaliers, les couloirs, les cours d’immeubles ou dans les rues. Mais ces espaces ne sont ni sûrs ni pensés pour eux. Pire, ils y sont parfois perçus comme indésirables. Dans ces conditions, la cohabitation entre générations tourne parfois au conflit, voire à la violence.

Une enfance urbaine sous tension

Ce cas de Yopougon n’est malheureusement pas un cas isolé. Dans de nombreux pays africains, les enfants des zones urbaines subissent les effets d’une urbanisation rapide, désorganisée et peu inclusive. Peu d’espaces leur sont réellement dédiés et encore moins sécurisés. Ils évoluent dans un environnement où ils sont à la fois visibles et invisibles : omniprésents dans l’espace public, mais rarement pris en compte dans les politiques d’aménagement.

Ce vide structurel expose les enfants à de multiples dangers : violences physiques, accidents de la circulation, harcèlement, isolement. Et dans le cas de Yopougon, c’est un adulte, censé garantir leur sécurité, qui a finalement commis l’irréparable.

Urgence d’une politique de l’enfance adaptée

L’agresseur présumé a été interpellé. Mais au-delà de la sanction individuelle, ce drame interpelle. Il rappelle l’absence criante de dispositifs pensés à la portée des enfants, que ce soit dans les villes, dans les écoles, ou dans les politiques publiques.

Dans les quartiers défavorisés, où la densité de population augmente plus vite que les infrastructures, la jeunesse devient invisible dans les plans d’aménagement urbain. Pourtant, repenser la ville, pour et avec les enfants, est un enjeu fondamental. Il ne s’agit pas seulement de construire des aires de jeux, mais de reconnaître le droit de chaque enfant à un espace sécurisé, adapté à son développement.

Un appel à la responsabilité collective

Les Mairies, les urbanistes, les éducateurs, les associations… ont tous un rôle à jouer. La création de zones de loisirs accessibles, la sensibilisation des adultes à la cohabitation intergénérationnelle et le renforcement des politiques de protection de l’enfance doivent devenir des priorités. Car derrière chaque jeu improvisé dans une cour d’immeuble, il y a un besoin fondamental : celui de grandir en sécurité, de respirer et de vivre son enfance pleinement. Ce droit ne devrait pas être un luxe réservé à une minorité, mais une évidence pour tous.

[Gabon : Déguerpissements à Libreville] Désormais une affaire personnelle de Brice Clotaire Oligui Nguema

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Libreville, 16 juin 2025 – Fidèle à sa promesse de proximité et d’écoute, le président de la République a convoqué en urgence, ce lundi, une réunion stratégique au Palais présidentiel avec les sinistrés des opérations menées à Plaine Orety et aux abords de l’Assemblée nationale.

Cette rencontre de concertation a réuni autour du Chef de l’Etat les représentants du collectif des populations touchées, des cadres du ministère de l’Habitat, ainsi que l’ensemble des acteurs institutionnels impliqués dans la gestion de ce délicat dossier.

Vers des solutions justes et durables

L’objectif principal de cette réunion de concertation : faire le point sur les situations encore non résolues, notamment le cas des sinistrés n’ayant reçu ni relogement ni indemnisation. Le président de la République a insisté sur la nécessité de conjuguer rigueur administrative et sensibilité sociale.  Dans cet esprit, un comité de suivi a été institué, placé sous la coordination directe du Vice-président de la République. Avec pour mission : superviser la mise en œuvre effective des engagements pris, en étroite collaboration avec les services techniques compétents, les représentants des sinistrés et ceux des collectivités locales.

Le désaveu pour certains membres du gouvernement ?

Par cette intervention personnelle, il n’est plus l’ombre d’un doute que le Chef de l’État a repris en main de ce dossier brûlant, laissant entrevoir un certain malaise au sein de l’exécutif. En effet, les regards se tournent désormais vers les ministres de l’Habitat et des Travaux publics, soupçonnés d’avoir géré ce dossier avec trop de froideur ou de précipitation, au mépris des conséquences humanitaires.

Cette initiative présidentielle, de suivre de très près cette affaire, est largement saluée par la population. La décision présidentielle s’apparente à un recadrage implicite, voire à un désaveu des ministres concernés, accusés par certains d’avoir manqué d’anticipation et de concertation.

Pour rappel, la veille, le Président Oligui Nguema avait déjà marqué les esprits en se rendant de nuit, de manière impromptue, sur les lieux sinistrés pour constater de visu l’ampleur des dégâts et écouter les doléances des populations. Une démarche rare, qui conforte son image de leader attentif et proche des réalités quotidiennes.

[Gabon : Décentralisation] Le président Brice Clotaire Oligui Nguema convertit sa promesse en acte fondateur d’une nouvelle gouvernance de proximité

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Libreville, 17 juin 2025 – En posant le jalon historique pour l’avenir institutionnel du pays, le président de la République a procédé, ce mardi 17 juin, au lancement officiel de la Commission nationale de la décentralisation. Une initiative ambitieuse qui matérialise un engagement au fort contenu dans le pilier 6 de sa feuille de route présidentielle et qui ouvre la voie à une refondation de l’action publique locale.

Ce moment décisif s’inscrit dans une volonté affirmée de rapprocher l’administration des citoyens, de rendre les territoires plus autonomes et de poser les fondements d’un Etat moderne, inclusif et résolument tourné vers ses réalités locales.

Des collectivités autonomes et dynamiques

Dans cette nouvelle configuration, les collectivités territoriales bénéficieront sans doute de compétences élargies, de personnels qualifiés, ainsi que d’outils de gestion performants. Outre les dotations budgétaires traditionnelles, un accent particulier sera mis sur les financements innovants, notamment à travers la Responsabilité sociétale des entreprises (RSE), devenant ainsi un levier supplémentaire pour la transformation locale.

Ce mécanisme vise à stimuler l’innovation, renforcer la résilience des territoires face aux défis climatiques, économiques et sociaux. Tout en favorisant un développement endogène, adapté aux spécificités de chaque province pour réduire de facto l’exode rural.

Un pari gagnant ailleurs, un modèle d’inspiration pour le Gabon

À l’international, plusieurs pays ont brillamment démontré que la décentralisation bien pensée peut être un vecteur puissant de développement. Le Rwanda, sous l’impulsion du président Paul Kagame, a fait de la gouvernance de proximité un pilier de sa reconstruction nationale et de son envol économique. Le Maroc, à travers sa politique de régionalisation avancée, a promu une gestion participative du territoire, donnant une nouvelle dynamique à ses régions. La France, pays longtemps centralisé, a depuis les années 1980, amorcé un tournant décentralisateur dont les retombées sont visibles dans l’économie locale, l’emploi et les politiques publiques de terrain.

Une réforme structurelle, un pari sur l’avenir

Au-delà d’une réforme institutionnelle, la décentralisation s’impose comme un choix stratégique et structurant, avec l’ambition de lutter contre l’exode rural, moderniser les services publics, restaurer la confiance en l’Etat et consolider l’unité nationale.

Mais pour que la décentralisation tienne toutes ses promesses, cette innovation devra s’accompagner d’une volonté politique soutenue, d’un cadre juridique clair, de moyens conséquents, et surtout, d’une implication réelle de la société civile à toutes les étapes du processus.

[Gabon : Festival International Cinéma et Liberté de Libreville] Un carrefour d’engagement culturel et citoyen

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Du 22 au 29 juin 2025, la capitale gabonaise vibrera au rythme de la deuxième édition du Festival International Cinéma et Liberté de Libreville, placée sous le thème : « Cinéma et bonne gouvernance ».

Dans une ambiance solennelle et empreinte d’enthousiasme, une conférence de presse a été tenue, ce mardi 17 juin, à la Baie des Rois, en présence de professionnels du 7e art, d’universitaires, de représentants institutionnels et de journalistes.

« Foi en l’art, foi en la liberté d’expression, foi en l’imaginaire gabonais et africain ». C’est en ces mots forts que la directrice du festival, Pauline Mvele Nambane, a ouvert le bal des allocutions, saluant la volonté collective de faire du cinéma un outil d’éducation, de liberté et de dialogue. Cette 2ᵉ édition, riche en symboles et en innovations, s’impose comme un manifeste pour une culture accessible, formatrice et engagée. Elle tend la main à celles et ceux qui aspirent à valoriser le patrimoine culturel gabonais et africain.

Trois grandes nouveautés marquent cette édition 2025 : l’extension des projections à l’Université Omar Bongo, l’organisation d’un concours de courts-métrages sur la corruption — autour du thème « Quand l’anormal devient la norme » —, ainsi qu’un concours d’art oratoire, également accueilli sur le campus universitaire.

À noter que les lauréats seront récompensés, notamment par des dotations matérielles et un billet d’avion offert par Turkish Airlines, partenaire officiel du festival. Par ailleurs, plusieurs masterclass, animées par des réalisatrices de renom, telles que Samantha Biffot et Maud Martin, seront ouvertes au public, offrant aux professionnels, étudiants et cinéphiles des sessions de formation gratuites et interactives.

Le festival propose une programmation exigeante, mêlant œuvres internationales et productions locales. Parmi les films à l’affiche : La Femme du fossoyeur, primé au Fespaco 2021, Portrait de Lumumba de Raoul Peck, La République des corrompues de Salam Zampaligre, mais aussi des classiques du cinéma gabonais comme Le Singe fou, Les Transmetteurs, ou encore La Pierre de Mbigou.

Interpellé sur la place réservée aux jeunes cinéastes amateurs, le comité d’organisation a souligné que l’enjeu actuel est de poser un socle solide de références : « Pour mieux se projeter, il faut d’abord regarder d’où l’on vient. Se nourrir des grands classiques, c’est se préparer à mieux créer. » a déclaré la présidente du festival.

Le festival apparaît comme un acte de foi envers le pouvoir du cinéma : celui de dénoncer, de faire rêver et de transmettre. L’Institut gabonais de l’image et du son (IGIS), partenaire du festival, l’affirme avec force : « Le cinéma gabonais n’est pas en marge, il est en marche. »

Le Festival International Cinéma et Liberté de Libreville ne se contente pas de projeter des films : il projette des idées, façonne des regards et défend un cinéma libre, conscient et enraciné. Cette deuxième édition s’inscrit déjà comme un rendez-vous incontournable de l’agenda culturel gabonais et africain.

AGASA : la guerre froide entre le DG et son adjoint éclate au grand jour

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À l’Agence Gabonaise de Sécurité Alimentaire (AGASA), la guerre ne dit pas son nom. Et pourtant, elle fait rage. Une guerre froide, sourde, mais désormais publique entre le Directeur général Dr. Jean Delors Biyogue Bi Ntougou et son Directeur général adjoint, le Commandant Oscar Sadibi Mapangou.  La dernière salve en date ? Une note d’intérim explosive qui fait passer l’administration gabonaise pour un champ de ruines institutionnelles.

Le début de la discorde : un héros humilié

Tout remonte à l’éclatante sortie du DGA, il y a quelques semaines. Dans un geste salué par les populations, le Commandant Oscar Sadibi Mapangou avait fait fermer deux unités clandestines de fabrication d’eau en sachet, dévoilant au grand public l’ampleur de la crasse dans laquelle baignaient ces produits consommés chaque jour par des milliers de Gabonais. L’opinion fut choquée, les images virales, et les Gabonais, reconnaissants.

AGASA : la guerre froide entre le DG et son adjoint éclate au grand jour

Mais à peine les bouchons de champagne sautés que le DG, dans un coup de semonce administratif, publia une note incendiaire sur les réseaux sociaux. Dans un communiqué au ton professoral, le Dr. Jean Delors Biyogue Bi Ntougou soulignait que « l’opération menée par le DGA n’avait pas respecté les procédures légales requises », remettant ainsi publiquement en question la légitimité de l’action. L’arroseur arrosé ? Pas tout à fait. Car dans les cœurs des Gabonais, le DGA devenait un héros, et le DG, le bureaucrate froid qui ferme les yeux sur la saleté.

Depuis ce clash frontal, les couloirs de l’AGASA sont devenus un théâtre de tensions muettes. Des sources internes rapportent que le DG et le DGA se regardent en chiens de faïence, et que plus aucun dossier ne transite par le bureau de l’adjoint. La rupture est totale, les egos blessés, l’institution paralysée.

Une note d’intérim illégale : la goutte de trop

Et voilà que le 13 juin 2025, une note d’intérim signée par le DG vient jeter de l’huile sur le feu. On peut y lire noir sur blanc : « Durant mon absence du lundi 16 au mardi 24 juin 2025 inclus, mon intérim sera assuré par Madame Luce Clara Ebimi Otsobi épouse Mbadinga, Déléguée Qualité de l’AGASA ». Une cheffe de service ! Oui, une responsable de service, propulsée par-dessus le DGA toujours en poste, pour diriger toute l’agence.

Cette décision constitue une hérésie administrative. Selon toutes les règles élémentaires de l’organisation publique gabonaise, l’intérim du directeur général doit revenir à son adjoint naturel, c’est-à-dire le DGA. Le contraire ne peut être envisagé qu’en cas d’empêchement formel, ou sur autorisation expresse du ministre de tutelle, ce qui n’est nullement mentionné ici.

Mais ce qui scandalise davantage, c’est que cette entorse aux procédures est commise par un docteur en droit, qui s’est lui-même permis d’enseigner la rigueur juridique à son adjoint il y a quelques semaines. Comment peut-on exiger le respect des procédures un jour, puis les piétiner le lendemain ?

Une maison en feu qui n’a plus de toit

Ce qui se joue à l’AGASA dépasse les querelles d’hommes. C’est toute l’image de l’État qui vacille. Le DG, par rancune ou par calcul, décide d’exclure son adjoint de l’intérim. Le DGA, réduit à un fantôme, voit son autorité bafouée. L’administration est prise en otage par une rivalité stérile.

Dans une République qui se veut désormais rigoureuse, transparente et efficace sous la transition conduite par le président Brice Clotaire Oligui Nguema, un tel niveau de désordre interne est inacceptable. Il est temps que le ministre de l’Agriculture et de l’Élevage prenne ses responsabilités. Il est urgent de rétablir l’autorité, la hiérarchie et le sens de l’État à l’AGASA.

Sinon, que reste-t-il ? Une agence où la sécurité alimentaire devient secondaire, où les conflits d’ego prennent le dessus, et où la putréfaction des relations internes contamine la mission même de l’institution.

En somme, cette situation ne fait pas rayonner la gouvernance de Brice Clotaire Oligui Nguema. Et pourtant, ces deux-là ont été nommés pour être le prolongement de son action dans cette administration. Que nenni ! Question : ne serait-il pas nécessaire de promouvoir aux fonctions dans l’administration par appel à candidature ?