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Gabon : Coup de pouce historique pour l’or vert gabonais

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Face à une crise structurelle menaçant 15 000 emplois, le Gabon débloque 20 milliards de FCFA de créances TVA pour soutenir la filière bois, premier employeur privé du pays. Cette mesure vise à stabiliser la trésorerie des entreprises et amorcer une transition stratégique vers la transformation locale et de nouveaux marchés africains pour rompre la dépendance asiatique.

L’annonce a résonné comme un ouf de soulagement pour le patronat forestier. Au Palais de la Rénovation, le chef de l’État Brice Clotaire Oligui Nguema a tranché : l’État va apurer 20 milliards de FCFA de créances de TVA. Cette décision d’urgence vise à oxygéner la trésorerie des entreprises forestières. Le secteur subit de plein fouet la chute de la demande asiatique.

« Qui paie ses dettes s’enrichit »

En recevant le ministre des Eaux et Forêts, Maurice Ntossui Allogho, et les leaders industriels, le président de la République a rappelé sa doctrine économique. Objectif immédiat : réinjecter des liquidités pour éviter la faillite technique des exploitants.

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Les retombées attendues de cette enveloppe de 20 milliards de FCFA sont cruciales.

Trésorerie : déblocage immédiat des fonds immobilisés par le fisc.

Relance : redémarrage immédiat des usines de transformation locale.

Social : sécurisation rapide des budgets de fonctionnement.

15 000 emplois sauvés et un écosystème protégé

Cette intervention de l’État évite de justesse une crise sociale majeure dans le secteur privé. Le déblocage de ces fonds permet de préserver plus de 15 000 emplois directs et indirects.

C’est tout un écosystème qui est ainsi protégé. En forêt : maintien de l’activité des bûcherons et transporteurs. En usine : protection des postes des ouvriers industriels. Avenir : amorce d’une transition vers une main-d’œuvre industrielle plus qualifiée.

Une fragilisation durable du secteur aurait eu des conséquences désastreuses au-delà des seules entreprises forestières. Les sous-traitants, les transporteurs, les fournisseurs ainsi que les communautés locales dépendant directement de l’activité économique liée à la forêt se trouvaient dans l’œil du cyclone. La question de l’emploi s’est donc imposée au cœur de la stratégie nationale de relance.

Le grand pivot vers le marché africain

Au-delà de l’aide financière, c’est une véritable révolution structurelle qui s’amorce. Le modèle gabonais, trop dépendant de l’Asie, a montré ses limites. Libreville veut désormais conquérir le continent.

Le gouvernement a reçu l’ordre d’identifier de nouveaux débouchés sous-régionaux et continentaux afin de réduire la vulnérabilité de la filière face aux fluctuations des marchés traditionnels. Le défi est immense : il s’agit de mieux faire connaître et de mieux valoriser le bois gabonais auprès des consommateurs et des industriels africains. Le développement de ce marché régional suppose également la mise en place d’une politique commerciale hautement structurée, d’infrastructures logistiques adaptées et d’une compétitivité renforcée.

Consommer gabonais et transformer localement

Le plan présidentiel repose également sur un sursaut national. L’État exige une augmentation de la consommation intérieure de bois. Les secteurs de la construction, de l’ameublement et des infrastructures publiques devront désormais prioriser la ressource locale pour bâtir un marché intérieur robuste.

Parallèlement, la relance actuelle devra concilier deux impératifs majeurs : maintenir la compétitivité à court terme des entreprises tout en augmentant drastiquement la valeur ajoutée produite sur le territoire national. Le Gabon accélère son industrialisation pour s’orienter définitivement vers la transformation locale avancée plutôt que vers l’exportation brute de ses matières premières forestières.

Un premier pas salué, mais des défis opérationnels majeurs

Le plan gouvernemental, salué par l’Union des forestiers et industriels du Gabon (UFIGA), impose une réorientation commerciale et une industrialisation accrue. Le succès de cette initiative dépendra de la rapidité du versement des fonds et de la mise en œuvre des réformes structurelles.

À l’issue de la rencontre, le délégué général de l’UFIGA, Jean-Marie Ntoutoume, a salué les orientations arrêtées par le chef de l’État, en insistant sur l’importance vitale d’accélérer le règlement de ces créances fiscales. Les professionnels de la filière doivent désormais collaborer activement avec les services du ministère de l’Économie, du ministère des Eaux et Forêts, ainsi qu’avec la Direction générale de la Société nationale des bois du Gabon (SNBG) pour concrétiser ces mesures.

Cette phase opérationnelle s’annonce déterminante. L’annonce des 20 milliards de FCFA ne constitue que la première étape : l’enjeu réel sera de savoir quand les entreprises percevront effectivement ces sommes et comment ces précieuses ressources seront réinjectées dans l’économie réelle pour bâtir une filière solide et durable.

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