Un nid-de-poule transformé en mare, une poubelle sauvage qui se déverse dans un semblant de lac : à quelques mètres à peine d’une station de lavage, Ndjolé offre le visage d’une ville abandonnée à ses propres immondices.
Le décor est planté dès la sortie de la station de lavage automobile. À peine les véhicules essorés au milieu de déchets, l’eau savonneuse et huileuse rejoint la chaussée et un vaste nid-de-poule où elle stagne, encerclée de hautes herbes qui achèvent de dissimuler le problème plutôt que de le résoudre. Ce point de rejet, à ciel ouvert, illustre à lui seul l’absence de tout dispositif d’assainissement digne de ce nom autour d’une activité pourtant génératrice de revenus pour la commune.
À quelques pas de là, le tableau s’aggrave. Une poubelle abandonnée a quelques pas des habitations, au milieu de hautes herbes, jamais collectée, déborde de bouteilles plastiques, cartons et détritus divers. Son contenu, poussé par les pluies, finit sa course dans une mare voisine devenue au fil du temps un véritable dépotoir à ciel ouvert. Nénuphars et eaux stagnantes y côtoient déchets ménagers, dans une eau brunâtre qui n’a plus rien de naturel. Ce plan d’eau, autrefois élément du paysage, s’est mué en foyer de prolifération de moustiques et de microbes, sous le regard impuissant, ou indifférent, des riverains.

Face à cette situation, le silence du Conseil municipal interroge. Pendant que les administrés composent avec les odeurs, les eaux croupies et les risques sanitaires, ce dernier, dirigé par Madame Flavienne Prisca Eyeng, issue du parti au pouvoir, l’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB), semble concentrer son énergie ailleurs : le recouvrement des taxes et la gestion des salaires, laissant la salubrité publique au second plan.

Pourtant, l’assainissement urbain relève des compétences premières d’une municipalité. Collecte des ordures, curage des caniveaux, lutte contre les eaux stagnantes : autant de missions élémentaires que Ndjolé peine visiblement à assumer.
Les populations attendent des actes : ramassage régulier des déchets, assèchement ou aménagement du point d’eau, meilleure gestion des rejets liés aux activités commerciales. En attendant, la ville vit au rythme de ses flaques et de son indifférence institutionnelle.

Le Conseil municipal de Ndjolé est attendu au tournant. La salubrité publique n’est pas une option.


