Le 28 mai dernier, l’Agence Gabonaise de Sécurité Alimentaire a déployé ses brigades pour une campagne de sensibilisation inédite. Une stratégie de proximité qui privilégie l’accompagnement des commerçants plutôt que la répression pour garantir la santé publique.
Sur le front de la sécurité sanitaire, la manière forte n’est plus la seule arme de l’Etat. C’est le virage doctrinal qu’a choisi d’opérer l’Agence Gabonaise de Sécurité Alimentaire (AGASA) en lançant la première édition de son opération baptisée « Coup de pouce ». Pour cette sortie de terrain, les brigades d’inspection habituelles ont reçu le renfort d’agents venus de l’ensemble des services de l’institution. Ensemble, ils ont investi les commerces de la capitale pour substituer, le temps d’une campagne, le carnet de contraventions par un guide des bonnes pratiques.
Le dialogue plutôt que le procès-verbal
De l’épicerie de quartier aux moyennes surfaces, le mot d’ordre des équipes de l’AGASA était clair : écouter, informer et désamorcer la méfiance des opérateurs économiques. Plutôt que de traquer la moindre infraction pour verbaliser, les agents ont mené une vaste entreprise de vulgarisation des exigences sanitaires fondamentales.
Cette approche didactique permet à l’administration de rompre avec l’image d’une autorité purement punitive. En allant au contact direct des réalités du tissu commercial local, l’AGASA s’impose désormais comme un partenaire technique capable de guider les professionnels vers une mise aux normes progressive de leurs établissements.

L’accompagnement face aux lacunes du secteur informel
Cette démarche bienveillante s’inscrit dans une réalité économique complexe où l’entrepreneuriat de subsistance et l’emploi informel occupent une place prépondérante. Une grande partie des petits opérateurs économiques, souvent installés à la hâte, souffre d’un déficit criant d’information concernant les protocoles d’hygiène et la chaîne du froid.
Dans ce contexte, la sanction immédiate s’avère souvent contre-productive, menaçant la survie de structures fragiles sans pour autant régler le problème de fond. La sensibilisation s’impose alors comme un outil de prévention indispensable, capable de corriger les anomalies structurelles avant qu’elles ne se transforment en crises sanitaires majeures pour les consommateurs.
Vers un pacte de confiance pour la santé publique
En instaurant ce climat d’échange, l’AGASA tente de jeter les bases d’un contrat de confiance tripartite entre les services de régulation de l’Etat, les acteurs économiques et la population. L’enjeu dépasse la simple conformité administrative, il s’agit d’ancrer une culture de la responsabilité collective en matière de santé publique.
Face à la réception encourageante de cette première édition sur le terrain, la direction de l’AGASA envisage déjà de pérenniser l’opération « Coup de pouce ». Ce rendez-vous régulier pourrait devenir le pilier d’une politique de sécurité alimentaire modernisée, où la pédagogie en amont prépare le terrain à un contrôle plus efficace en aval.

