Depuis la diffusion, le 7 juin dernier, du témoignage de Marcelle Eyang Noutchet dans l’émission Ligne de Mire de Gabon Media Time, la Société des Brasseries du Gabon (SOBRAGA) traverse une zone de turbulences. Cette entrepreneure gabonaise, installée à Marseille, accuse le géant des boissons d’avoir produit des lots non conformes aux normes européennes. Une polémique qui enflamme les réseaux sociaux, alors que l’entreprise dément fermement et pointe une exportation illégale.
Marcelle Eyang Noutchet affirme avoir voulu introduire la bière Régab et la gamme Booster sur le marché français. A leur arrivée, les conteneurs auraient été bloqués par les autorités douanières à la suite d’un contrôle sanitaire. Selon l’entrepreneure, un certificat de non-conformité aurait été délivré, pointant des teneurs incompatibles avec les exigences de l’Union européenne.
La commerçante, qui déplore de lourdes pertes financières, va plus loin. Elle évoque de potentiels risques pour la santé et lie plusieurs pathologies à la consommation de ces boissons. Elle reproche également à la SOBRAGA son refus de reprendre la marchandise et dénonce un manque de transparence. Toutefois, à ce stade, aucune expertise officielle publique ni aucune décision des autorités sanitaires françaises n’ont confirmé ces accusations sanitaires gravissimes.
La SOBRAGA réplique et dénonce un circuit parallèle
Face au tollé, la SOBRAGA a immédiatement réagi par voie de communiqué. La filiale du groupe Castel rejette en bloc toute défaillance. « L’affaire actuellement évoquée ne concerne pas un défaut de qualité de nos produits », tranche la direction. Selon elle, le problème réside dans « une opération d’exportation réalisée en dehors des procédures officielles, légales et encadrées par l’entreprise ». Les boissons auraient ainsi été achetées sur le marché local gabonais avant d’être expédiées en France par des voies parallèles.
La direction de la SOBRAGA précise que ce dossier « a déjà fait l’objet d’explications et de vérifications par les autorités compétentes, ainsi que d’une procédure devant la justice gabonaise ». Le communiqué insiste : « A aucun moment la qualité et la sécurité de nos produits n’ont été remises en cause lors de ces contrôles ou dans les documents produits par les services de la douane française ». La brasserie rappelle enfin que sa production subit des analyses permanentes, menées par des laboratoires internes et des organismes indépendants accrédités.
L’AGASA face au verdict de la science
Au-delà de cette guerre de communication, cette affaire rappelle que la sécurité sanitaire ne se décrète pas sur les réseaux sociaux. La parole de l’une fait face aux démentis de l’autre. Désormais, les regards se tournent vers les autorités régulatrices, notamment l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (AGASA). Seules des analyses scientifiques officielles et indépendantes permettront de trancher. Elles devront déterminer si le produit présente un réel défaut de fabrication ou si la polémique découle uniquement d’un non-respect des circuits d’exportation.
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