Le gouvernement gabonais déploie une nouvelle stratégie pour structurer son secteur touristique. Le lancement simultané d’un guide d’investissement et d’un guide de voyage officiel vise à transformer le potentiel naturel unique du pays en un véritable moteur de diversification économique.
Le mercredi 13 mai 2026, la ministre du Tourisme durable et de l’Artisanat, le Pr Marcelle Ibinga-Itsitsa, a officiellement présenté deux ouvrages stratégiques : le Guide de l’investissement touristique au Gabon et le Guide de voyage officiel du Gabon 2026. La cérémonie s’est déroulée en présence de plusieurs membres du gouvernement, de la communauté diplomatique et des principaux opérateurs économiques du pays.
Cette initiative marque la volonté de Libreville de changer de braquet. Longtemps relégué au second plan, le tourisme gabonais tente de se structurer pour se repositionner sur l’échiquier international et attirer des capitaux privés dans un secteur encore largement sous-exploité.
Rassurer les investisseurs et séduire les voyageurs
Le Guide de l’investissement touristique est conçu comme un outil de réassurance pour les opérateurs économiques. Il répertorie les opportunités d’affaires, détaille les dispositifs d’accompagnement et clarifie le cadre réglementaire pour rendre le marché gabonais plus attractif et lisible.
En parallèle, le Guide de voyage officiel du Gabon 2026 s’adresse directement aux touristes internationaux. Il met en valeur les atouts majeurs du pays : sa faune exceptionnelle, ses plages préservées, la richesse de son patrimoine culturel et son artisanat local. Le gouvernement cible en priorité une clientèle en quête d’écotourisme et de destinations exclusives.

Le défi de la diversification économique
Derrière cette campagne de communication se cache un enjeu économique crucial. Malgré un potentiel naturel mondialement reconnu, porté par un réseau de 13 parcs nationaux qui couvrent 11 % du territoire national, le tourisme reste marginal, représentant moins de 2 % du Produit Intérieur Brut (PIB). L’économie nationale demeure massivement dépendante des revenus pétroliers et de l’exploitation forestière.
En lançant la marque « Destination Gabon », le ministère du Tourisme durable et de l’Artisanat pose les jalons d’une stratégie commerciale plus offensive. L’objectif affiché à moyen terme est de faire grimper la contribution du secteur à 5 % du PIB.
Reste désormais à savoir si cette nouvelle vitrine institutionnelle suffira à lever les freins structurels. « Le Guide de l’investissement est un excellent signal », tempère un opérateur touristique basé à Libreville, « mais le vrai défi reste le coût de la logistique et des transports pour acheminer les visiteurs vers l’intérieur du pays. Il faut maintenant des actes concrets sur la fiscalité et le désenclavement. » La balle est désormais dans le camp des investisseurs et des autorités, pour transformer ce potentiel théorique en retombées économiques tangibles pour les populations locales.