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Gabon : Réhabilité à l’UIP, Libreville tourne la page de la transition

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À Istanbul, le 16 avril 2026, le Gabon a franchi un cap décisif. Réunie en marge de sa 152e Assemblée, Union interparlementaire (UIP) a acté la sortie du pays de la liste des États suivis pendant la transition, consacrant ainsi son retour sur la scène parlementaire internationale.

Dans les salons du Hilton Istanbul Bomonti, où se pressaient plus de 130 délégations et une soixantaine de présidents de Parlement, la décision n’est pas passée inaperçue. Elle vient clore une période de surveillance étroite, engagée à la suite des bouleversements politiques intervenus à Libreville, et marque une forme de quitus accordé aux autorités gabonaises.

Conduite par Michel Régis Onanga Ndiaye, la délégation gabonaise a porté un message d’un pays en voie de normalisation institutionnelle, décidé à reprendre toute sa place dans les instances internationales.

Une reconnaissance diplomatique assumée

A la tribune, le président de l’Assemblée nationale n’a pas dissimulé sa satisfaction. « C’est un immense honneur de prendre part à cette 152e rencontre », a-t-il déclaré, avant de transmettre « les salutations du Parlement gabonais » et « la gratitude du peuple et des plus hautes autorités » pour le soutien reçu durant « la période transitoire ».

Un discours mesuré, mais chargé de sens. Car derrière les formules diplomatiques, se dessine une réalité : le Gabon n’est plus perçu comme un cas à part, mais comme un partenaire réintégré dans le jeu parlementaire mondial.

Gabon : Réhabilité à l’UIP, Libreville tourne la page de la transition
L’Assemblée de l’UIP acte la sortie du Gabon de la liste des pays sous surveillance. ©️gabonclic.info

Le rôle discret mais décisif de la diplomatie parlementaire

Cette évolution doit beaucoup au travail mené en coulisses par les parlementaires gabonais, en appui à l’action de l’exécutif dirigé par Brice Clotaire Oligui Nguema. Depuis le début de la transition, Libreville s’est efforcée de rassurer ses partenaires, en multipliant les engagements en faveur du respect des normes internationales. La levée du suivi par l’UIP apparaît donc comme l’aboutissement d’un processus diplomatique patient, où la crédibilité institutionnelle s’est construite pas à pas.

L’autre moment fort de cette Assemblée aura été l’hommage appuyé rendu à Martin Chungong, dont le mandat arrive à échéance après douze années à la tête de l’organisation.

« Nous lui exprimons notre profonde reconnaissance pour son investissement constant », a salué Michel Régis Onanga Ndiaye, rappelant l’empreinte laissée par ce dernier dans la promotion de la démocratie et des droits des femmes à l’échelle mondiale.

Premier Africain et non européen à occuper cette fonction depuis la création de l’UIP en 1889, Martin Chungong aura marqué l’institution par une approche engagée de la diplomatie parlementaire, saluée bien au-delà du continent.

Une nouvelle séquence à confirmer

Au-delà de l’effet d’annonce, la décision de l’UIP ouvre une nouvelle phase de consolidation pour le Gabon. Car si la reconnaissance internationale est acquise, elle reste fragile et conditionnée à la poursuite des réformes engagées.

Dans un contexte mondial incertain, où les équilibres politiques se redessinent, Libreville joue désormais la partition plus exigeante de la crédibilité durable. La transition, elle, s’efface peu à peu. Reste à transformer l’essai sur le terrain, là où se mesure, in fine, la solidité des institutions.

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