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Gabon : Le RENAJI suspendu au silence de la ministre Zenaba Gninga Chaning dans l’affaire Tounda Youbi

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Trois semaines après une audience cruciale avec la ministre du Commerce, le Réseau national des journalistes indépendants (RENAJI) exprime son impatience. L’organisation corporative attend toujours une démarche d’apaisement pour obtenir la libération du journaliste Médard Tounda Youbi, écroué depuis avril.

L’espoir d’une sortie de crise rapide s’estompe de jour en jour pour les défenseurs de la liberté de la presse au Gabon. Dans une déclaration publique diffusée en ce début de semaine, le Réseau national des journalistes indépendants (RENAJI) a brisé le silence pour rappeler l’urgence de la situation. Au cœur des préoccupations : le maintien en détention préventive de notre confrère Médard Tounda Youbi, incarcéré à la prison centrale de Libreville depuis le 22 avril dernier à la suite d’une plainte déposée par Zenaba Gninga Chaning, ministre du Commerce, des PME-PMI et de l’Entrepreneuriat des Jeunes.

Une médiation de la dernière chance au point mort

Face à cette incarcération qui secoue le paysage médiatique national, le RENAJI avait choisi la voie de la diplomatie et du dialogue direct. Après plusieurs jours de tractations intenses, une délégation menée par son président, Aimé Serge Boulingui, avait réussi à obtenir une audience avec la ministre le 13 mai 2026.

Les discussions, présentées à l’époque comme franches et porteuses d’espoir, s’étaient attardées sur les coulisses de ce conflit. Les deux parties avaient notamment mis à plat l’historique des relations professionnelles liant le journaliste à la ministre, évoquant leur collaboration active durant la campagne présidentielle de 2025 ainsi que les fonctions précédemment exercées par le professionnel des médias au sein du cabinet ministériel.

A l’issue de cette table ronde, la ministre du Commerce s’était engagée à consulter son conseil juridique afin d’étudier les voies réglementaires permettant de favoriser une issue amiable et un désistement de sa plainte.

Un enjeu symbolique pour la liberté de la presse

Trois semaines plus tard, force est de constater que le dossier n’a pas bougé d’un iota. Le RENAJI regrette de n’avoir reçu aucun retour officiel ni notification de la part du membre du gouvernement. Ce statu quo commence à peser lourdement et alimente de profondes inquiétudes au sein des rédactions locales. « Sans remettre en cause les procédures judiciaires en cours, le RENAJI maintient son plaidoyer en faveur du dialogue et réitère son souhait de voir émerger une solution permettant la libération du confrère », insiste l’organisation dans son communiqué.

Pour la corporation, cette affaire a d’ores et déjà dépassé le simple cadre d’un différend d’ordre privé ou professionnel. Elle est devenue le symbole des tensions persistantes entre les institutions publiques et les professionnels des médias au Gabon. Le RENAJI rappelle que l’issue de ce bras de fer servira de baromètre pour mesurer la qualité du dialogue démocratique et le respect des droits des journalistes dans le pays.

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