AccueilInterviewAlain Ogouliguende : « La rencontre avec le président de la République appartient à toute la diaspora »

Alain Ogouliguende : « La rencontre avec le président de la République appartient à toute la diaspora »

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Ce dimanche, à quelques heures du début de la visite d’État du président Brice Clotaire Oligui Nguema en France, alors que des interrogations sont apparues autour de l’organisation de la rencontre avec la diaspora gabonaise, Alain Ogouliguende revient sur les coulisses de la mobilisation. Dans cet entretien, réalisé cet après-midi sur les Champs-Elysées, il répond également aux critiques de certains de ses anciens compagnons activistes, dit comprendre leur colère née après le coup d’État du 30 août 2023, tout en assumant son parcours au sein de la Résistance et en affirmant sa volonté de se tenir à l’écart des attaques personnelles pour privilégier le débat d’intérêt général. Il confirme enfin que l’ambassadeur du Gabon en France, Alfred Nguia Banda, supervise l’ensemble du dispositif et est pleinement informé de son organisation. Lecture !

Gabonclic.info : Alain Ogouliguende, peut-être un petit message avant de commencer cet entretien ? 

Alain Ogouliguende : À l’entame de cette interview, permettez-moi d’adresser un message fraternel à mes compagnons de lutte d’hier, mes frères et amis activistes. J’entends et je comprends leur colère ainsi que leur frustration face aux immenses attentes qui sont nées au lendemain du coup d’État conduit par le Président Brice Clotaire Oligui. Au regard de mon parcours et du rôle primordial que j’ai assumé dans la coordination de la quasi-totalité des activités de la Résistance entre 2016 et 2023, avec Jean Jacques Bourdette, j’accepte leur incompréhension et leur étonnement. Je comprends que ces sentiments puissent les conduire à me prêter des intentions qui ne sont pas les miennes, à m’inventer une autre vie ou encore à m’affubler de toutes sortes de qualificatifs.

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Certains activistes ou de faux profils sur les réseaux sociaux ont la particularité de vous inventer des vies, de vivre votre vie à votre place, de mieux connaître votre vie que vous, de se projeter dans votre vie future en occultant leurs réalités quotidiennes, en niant leur propre situation. Sur les réseaux, tout est vendeur. Et s’ils parlaient un peu de leur vie privée ? De leur activité professionnelle ? De leur déclaration de revenus ? Comme ils le disent, c’est le  » game ». Alors, j’accepte le « game », parce que cela améliore la vie et le quotidien des Gabonais.  Pour ma part, je fais le choix de ne pas répondre aux attaques liées à ma vie d’homme, à ma vie privée. Je vous laisse donc vous exprimer en toute liberté, si cela vous procure une quelconque satisfaction ou si cela vous permet d’obtenir davantage de  « likes »  et d’accroître vos revenus grâce à la monétisation. Quant à moi, je demeure attaché au respect des convictions de chacun et je préfère consacrer mon énergie aux idées, aux faits et au débat d’intérêt général plutôt qu’aux polémiques personnelles.

Comment avez-vous structuré la mobilisation citoyenne ?

L’organisation de la mobilisation citoyenne s’est déroulée de manière progressive et structurée. Dans un premier temps, nous avons identifié plusieurs personnes-ressources afin de constituer l’équipe de la Coordination générale. Dans le respect de l’approche inclusive prônée par le président de la République, nous avons sollicité des compatriotes reconnus pour leur expertise en matière de stratégie de mobilisation et de communication afin qu’ils rejoignent cette coordination.

Nous avons ensuite élaboré l’architecture de la mobilisation en mettant en place différents pôles de travail, chacun ayant des missions spécifiques. Par la suite, à travers nos campagnes d’information organisées dans plusieurs villes de France, nous avons invité nos compatriotes à intégrer ces différents pôles. Les participants sont établis sur l’ensemble du territoire français et proviennent d’horizons professionnels variés. L’objectif est de permettre à chaque Gabonais et à chaque Gabonaise qui le souhaite de contribuer activement à la préparation de la venue du président de la République.

Dans un souci d’efficacité, de cohésion, de transparence et de travail collaboratif, la Coordination générale organise une réunion plénière quotidienne. Ces rencontres permettent d’informer les compatriotes de l’état d’avancement des préparatifs, mais également de recueillir leurs préoccupations et leurs propositions. Elles offrent ainsi un cadre d’échanges favorisant une réflexion collective et la recherche de solutions adaptées.

Alain Ogouliguende : « La rencontre avec le président de la République appartient à toute la diaspora »

Quelles ont été les difficultés rencontrées au cours de cette mobilisation ?

L’une des principales difficultés rencontrées concerne le transport. Comme vous le savez, la rencontre entre la diaspora et le président de la République se tiendra en région parisienne. Or, un grand nombre de nos compatriotes résident en province et certains disposent de ressources financières limitées. Le coût du transport représente donc un frein important à leur participation. En effet, plusieurs d’entre eux devront financer un billet de train et, dans certains cas, une nuit d’hôtel.

Afin de réduire cette contrainte financière et de permettre au plus grand nombre de prendre part à cet événement, nous avons sollicité les présidents des associations pour lancer un appel à la solidarité. L’objectif est d’encourager l’organisation de solutions de covoiturage et, plus largement, toute initiative susceptible de faciliter le déplacement de nos compatriotes vers le lieu de l’événement.

Certains observateurs estiment que la mobilisation de la diaspora n’a pas toujours été simple. Comment avez-vous réussi à maintenir une dynamique collective ?

Toute mobilisation citoyenne d’une telle ampleur suscite naturellement des débats, des sensibilités différentes et parfois des divergences d’approche. C’est le propre de toute démarche démocratique.

Notre responsabilité a consisté à transformer cette diversité en une richesse. Nous avons privilégié le dialogue, l’écoute et la concertation permanente afin que chacun puisse exprimer ses idées dans le respect des autres. Ce qui nous rassemble est plus fort que ce qui peut nous différencier : la volonté de réussir l’accueil du président de la République et de valoriser l’image d’une diaspora unie, responsable et engagée.

Alain Ogouliguende : « La rencontre avec le président de la République appartient à toute la diaspora »

Comment avez-vous veillé à ce que cette mobilisation soit réellement inclusive ?

Dès le départ, la Coordination générale a souhaité ouvrir la participation au plus grand nombre. Les différents pôles sont accessibles à toutes les personnes désireuses d’apporter leur contribution, quels que soient leur parcours, leur association d’appartenance ou leur lieu de résidence en France.

Notre objectif est de mettre les compétences au service de l’intérêt général. Cette diversité constitue aujourd’hui l’une des principales forces de notre organisation.

Des critiques ont parfois été formulées sur le fonctionnement de la Coordination. Quel message souhaitez-vous adresser à ceux qui s’interrogent ?

Nous comprenons que des interrogations puissent exister. Elles traduisent souvent l’intérêt porté à cette mobilisation.

Depuis le début, nous avons fait le choix de la transparence à travers des réunions plénières quotidiennes, des comptes rendus réguliers et un dialogue permanent avec les différents pôles. Nous restons convaincus qu’aucune organisation n’est parfaite, mais nous privilégions les critiques constructives qui permettent d’améliorer notre action plutôt que les polémiques qui risqueraient de détourner l’attention de l’objectif commun.

Quel rôle jouent les associations de la diaspora dans cette mobilisation ?

Les associations constituent un maillon essentiel de cette organisation. Elles assurent un relais de proximité auprès des compatriotes, facilitent la diffusion des informations et participent activement à la mobilisation sur l’ensemble du territoire.

Elles contribuent également à identifier les besoins spécifiques des participants et proposent des solutions concrètes, notamment en matière de transport, à travers l’organisation du covoiturage, mais aussi d’accueil et de solidarité.

Alain Ogouliguende : « La rencontre avec le président de la République appartient à toute la diaspora »

Au-delà de cette rencontre avec le président de la République, quelles perspectives cette mobilisation ouvre-t-elle pour la diaspora gabonaise ?

Cette mobilisation dépasse le seul cadre de l’événement. Elle démontre que la diaspora dispose de compétences, d’expertises et d’une réelle capacité d’organisation lorsqu’elle agit autour d’un objectif commun.

Nous espérons que cette dynamique permettra de renforcer durablement les liens entre les Gabonais de France, de favoriser le dialogue avec les institutions et de créer un cadre de coopération pérenne au service du développement du Gabon.

Quel message souhaitez-vous adresser aux Gabonaises et aux Gabonais qui hésitent encore à participer ?

Nous souhaitons leur dire que cette rencontre appartient à toute la diaspora. Chacun y a sa place.

Au-delà des opinions ou des parcours individuels, cette rencontre représente une occasion de dialogue direct avec les plus hautes autorités de notre pays. Nous invitons donc chacun à venir avec un esprit constructif, dans le respect des institutions, afin de contribuer à faire de cet événement un moment historique pour la diaspora gabonaise.

Propos recueillis par Agnès Laplumacerbe (Envoyée spéciale) 

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