La nuit du jeudi 3 septembre 2026 a basculé dans l’horreur au quartier Nkomayat, plongé dans l’effroi d’un brasier destructeur. Dans le deuxième arrondissement d’Oyem, à quelques encablures de l’hôpital Canadien, plusieurs habitations familiales ont été réduites en cendres en pleine nuit.
Au cœur de cette tragédie qui secoue la capitale provinciale du Woleu-Ntem, une suspecte en fuite : Angone Esther, la compagne du fils de la famille, activement recherchée par les forces de l’ordre pour avoir, selon les premiers éléments, délibérément mis le feu au patrimoine familial avant de s’évanouir dans la nature.
Quand la nuit de Nkomayat vire au cauchemar
Il est aux alentours de 2 heures du matin lorsque le silence pesant de Nkomayat est brisé par des crépitements sinistres et des hurlements de terreur. En quelques minutes, des flammes voraces lèchent le ciel nocturne d’Oyem, dévorant un complexe de plusieurs maisons appartenant à une même lignée. La violence du sinistre ne laisse aucune chance aux structures.
Très vite, la stupeur cède la place à la suspicion, puis à la colère. Les regards se tournent vers Angone Esther. Selon des sources locales et le média Infos Oyem, la jeune femme entretenait une relation tumultueuse avec son concubin, qui logeait dans l’une des bâtisses familiales. Ce rituel destructeur semble être l’épilogue dramatique d’une crise de couple ou d’un profond différend familial dont les contours restent à élucider.
Des larmes, des cendres et un héritage profané
Au lendemain du sinistre, le drame a pris une résonance nationale à la faveur d’une vidéo poignante, devenue virale sur les réseaux sociaux gabonais. Face caméra, la sœur du concubin, le visage marqué par les stigmates d’une nuit blanche et les yeux gonflés par les larmes, livre un témoignage qui serre le cœur : « Je ne peux pas dormir, je suis fatiguée de pleurer. Cela fait quatre ans que notre mère est décédée et mon grand frère habite l’une de ces maisons avec sa copine. »
À travers ces mots hachés par les sanglots, ce n’est pas seulement la perte matérielle qui est pleurée, mais la profanation de la mémoire familiale. Ces maisons représentaient le dernier ancrage physique, le legs d’une mère disparue quatre ans plus tôt. En consumant ces murs, le feu a également consumé une part de l’histoire et des souvenirs de cette fratrie, aujourd’hui plongée dans le dénuement.
Une fuite éperdue et des questions en suspens
Le scénario de la fuite d’Angone Esther ajoute à l’incompréhension générale. Dans la précipitation de son départ juste après le départ du feu, la mise en cause aurait abandonné ses propres enfants derrière elle, des enfants nés d’une précédente union, le couple actuel n’ayant pas de progéniture commune. Cet abandon parental interroge sur l’état de panique ou de détresse psychologique dans lequel se trouvait la jeune femme au moment des faits.
Sur le plan légal, si la rumeur publique et la détresse de la famille pointent massivement la responsabilité d’Angone Esther, le temps de la justice requiert de la méthode. Une enquête judiciaire a été ouverte pour déterminer avec exactitude l’origine du sinistre. Les experts devront traquer les moindres indices dans les décombres calcinés pour confirmer la piste criminelle et identifier les accélérateurs de combustion éventuellement utilisés.
Alors qu’Oyem se réveille sous le choc, la traque administrative et policière s’organise pour retrouver la fugitive. Pour la famille sinistrée, commence le long et douloureux processus du deuil de leur toit, suspendu aux conclusions des autorités qui devront faire toute la lumière sur cette nuit de cendres.
