Après une passe d’armes tendue avec le syndicat des magistrats (SYNAMAG), le deuxième vice-président du CESEC a choisi la voie de l’apaisement. Ce 13 mars, Geoffroy Foumboula Libeka Makosso a clarifié ses propos polémiques sur les réseaux criminels, tout en présentant ses excuses au corps judiciaire.
L’incident est clos, mais le débat de fond demeure. Acculé par le Syndicat national des magistrats du Gabon (SYNAMAG) qui exigeait des excuses publiques suite à des propos jugés offensants, Geoffroy Foumboula Libeka Makosso est sorti du silence. Lors d’un point presse, le vice-président du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC) a tenu à lever toute ambiguïté sur ses récentes déclarations concernant les crimes de sang.
L’étincelle remonte aux auditions menées par le CESEC début mars. S’appuyant sur des rapports d’experts, Foumboula avait dressé une typologie des réseaux derrière les crimes rituels, pointant du doigt des « malades mentaux » (politiciens, hommes d’affaires ou magistrats), agissant comme protecteurs ou exécutants de ces crimes.
Si cette analyse visait à dénoncer des complicités individuelles, elle a été perçue par le syndicat des magistrats comme une attaque frontale et insultante contre l’ensemble de la profession.
L’heure de l’apaisement
Face à la levée de boucliers, le vice-président 2 du CESEC a joué la carte de la diplomatie, sans pour autant renier le fond de son combat : « Si le fait d’avoir indexé cette catégorie de personnes qui ternissent l’image de ce noble corps a heurté la sensibilité de l’ensemble des magistrats, je tiens à présenter mes sincères excuses », a-t-il déclaré, précisant que son hommage allait particulièrement à ceux qui accomplissent leur mission avec intégrité.
Malgré ce tumulte, le CESEC ne compte pas ralentir ses travaux. Geoffroy Foumboula a rappelé que ces sorties s’inscrivent dans une mission constitutionnelle visant à produire un avis éclairé sur un fléau qui endeuille le pays depuis 30 ans.
Pour rappel, les experts auditionnés estiment que 90 % des crimes rituels impliqueraient des acteurs politiques, le reste se partagerait entre hommes d’affaires et leaders religieux. Un fléau qui résiste à la justice gabonaise, faute de pouvoir atteindre les véritables commanditaires. Ce chiffre souligne l’ampleur du défi pour une justice gabonaise encore à la peine pour punir les commanditaires.