La Société d’Energie et d’Eau du Gabon (SEEG) et le groupe français SUEZ ont lancé, ce 12 mars à Libreville, la phase opérationnelle de leur partenariat stratégique. Ce plan de 132 milliards de FCFA vise à transformer durablement l’accès à l’eau potable sur l’ensemble du territoire.
Le ton de la rencontre a été marqué par un geste fort. Lors du lancement officiel au siège de la SEEG, l’Administrateur directeur général, Steeve Saurel Legnongo, a choisi de rester debout. « Je ne pourrai pas m’asseoir tant que les Gabonais n’auront pas d’eau », a-t-il déclaré. Une posture symbolique pour illustrer l’urgence de la situation et la détermination de l’entreprise face aux pénuries chroniques qui frappent le pays.

Conclu initialement en avril 2025, ce partenariat entre désormais dans le vif du sujet. Prévu pour une durée de cinq ans, il prévoit le renforcement des capacités de production et l’optimisation des réseaux de distribution, tant dans le Grand Libreville que dans les centres urbains de l’intérieur.
Pour la direction de la SEEG, chaque avancée est cruciale face à une demande galopante et des infrastructures vieillissantes. « Chaque goutte d’eau supplémentaire compte : elle peut soulager des populations et redonner de l’espoir à de nombreux foyers », a martelé Steeve Saurel Legnongo.
Expertise technique et transfert de compétences
Le groupe SUEZ apportera son savoir-faire international pour moderniser les infrastructures existantes. L’intervention se concentrera sur plusieurs leviers. Sur la maintenance : détection et réparation systématique des fuites. La modernisation des réseaux de distribution : réhabilitation des conduites et introduction de technologies de pointe. Une gestion transparente : optimisation du système de facturation et lutte contre la fraude.
Alexandre Duzan, directeur général de SUEZ, a souligné que le potentiel hydrique du Gabon est un atout majeur. « Le Gabon dispose d’importantes ressources en eau. Le défi est aujourd’hui essentiellement opérationnel », a-t-il précisé. Ce modèle de coopération a déjà fait ses preuves ailleurs sur le continent, notamment au Sénégal, où l’accès à l’eau a été significativement amélioré.
Au-delà de l’aspect technique, le partenariat inclut un volet de transfert de compétences pour les équipes locales de la SEEG. Dans un contexte de mécontentement social lié aux coupures répétées, les attentes sont immenses. Les Gabonais espèrent désormais voir les promesses de ce programme de 132 milliards de FCFA se traduire, dès les prochains mois, par une amélioration concrète de leur quotidien.


