Le 10 janvier 2026, au siège national de l’Union du Peuple Gabonais à Awendjé, le Conseil du Secrétariat exécutif s’est réuni sous tension, entre règlement de comptes internes et prises de position fermes sur l’éducation, le football et les crimes rituels.
Réuni sous la présidence de séance du vice-président Jean-Claude Kombila Malwangu, le Conseil du Secrétariat exécutif de l’UPG a d’abord dressé un état des lieux interne marqué par le deuil et les divisions. Il a été rappelé que l’année écoulée fut éprouvante pour le parti, notamment avec les disparitions de Mathieu Mboumba Nziengui et de Jean de Dieu Moukagni Iwangou, figure historique malgré la création ultérieure de sa propre formation politique.
Une fronde interne vigoureusement démentie
Le Conseil du Secrétariat exécutif a dénoncé avec fermeté une tentative d’organisation unilatérale d’Assemblée générale initiée par le secrétaire général Alec Nziengui Nziengui. Ce dernier, devant les médias, a affirmé que les principaux cadres de l’actuel directoire « n’étaient donc plus habilités à organiser la moindre activité au nom de l’Union du Peuple Gabonais », soutenant qu’ils auraient été écartés lors d’une réorganisation en 2024.
Le Conseil a opposé un démenti formel à ces déclarations, rappelant que le défunt président avait confirmé, lors de la réunion bipartite du 7 mars 2025, « le maintien du bureau issu de 2022 ». Cette décision, précise l’instance, est consignée dans « un projet de protocole de réconciliation existant et consultable ». Face à une UPG qu’il juge « excessivement fragilisée par la division interne », l’intérim conduit par Jean-Claude Kombila Malwangu prévoit des consultations élargies pour, explique-t-il, « redynamiser un parti autrefois central dans l’opposition gabonaise ».
Éducation et réformes sportives : le temps des propositions
Sur le fond, l’UPG s’est dite préoccupée par la crise persistante de l’éducation nationale. Tout en saluant l’effort budgétaire de l’État, le parti estime que ces mesures restent insuffisantes sans vision de long terme et propose « un programme décennal 2026-2036 doté de 150 milliards annuels ». Le Conseil exhorte par ailleurs le gouvernement à privilégier le dialogue social, préconisant notamment « la mise en place immédiate d’un guichet unique pour régulariser les situations administratives des enseignants ».
Abordant le sport, le Conseil a exprimé sa déception après l’élimination à la CAN 2025, tout en rendant hommage à Pierre-Emerick Aubameyang, symbole de « fierté, d’honneur et de dignité nationale ». L’UPG pointe un secteur miné par « un manque d’organisation flagrant et une instabilité chronique » et plaide pour une réforme profonde. Celle-ci doit passer, selon le parti, par une « professionnalisation réelle de la ligue » et une « gouvernance assainie ».
Enfin, le parti a dénoncé « avec fermeté la recrudescence des crimes dits rituels », appelant l’État à des mesures coercitives pour protéger les familles. Pour l’instance dirigeante, il est impératif de préserver la cohésion sociale et l’image internationale du pays. Entre introspection politique et interpellation citoyenne, l’UPG tente ainsi de recoller ses propres morceaux, concluant que « la refondation nationale commence aussi par le courage de nommer les crises ».


