La première édition du Forum National de l’Épargne pour le Développement (FONED) s’est ouverte ce mercredi 2 septembre 2026 à Libreville, autour du thème : « Épargne et souveraineté financière : la Caisse des Dépôts, instrument du financement endogène du PNCD 2026-2030 ». Organisé avec la participation des pouvoirs publics, des banques, des assurances, des investisseurs, des entreprises, des partenaires au développement et de la diaspora, le forum veut réfléchir à une meilleure utilisation de l’épargne nationale pour financer le développement du Gabon.
Pour Marius Nkori, Administrateur Directeur Général de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC Gabon), le pays dispose déjà d’importantes ressources à travers les dépôts bancaires, les assurances, les fonds de pension, l’épargne des ménages et celle de la diaspora. Le véritable défi consiste désormais à mieux mobiliser ces ressources, à les sécuriser et surtout à les transformer en investissements productifs. La CDC entend ainsi jouer son rôle d’investisseur public de long terme et de « tiers de confiance », en complémentarité avec les banques, les assurances et les investisseurs privés.
De son côté, le ministre de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, Thierry Minko, a rappelé que le PNCD 2026-2030 porte des ambitions importantes dans les infrastructures, l’énergie, le logement, l’agriculture, l’industrialisation et l’emploi. Pour financer ces projets, le Gabon doit continuer à attirer les capitaux étrangers, mais également mieux utiliser ses propres ressources. « La souveraineté économique ne se décrète pas. Elle se construit. Elle se finance », a-t-il souligné.

Présidant les travaux, le Vice-Président de la République, Alexandre Barro Chambrier, a pour sa part posé une question centrale : « Comment mettre davantage de ressources gabonaises au travail pour le Gabon ? » Selon lui, le financement du développement ne doit pas opposer capitaux nationaux et étrangers. L’objectif est plutôt de renforcer l’épargne locale afin qu’elle puisse cofinancer les projets prioritaires et contribuer à attirer davantage de financements internationaux.

Les différents intervenants ont également insisté sur la nécessité de renforcer la confiance des épargnants. Celle-ci passe notamment par la transparence, la qualité des projets, la sécurité des placements et une meilleure coordination entre l’État, les établissements financiers, les fonds d’investissement, les investisseurs privés et les partenaires au développement. La diaspora gabonaise constitue également une source importante de financement, notamment à travers des mécanismes comme DIASDEV et OKIRA 241, destinés à favoriser son implication dans le développement national.
Au-delà des échanges, les responsables souhaitent que le FONED débouche sur des solutions concrètes et des mécanismes capables de transformer durablement l’épargne en investissements. Produits d’épargne adaptés, financement du logement et des infrastructures, soutien à l’agriculture, à l’énergie et au numérique figurent parmi les pistes évoquées. Avec ce forum, le Gabon entend ainsi poser les bases d’un financement plus endogène de son développement, autour d’un principe résumé par les organisateurs : « Notre épargne. Notre développement. Notre souveraineté. »













