Deux ans après les promesses d’intégration à la Fonction publique formulées par le président de la République, le Mouvement National des Visionnaires du Gabon (MNVG) tape du poing sur la table. Face à ce qu’il qualifie d’inertie administrative, le collectif interpelle directement le Secrétariat général du gouvernement. Entre demandes d’audiences au sommet et menaces de mobilisations de rue, l’organisation exige l’application stricte des engagements pris par Brice Clotaire Oligui Nguema en août 2024 pour résorber le chômage des jeunes.
Le temps de la patience semble révolu pour les demandeurs d’emploi regroupés au sein du Mouvement National des Visionnaires du Gabon (MNVG). Deux ans après avoir obtenu ce qu’ils considéraient comme une victoire historique face au chômage endémique, les leaders de cette organisation citoyenne font face au mur des lenteurs administratives. Dans une correspondance officielle datée du 31 août 2026, le secrétaire général du mouvement, Rodrigue Obame Nze, a saisi le Secrétaire général du gouvernement pour dénoncer le blocage systématique de leur dossier, exhortant l’exécutif à traduire en actes les directives présidentielles.
Des promesses de 2024 enlisées dans les rouages administratifs
L’affaire prend sa source le 8 août 2024. Reçus en audience par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, les représentants du MNVG étaient repartis de la présidence avec des engagements fermes : l’octroi de 1 500 postes budgétaires, équitablement répartis entre les secteurs cruciaux de la Santé (750 postes) et de l’Éducation nationale (750 postes), complété par des perspectives d’insertion au sein de plusieurs entreprises parapubliques.

Vingt-quatre mois plus tard, le constat dressé par le mouvement est amer. Malgré la transmission de l’intégralité des pièces requises par les postulants, aucun arrêté d’engagement, de recrutement ou d’attribution n’a encore été paraphé par les autorités de tutelle. Le MNVG pointe explicitement du doigt la rétention de dossiers pourtant complets au cœur des services compétents, s’étonnant notamment du gel des fameuses « fiches bleues », pourtant dument signées et prêtes à être traitées.

L’appel à l’arbitrage du Premier citoyen
Face à ce statu quo, le collectif tente de contourner les blocages sectoriels en sollicitant une médiation au plus haut niveau. Dans son courrier, Rodrigue Obame Nze demande formellement au Secrétaire général du gouvernement d’intervenir de toute urgence auprès du ministère de la Fonction publique pour lever les verrous bureaucratiques. L’organisation insiste sur le devoir de cohérence de l’État, appelant l’administration à exécuter ce qu’elle qualifie de « parole sacrée » du chef de l’État.
Parallèlement à cette démarche, une demande d’audience a été introduite auprès du président de la République. L’objectif affiché par le MNVG est double : présenter au chef de l’Etat, Brice Clotaire Oligui Nguema le point exhaustif des démarches entreprises depuis deux ans, mais aussi mettre en lumière les forces d’inertie qui freinent l’aboutissement de ce projet social majeur.
Le spectre de la rue : une mobilisation pacifique annoncée
À défaut de réponses concrètes, le mouvement voudrait faire entendre sa voix dans l’espace public. Un rassemblement pacifique est d’ores et déjà programmé pour le 3 septembre 2026 sur le parvis du ministère de la Fonction publique. Ce sit-in vise un objectif technique bien précis : exiger sans délai le transfert des 750 fiches de la Santé vers le ministère de tutelle et l’envoi de celles de l’Éducation nationale aux services du Budget pour traitement financier.
Conscient de la sensibilité de la période politique, le secrétaire général du MNVG a tenu à désamorcer toute crainte de débordement. Dans sa missive, Rodrigue Obame Nze garantit que cette mobilisation citoyenne se déroulera « dans la discipline et sans violence ». Une ultime démonstration de force tranquille pour rappeler au gouvernement que derrière les chiffres budgétaires se jouent l’avenir et la dignité de centaines de jeunes Gabonais.












