L’insertion professionnelle des jeunes reste confrontée à un décalage persistant entre les compétences acquises en formation et les profils recherchés par les entreprises. C’est dans ce contexte que le Programme national de formation en alternance d’insertion professionnelle, baptisé PRO-EMPLOI, a été présenté mercredi 12 août 2026 par le directeur général du PNPE, Pascal Franck Nze Ndong Nze, et la directrice de l’ANBG, Paule Élisabeth Désirée Mboumba Lassy.
Porté conjointement par le PNPE, l’ANBG, la Fédération des entreprises du Gabon (FEG) et l’ANFEP, le dispositif entend rapprocher les parcours de formation des réalités du marché de l’emploi gabonais. Son principe repose sur une répartition de 40 % de formation académique et 60 % d’expérience en entreprise, avec l’objectif de donner aux jeunes une première expérience professionnelle avant même leur sortie du dispositif.
L’alternance pour répondre aux besoins du marché
Le choix de l’alternance répond à une difficulté régulièrement rencontrée par les jeunes diplômés : disposer d’un niveau de qualification sans pour autant avoir l’expérience exigée lors du recrutement.

PRO-EMPLOI entend précisément agir sur ce point. Le parcours prévoit cinq étapes : identifier les métiers recherchés, sélectionner les candidats, assurer leur formation théorique, organiser leur immersion en entreprise avec un système de tutorat, puis les accompagner vers l’emploi.

Cette approche vise également les secteurs confrontés à un manque de main-d’œuvre qualifiée. L’enjeu n’est donc pas seulement de former davantage de jeunes, mais de faire évoluer la formation en fonction des besoins effectivement exprimés par le tissu économique.
Un objectif de 85 % d’insertion professionnelle
Le programme prévoit de former 4 500 bacheliers et étudiants sur trois cohortes, à raison de 1 500 bénéficiaires par an. Pour atteindre cet objectif, ses promoteurs comptent mobiliser 200 entreprises partenaires, notamment à travers la Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC).
Le dispositif s’appuiera sur 13 centres de formation de l’ANFEP répartis sur le territoire national. À terme, l’ambition affichée est d’atteindre un taux d’insertion professionnelle de 85 % dans les douze mois suivant la formation.
Un objectif élevé, qui dépendra toutefois de la capacité du programme à maintenir un lien étroit avec les entreprises et à transformer les périodes d’immersion en véritables opportunités d’embauche.

Une synergie entre public et privé
PRO-EMPLOI repose sur une répartition précise des missions entre ses différents partenaires. Le PNPE assurera le pilotage opérationnel, la sélection des candidats et leur suivi administratif. L’ANBG prendra en charge les frais pédagogiques, les allocations ainsi que les questions liées à la mobilité des bénéficiaires.
Du côté du secteur privé, la FEG et les entreprises partenaires auront notamment la responsabilité d’accueillir les jeunes en immersion et de participer à leur recrutement. L’ANFEP sera, pour sa part, chargée de l’ingénierie pédagogique et de la certification des compétences acquises.
Cette organisation a pour but d’éviter que la formation professionnelle ne reste cantonnée aux salles de cours. Elle place l’entreprise au cœur du processus, avec l’idée que l’employabilité doit se construire au contact des réalités du travail.
Relever le défi de l’emploi durable
La présentation du programme intervient alors que le Gabon désire améliorer l’adéquation entre son système de formation et les besoins de son économie. Pour les jeunes, l’enjeu dépasse l’obtention d’un diplôme : il s’agit de pouvoir accéder à un premier emploi et de disposer de compétences directement valorisables.
La réussite de PRO-EMPLOI sera donc moins mesurée au nombre de jeunes formés qu’à leur capacité à intégrer durablement le marché du travail. Le taux d’insertion de 85 % fixé par le programme constitue, à ce titre, un indicateur particulièrement exigeant.
Avant le démarrage des premières cohortes, les partenaires doivent encore finaliser les accords et signer la convention quadripartite. Le suivi des premières promotions permettra ensuite de mesurer l’écart entre les objectifs annoncés et les résultats obtenus sur le terrain.
Pour le Gabon, le défi sera ainsi de transformer l’alternance en une véritable passerelle vers l’emploi, plutôt qu’en une simple étape supplémentaire dans le parcours de formation des jeunes.












