Les actions menées par le président de la République en faveur des populations méritent, sans conteste, le soutien de ses partisans. Cependant, lorsque les arbitrages du sommet de l’État suscitent l’incompréhension ou le rejet dans les quartiers populaires, loin des lambris dorés du pouvoir, le signal est clair : l’acte posé ne répond pas aux attentes réelles du terrain. Dès lors, une question cruciale se pose : qui, parmi la pléthore de conseillers qui gravitent autour du pouvoir, ose encore faire remonter le pouls véritable de l’opinion publique au premier citoyen du pays ? Dans un post sur les réseaux sociaux, un internaute a clairement dénoncé « les applaudisseurs professionnels » qui ne servent ni le président de la République, ni la population.
« Il faut aussi me dire quand je fais mal, pour que je me corrige. Il ne faut pas seulement applaudir comme à l’ancien temps… » Une réponse aux applaudissements systématiques.
Cette formule, loin d’être une simple boutade, est signée du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema. À plusieurs reprises, le chef de l’État a lui-même tenu à rappeler qu’il n’est ni omniscient, ni omnipotent. En clair, comme tout être humain, il lui arrive de se tromper, y compris sur des trajectoires qu’il a lui-même tracées, mais qui se heurtent parfois au mur des réalités ou au désaveu des populations.


Cette déclaration de la plus haute autorité de l’État rappelle aussi une vérité démocratique essentielle : le développement d’un pays ne se construit pas sur des louanges permanentes et courtisanes, mais sur la sincérité, la responsabilité et l’écoute active de ceux qui sont les bénéficiaires directs des politiques publiques.
Le silence des conseillers : une trahison républicaine
Dans une République moderne, dire la vérité à ses dirigeants n’est ni un manque de respect, ni un acte d’opposition politique. C’est, au contraire, un devoir citoyen et une preuve de loyauté. C’est précisément pour cette raison que l’État nomme et rémunère, sur les deniers publics, des cabinets et des collaborateurs. Leur mission est d’éclairer le décideur pour l’aider à opérer des arbitrages justes, efficaces et profitables à la Nation.
Dès lors, choisir le silence face aux anomalies, fermer les yeux sur les dysfonctionnements par simple confort ou par peur de déplaire, s’apparente à une véritable trahison. Une trahison envers le chef de l’État lui-même, que l’on condamne à l’aveuglement, mais aussi une trahison envers le serment de servir la patrie. Un peuple mature sait reconnaître les avancées tangibles, mais il identifie tout aussi vite les errements. Signaler les erreurs de trajectoire n’est pas un acte de sédition, c’est le fondement même de la démocratie participative et le moteur de l’amélioration de l’action publique.
L’art de la consultation : une force, non une faiblesse
À l’ère du village planétaire, s’inspirer des meilleures pratiques de gouvernance à l’international constitue une valeur ajoutée incontestable. À titre d’exemple, lors de la préparation des exercices budgétaires complexes pour 2027, le ministre français de l’Économie et des Finances, Roland Lescure, prend le soin de consulter de manière particulièrement élargie : son propre cabinet, ses collègues du gouvernement, mais aussi les chefs de partis de tous bords ainsi que les partenaires sociaux.
Cette démarche inclusive ne relève ni de l’ignorance, ni d’une quelconque faiblesse politique. Elle traduit une maturité institutionnelle où seul prime l’intérêt national. Pour réussir, la cause publique a besoin de la convergence de toutes les lumières et de toutes les compétences disponibles.
Pour une culture de la critique constructive
Le Gabon de la Ve République a plus que jamais besoin d’installer une culture de la critique constructive. Un espace public assaini où chaque citoyen, chaque intellectuel, chaque conseiller peut participer au débat avec objectivité, rigueur et un sens aigu de l’intérêt général. Un dirigeant qui écoute les pulsations de son peuple est un dirigeant fort, mieux armé pour corriger les insuffisances de son administration et répondre avec précision aux aspirations de la Nation.

Pour accompagner l’essor vers la félicité, la règle d’or devrait désormais être partagée par tous : applaudir avec enthousiasme quand le succès est au rendez-vous, critiquer avec objectivité et courage lorsque cela est nécessaire, et toujours agir avec la Nation pour seule boussole.












