Dans une lettre ouverte publiée sur sa page Facebook ce 1er octobre 2026, Jean Frédéric Ndong Ondo réagit aux propos tenus par Marlène Fabienne Essola Efountame dans une vidéo consacrée à Alain-Claude Bilie-By-Nze. Il conteste notamment sa lecture d’un épisode lié à l’Université Omar Bongo et l’appelle à davantage de retenue dans le débat public.
Jean Frédéric Ndong Ondo dit avoir pris connaissance, « avec un certain décalage temporel », de la vidéo publiée par Marlène Fabienne Essola Efountame, dans laquelle celle-ci prenait « vigoureusement la défense » d’Alain-Claude Bilie-By-Nze. Dès l’entame de sa lettre, l’auteur indique ne pas vouloir revenir sur l’ensemble des propos de son interlocutrice, invoquant « ce principe cardinal qui commande qu’on ne tire pas sur l’ambulance ».
Une séquence précise retient cependant son attention : celle consacrée à l’histoire de l’Université Omar Bongo (UOB). Jean Frédéric Ndong Ondo reproche à Marlène Fabienne Essola Efountame d’en avoir livré, selon lui, une lecture « édulcorée », « cavalière » et « inédite ».


Il fait notamment référence au passage dans lequel elle évoquerait un ancien recteur prétendument surpris « en serviette aux côtés d’une étudiante ». Pour lui, cette présentation ne correspond pas à la réalité historique qu’il entend rappeler.
Le débat sur les faits et les preuves
Dans sa lettre, Jean Frédéric Ndong Ondo s’appuie également sur la formation juridique de son interlocutrice pour questionner la solidité de son argumentation. « Votre formation de juriste devrait vous rappeler qu’en toutes circonstances, l’argumentation sérieuse recommande de s’appuyer sur des preuves tangibles pour étayer ses dires », écrit-il.
Il estime qu’une écoute globale de l’intervention fait apparaître « des approximations ». Selon sa version, certains éléments auraient été « passés sous silence » ou présentés sous une forme qui, affirme-t-il, ne correspondrait pas à ce qui s’est réellement produit.
La lettre évoque alors un épisode particulièrement sensible concernant l’ancien recteur Ona Ondo. Jean Frédéric Ndong Ondo conteste l’idée selon laquelle celui-ci aurait été mis en cause pour une prétendue relation avec une étudiante. Il rapporte également, en les attribuant à la version qu’il réfute, des affirmations relatives aux relations supposées de cette étudiante avec le chef de l’État de l’époque et à son implication présumée dans les mouvements étudiants.
Sur ce terrain délicat, l’auteur estime que de telles accusations ne peuvent être avancées sans éléments probants. « Jeter l’opprobre de cette façon sur un aîné, en exhumant et en déformant des épisodes aussi délicats sans la moindre preuve, avec une désinvolture pareille, est tout simplement affligeant », écrit-il.
Ona Ondo face aux « cabales »
Jean Frédéric Ndong Ondo oppose ensuite à ce qu’il qualifie de « cabales » l’attitude de Monsieur Ona Ondo, qu’il présente comme un homme d’État ayant choisi de ne pas entrer dans la polémique.

Il rappelle toutefois que celui-ci a récemment déclaré, dans une interview accordée à Gabon 24, qu’un minimum « d’élégance républicaine et humaine » commandait d’attendre un mot d’excuse, notamment de la part de ceux qui portent « la charge filiale ».
La lettre élargit ensuite la réflexion au-delà de cette séquence. Jean Frédéric Ndong Ondo estime que tenir de tels propos depuis « le confort d’un exil lointain en contexte français » ne saurait être assimilé au fait de revenir s’installer au Gabon et d’y faire face à « la réalité de la cité ». Il appelle ainsi à une « rigueur intellectuelle » et à une « clarté » qu’il considère nécessaires dans le débat public, particulièrement lorsqu’il s’agit d’une compatriote issue, comme Monsieur Ona Ondo, de la province du Woleu-Ntem.
Au-delà de l’épisode historique, la lettre porte donc aussi sur la manière de débattre de la vie publique gabonaise.
« Pose le cœur »
Jean Frédéric Ndong Ondo interpelle enfin Marlène Fabienne Essola Efountame sur son positionnement et sur son retour éventuel dans le débat national. Il écrit que « tenir de tels propos depuis le confort d’un exil lointain en contexte français est une chose ; revenir s’installer au Gabon et y faire face à la réalité de la cité en est une autre ».
Pour lui, le débat public exige davantage de « rigueur intellectuelle » et de « clarté », particulièrement lorsqu’il est question de l’histoire politique et institutionnelle du pays.
Sa conclusion prend une tonalité plus apaisée. Il dénonce « l’agitation verbale et la recherche du sensationnel » et rappelle une expression de sagesse fang : « Pose le cœur », qu’il traduit comme une invitation à la tempérance.
L’auteur appelle ainsi au respect de la mémoire et de l’honneur de ceux qui ont contribué à la construction des institutions gabonaises, tout en souhaitant que son interpellation suscite « la réflexion et la mesure qu’appelle notre vivre-ensemble ».
Une réponse désormais attendue
Reste désormais à savoir si Marlène Fabienne Essola Efountame entend répondre à cette lettre ouverte, et surtout si elle maintiendra, précisera ou corrigera les propos qui ont provoqué cette réaction. Juriste, essayiste, entrepreneure et personnalité publique gabonaise, originaire de Mitzic, dans le département de l’Okano, dans le Woleu-Ntem, elle s’est notamment fait connaître par ses prises de parole sur le droit, la citoyenneté, la gouvernance et la politique gabonaise, particulièrement sur les réseaux sociaux. Son profil et son engagement dans le débat public donnent ainsi à sa prochaine prise de parole un intérêt particulier.
Une réponse pourrait prolonger le débat sur l’histoire de l’UOB, mais aussi ouvrir une nouvelle séquence dans les échanges publics entre les deux personnalités.
Affaire à suivre…..












