La Conférence internationale de la presse francophone (CIPREF) a officiellement ouvert ses portes ce mercredi 21 janvier au sein de l’Université Internationale de Libreville Berthe et Jean (UIL BJ), située dans la commune de Ntoum. Placée sous le thème « L’intelligence artificielle et son impact sur les médias », cette rencontre d’envergure se déroule jusqu’au 25 janvier. Elle réunit plus de cent cinquante participants, parmi lesquels des journalistes chevronnés, des experts de l’espace francophone et des étudiants, tous mobilisés autour des mutations profondes qui bouleversent actuellement le paysage médiatique mondial.
La cérémonie d’ouverture a été portée par une succession d’interventions soulignant l’importance stratégique de ce rendez-vous. Zephirine Etotowa Ntoumou, maire de la commune de Ntoum, a ouvert le bal des allocutions en saluant le choix de son territoire pour accueillir ces assises. Elle a été suivie par le représentant de la fondatrice de l’université ainsi que par le Recteur de l’UIL BJ, avant que Désiré Ename, président du comité d’organisation de la CIPREF, ne vienne exposer les ambitions de cette édition. Le lancement officiel des travaux a été acté par Germain Biahodjow, ministre de la Communication et des Médias.
Entre opportunités technologiques et impératifs éthiques
« C’est un moment important pour la presse francophone », a affirmé le ministre Biahodjow. Le membre du gouvernement a poursuivi en expliquant que « l’intelligence artificielle représente une évolution majeure pour nos métiers ». Selon lui, cette technologie « offre de nouvelles opportunités pour produire une information plus pertinente et accessible ». Germain Biahodjow a toutefois tempéré cet enthousiasme en rappelant qu’elle « appelle aussi à une réflexion éthique profonde et à une formation soutenue de nos professionnels ».
Le ton des débats a été donné lors de la conférence inaugurale animée par le Dr Jean-Claude Nkou. Ce spécialiste de l’IA a brossé un portrait nuancé de la situation, mettant en balance les promesses de gain de productivité et les risques déontologiques inhérents à l’automatisation. « Les outils d’intelligence artificielle peuvent renforcer la qualité de notre travail », a soutenu le Dr Nkou, tout en martelant qu’« ils ne remplaceront jamais l’esprit critique et l’expertise humaine ».
Vers une communauté francophone résiliente et outillée
Le programme se poursuit avec une table ronde et des ateliers pratiques destinés à l’appropriation des outils numériques par les professionnels. Ces sessions visent à familiariser les rédactions avec la veille intelligente et le fact-checking automatisé, des compétences désormais incontournables.
Dans son allocution, Désiré Ename a insisté sur la nécessité de cette transition. « Notre objectif est de construire une communauté francophone dynamique et solidaire », a précisé le président de l’organisation. Il a ajouté que la profession doit être « capable d’intégrer les innovations technologiques tout en défendant des valeurs d’éthique, de rigueur et d’indépendance journalistique ».

L’accueil de cet événement en périphérie de la capitale constitue également un symbole fort pour les autorités locales. « Nous sommes fiers d’accueillir cette conférence ici », s’est réjouie Zephirine Etotowa Ntoumou. La maire de Ntoum y voit « une belle vitrine pour notre territoire et un signal fort de l’engagement du Gabon en faveur d’une presse moderne, responsable et tournée vers l’avenir ». Les échanges se poursuivent dans l’auditorium Dr Marie Madeleine Mborantsuo, où les expériences partagées dessinent les contours d’une presse francophone prête à affronter les défis du siècle.