AccueilActualitéSociétéAssociation Tsoumou : APG Lydie 241 réclame la scène pour les artistes de Ngouoni

Association Tsoumou : APG Lydie 241 réclame la scène pour les artistes de Ngouoni

Publié le
Écouter cet article

Quarante ans d’existence, quatre décennies de solidarité, de mémoire et de rassemblement autour de Ngouoni. En août 2025, l’Association Tsoumou a célébré cet anniversaire historique en présence du couple présidentiel, Brice et Zita Oligui Nguema. Mais à l’approche du 41ᵉ anniversaire, une voix venue de Ngouoni vient poser une question qui dépasse le simple divertissement : dans cette grande fête consacrée à l’identité d’une communauté, quelle place est réellement accordée à ceux qui portent cette identité par leur art ?

Chaque année, Ngouoni vibre au rythme de Tsoumou. La célébration est devenue un rendez-vous communautaire mêlant convivialité, activités festives et ludiques, conférences, assemblée générale annuelle et animation artistique. Mais derrière les réjouissances, Tsoumou porte une histoire et une ambition plus profondes : rassembler les filles et fils de Ngouoni autour d’un même destin.

L’association, dont le nom signifie « ensemble », s’est construite autour de valeurs telles que l’unité, la solidarité, le partage, l’entraide, la fidélité au terroir et la transmission. Sa vocation dépasse donc la seule organisation d’une fête annuelle. Elle entend contribuer au développement de Ngouoni, préserver sa mémoire et maintenir le lien entre ceux qui y vivent, ceux qui résident ailleurs au Gabon et ceux de la diaspora.

Dès lors, la culture ne saurait être considérée comme un simple élément décoratif de la célébration. Elle constitue également un vecteur de mémoire, d’identité et de transmission.

« N’y a-t-il pas d’artistes à Ngouoni ? »

C’est précisément sur ce terrain qu’APG Lydie 241, ressortissante de Ngouoni connue sur TikTok sous ce pseudonyme, interpelle publiquement l’Association Tsoumou. À la veille de la célébration du 41ᵉ anniversaire, elle dénonce ce qu’elle considère comme une place insuffisante accordée aux artistes originaires de la localité. Son interrogation est directe : « Quand on parle de l’Association Tsoumou, on voit d’abord Ngouoni. N’y a-t-il pas d’artistes à Ngouoni ? Dites-moi sincèrement, à Ngouoni, n’y a-t-il pas des artistes ? »

Puis elle poursuit, en mettant l’accent sur ce qu’elle considère comme un devoir de valorisation : « Quand on fête chaque année l’Association Tsoumou, la cérémonie se passe à Ngouoni. Nous avons les artistes. Vous ne valorisez pas d’abord vos propres artistes. Vous ne mettez pas en valeur le groupe Kadoussou. » Et sa question devient finalement une interpellation adressée directement à l’association : « Qui va donc valoriser les artistes de Ngouoni, n’est-ce pas Tsoumou ? »

Son propos se termine par une proposition qui résume son objectif : « Il y a des artistes à Ngouoni. Mettez d’abord en avant les artistes de Ngouoni, puis après vous appelez les invités. N’est-ce pas ainsi que l’on fait ? Suis-je en train de mentir ? »

L’ouverture aux autres, oui ; l’effacement du local, non

La sortie d’APG Lydie 241 mérite d’être entendue, non comme un appel au repli, mais comme une interrogation sur la priorité accordée aux talents du terroir. Faire participer à la fête des artistes venus d’ailleurs n’a, en soi, rien de contradictoire avec l’esprit d’ouverture d’une manifestation communautaire. Au contraire, l’échange culturel peut enrichir une célébration et permettre à Ngouoni de recevoir d’autres expressions artistiques.

Mais l’ouverture ne devrait pas nécessairement se traduire par l’effacement du local. Inviter l’extérieur pour enrichir la fête est une ouverture ; donner d’abord une scène aux talents du terroir est une responsabilité. Les deux démarches peuvent parfaitement cohabiter. C’est là que l’interpellation d’APG Lydie 241 prend tout son sens. Elle ne demande pas que les artistes venus d’ailleurs soient exclus. Elle demande que les artistes de Ngouoni soient d’abord considérés comme des acteurs à part entière de cette célébration dont ils sont, en quelque sorte, les enfants naturels.

De la solidarité à la valorisation

Les valeurs portées par Tsoumou donnent davantage de poids à cette réflexion. Si l’unité consiste à rassembler les filles et fils de Ngouoni, si la solidarité consiste à se soutenir, si la transmission vise à préserver l’identité et la mémoire du territoire, alors la valorisation des talents locaux peut logiquement trouver sa place dans cette mission. Une association qui ambitionne de contribuer à la grandeur et à la pérennité de Ngouoni ne peut pas seulement regarder vers son passé. Elle doit aussi identifier ceux qui, aujourd’hui, contribuent à faire vivre son identité. Préserver une communauté, ce n’est pas seulement conserver ses souvenirs ; c’est aussi permettre à ses talents contemporains de s’exprimer.

La culture devient alors un outil de transmission. Une chanson, une danse, un groupe traditionnel ou un jeune artiste peuvent raconter Ngouoni autrement que ne le ferait un discours. Ils donnent un visage vivant au patrimoine et permettent aux nouvelles générations de s’approprier ce qui leur appartient.

Pour le 41ᵉ anniversaire, faire de la scène une vitrine de Ngouoni

À l’approche du 41ᵉ anniversaire, la question posée par APG Lydie 241 pourrait donc être transformée en opportunité. Il ne s’agit pas d’opposer les artistes de Ngouoni à ceux venus d’ailleurs, mais de donner au talent local une place davantage visible. Pourquoi ne pas faire de cette célébration un véritable espace de découverte des artistes ngouoniens ? Pourquoi ne pas davantage mettre en lumière le groupe Kadoussou et les jeunes talents du terroir ? Pourquoi ne pas faire de la scène de Tsoumou un lieu où la communauté se reconnaît avant de s’ouvrir aux autres ?

Au fond, derrière la déclaration d’APG Lydie 241, il n’y a peut-être ni rejet de l’autre ni volonté de refermer Ngouoni sur lui-même. Il y a une demande simple : que ceux qui font vivre Ngouoni puissent eux aussi être vus, entendus et applaudis chez eux. À l’heure où Tsoumou s’apprête à franchir le cap de ses 41 ans, le défi pourrait donc être moins de choisir entre artistes d’ici et artistes d’ailleurs que de donner au talent ngouonien la place qui lui revient. Car une association qui a fait de l’unité, de la transmission et du développement son héritage ne peut que gagner à faire de sa scène un miroir de sa propre richesse. À Ngouoni, la fête de Tsoumou pourrait ainsi devenir non seulement une fête pour les ngouoniens, mais aussi une fête qui révèle les ngouoniens au monde.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

spot_img

Articles similaires