À Okondja, dans le quartier Mpoungou, le danger ne se cache même plus. Il est suspendu au-dessus de la route. Des câbles électriques pendent dangereusement au-dessus d’une voie très fréquentée, empruntée quotidiennement par les populations, mais aussi par de nombreux gros porteurs en provenance ou à destination de Makokou. Une situation qui durerait depuis plusieurs mois, sans intervention visible à la hauteur du risque. Jusqu’à quand ?
La scène est saisissante. Un poteau électrique se dresse au bord de la voie. À son sommet, une installation qui semble avoir perdu toute allure de normalité. Des câbles s’affaissent, certains pendent dans le vide, d’autres traversent dangereusement l’espace au-dessus de la chaussée. Plus loin, des fils semblent retenus tant bien que mal. En dessous, la vie continue. Les habitants circulent. Les véhicules passent. Et la route, elle, ne s’arrête pas.
À Mpoungou, cette situation n’est manifestement pas nouvelle. Selon les informations recueillies sur place, ces câbles seraient ainsi depuis plus d’un mois. Des semaines durant lesquelles le danger aurait eu le temps de s’installer dans le décor, jusqu’à devenir presque banal. Mais un danger ne devient pas moins dangereux parce que les habitants finissent par s’y habituer.
Une route, des habitants et des gros porteurs
Le problème prend une autre dimension lorsqu’on regarde la nature de cette voie. Nous ne sommes pas face à une petite ruelle isolée, fréquentée par quelques riverains. Cette route constitue un passage important pour les déplacements dans le secteur de Mpoungou et est également empruntée par des poids lourds qui circulent entre Okondja et Makokou.
Dès lors, la question devient préoccupante : que pourrait-il se produire si un gros porteur venait à accrocher l’un de ces câbles ? La question n’est pas de prédire un accident. Elle est de rappeler une évidence : lorsqu’une installation électrique dégradée se trouve à proximité d’une voie de circulation, particulièrement fréquentée par des véhicules de grande taille, le risque doit être traité avant qu’il ne se transforme en drame. Un câble sous tension qui tombe, un véhicule qui le heurte, un poteau qui cède, un passant qui s’en approche par inadvertance : autant de scénarios qui justifient, à eux seuls, une intervention rapide et une mise en sécurité de la zone.
Combien faudra-t-il attendre ?
C’est ici que le silence devient difficile à comprendre. Etant donné que la situation dure depuis plus d’un mois, combien de temps faudra-t-il encore attendre ? Faut-il attendre qu’un camion accroche un câble ? Qu’un passant soit électrocuté ? Qu’un accident survienne pour que l’on découvre que le danger était pourtant visible ?
La responsabilité de la sécurité d’une installation électrique relève d’abord des services compétents, notamment de la SEEG pour ce qui concerne le réseau. Mais la sécurité de l’espace public interpelle également les autorités locales. Lorsqu’un danger manifeste est signalé dans une zone habitée et fréquentée, le minimum est de s’assurer qu’il soit signalé, isolé et traité dans les meilleurs délais.
Il ne s’agit donc pas ici de distribuer des accusations à l’aveugle. Il s’agit de poser une question simple : qui a été informé, qui devait intervenir et pourquoi cette situation perdure-t-elle ?
À Mpoungou, le danger ne demande pas une étude supplémentaire pour être vu. Il suffit de regarder. Ces fils pendent. La population passe dessous. Les gros porteurs passent à proximité. Et depuis plus d’un mois, la situation perdure. Alors, faut-il attendre l’accident pour agir ?
À Okondja, on ne devrait pas attendre que le danger fasse des victimes pour reconnaître qu’il existait. Le risque est déjà là. Il est visible. Il ne reste plus qu’une chose à faire : le supprimer avant qu’il ne soit trop tard.
