La récente et odieuse sortie vidéo de l’activiste Landry Mbeng, alias « Lanlaire », a provoqué une levée de boucliers et une vague d’indignation sans précédent à travers le Gabon. En s’en prenant de manière ignoble au président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, ainsi qu’à son épouse et à sa mère, le cyber-agitateur a franchi les frontières de l’indécence. Loin d’une quelconque contradiction politique, ce déversement d’insanités met le peuple gabonais face au miroir de sa propre tolérance envers des individus à l’éducation totalement manquée, qui confondent l’activisme républicain avec la délinquance verbale.
L’impolitesse crasse érigée en projet politique : l’imposture Lanlaire. La vidéo de Landry Mbeng n’est pas une simple maladresse, elle est le symptôme d’une pathologie comportementale généralisée chez une partie des activistes gabonais. Pour les observateurs de notre société, l’argument d’une supposée « folie » ne tient pas : n’ayant jamais été vu déambulant nu dans les rues, Lanlaire jouit de toutes ses facultés intellectuelles.
C’est donc son niveau d’éducation, d’éthique et de moralité qui est directement en cause. « Une dent pourrie fait sentir toute la bouche », rappelle à juste titre l’adage populaire. Aujourd’hui, c’est l’ensemble de la corporation des donneurs de leçons et des lanceurs d’alerte autoproclamés qui se retrouve clouée au pilori par des patriotes révoltés. Ces derniers refusent désormais à ces influenceurs toxiques le moindre droit de cité ou de magistère moral sur la vie de la Nation.

Recadrage républicain : critiquer n’est pas insulter
Dans une tribune libre particulièrement incisive publiée sur les réseaux sociaux, Joachim Mbatchi Pambou, président du Forum pour la défense de la République (FDR) et ancien candidat à l’élection présidentielle de 2023, ne mâche pas ses mots : « Dans une démocratie, on peut critiquer le président de la République. On peut contester son bilan, dénoncer ses choix, combattre sa politique et réclamer son départ. C’est même le propre d’une démocratie vivante. Mais combattre politiquement un homme d’État ne signifie pas avoir le droit de l’insulter, encore moins d’étendre les attaques à son épouse ou aux membres de sa famille. »
L’homme politique met à nu le moteur pervers de ce cyber-activisme de caniveau : une course effrénée au « buzz » et aux algorithmes. Depuis plusieurs années, ces mercenaires du clic ont transformé le débat d’idées en une foire d’empoigne et une compétition de grossièretés. Pour exister numériquement, il faudrait être plus provocateur, plus ordurier et plus spectaculaire que son voisin, afin d’accumuler les « likes » et de monnayer son audience.
Le piège de la valorisation : le modèle biaisé de la réussite politique
Ce phénomène pose une question cruciale sur la responsabilité collective et les signaux envoyés à la jeunesse gabonaise. Depuis le coup de libération du 30 août 2023, le président de la République a fait le choix de la magnanimité et de l’inclusion en ouvrant largement les portes du pouvoir à certains activistes. Plusieurs d’entre eux ont été nommés à des postes de responsabilité, intégrés aux cercles institutionnels ou associés à des délégations officielles à l’étranger.
Initialement pensée comme un levier d’unité nationale et d’inclusion républicaine pour un développement national harmonieux, cette magnanimité du président de la République est pourtant devenue la pierre d’achoppement du système.
Pour une partie des cyber-activistes, cette main tendue a été perçue comme un message pervers, accréditant l’idée que l’invective est désormais la seule voie d’accès aux promotions institutionnelles.
Des nominations perçues comme une prime à la vulgarité
Les exemples de cette dérive pullulent. L’opinion garde en mémoire les trajectoires de figures de la Toile comme Stéphane Nzeng, Laurence Ndong ou encore l’activiste Parfait Eyi, dont les virulentes attaques passées, notamment contre des personnalités historiques de l’opposition comme Jean Ping, semblent avoir été payées en retour. Pour de nombreux citoyens, leurs nominations ultérieures, parfois à de prestigieux postes de directeurs généraux, directeurs généraux adjoints ou au sein de ministères clés, ont été interprétées comme une véritable prime à l’impunité et à la vulgarité. Une politique de récompense qui, loin d’apaiser le débat public, a institutionnalisé le chantage numérique comme outil de gestion de carrière.
Le revers de cette diplomatie du compromis est aujourd’hui dévastateur. En observant cette valorisation de la contestation radicale, une partie de la jeunesse a naturellement déduit une règle amorale : pour réussir sous la Ve République et « manger » à la table de la République, il faudrait faire du bruit, provoquer, insulter et franchir les limites de la décence élémentaire. Cette prime à l’impolitesse a créé une inversion des valeurs où le mérite, la compétence et le travail s’effacent devant le chantage numérique.
Le réveil national contre les marchands de haine
Le chef de l’État l’a rappelé lors d’un entretien mémorable avec le journaliste Chamberland Moukouama : « Je n’ai jamais empêché quelqu’un de me critiquer. » Mais la critique républicaine ne saurait être un permis d’agresser l’intimité des familles et de piétiner nos valeurs bantoues de respect envers les aînés et la femme.
La circulation récente sur la Toile d’une liste de cyber-activistes émargeant prétendument sur les fonds secrets du budget présidentiel, bien que son authenticité n’en soit pas formellement établie, a fini par écœurer l’opinion nationale. Elle pose la question légitime des critères de reconnaissance au sein de la patrie. Une République digne de ce nom ne se construit pas à coups de compteurs de vues ou de distributions de prébendes à des maîtres-chanteurs. Elle s’édifie sur des institutions fortes, des compétences techniques avérées, du courage managérial et des citoyens dévoués à l’intérêt général.
Le Gabon n’est pas une terre d’anarchie. Nulle part ailleurs dans le monde on n’observe un niveau de débat aussi bas, où des analphabètes politiques tentent de faire passer leur vulgarité crasse pour une posture d’opposition. Il est temps que la justice et la conscience citoyenne balayent ces imposteurs pour restaurer la dignité du débat public gabonais.











