La capitale gabonaise a bénéficié, ce samedi 11 juillet 2026, d’une importante conférence consacrée à l’autonomisation, à l’épanouissement et à la réinsertion sociale des jeunes mères. Initiée par l’association Jeune Femme Ose (JFO), une organisation sous la houlette de sa présidente Danielle Mboumba, cette rencontre citoyenne s’est déroulée dans la salle Basile Allainmat Mahiné du ministère de la Jeunesse, des Sports, du Rayonnement culturel et des Arts. Les débats ont gravité autour d’un fil conducteur évocateur : « Jeune femme mère, fière et digne pour la Nation ».
Pour aborder cette problématique cruciale, l’événement s’est articulé autour de trois panels de haut niveau. Ces sessions ont été animées par un parterre de figures inspirantes issues de divers horizons professionnels : Pepecy Ogoulinguede, mentor en mindshifting (changement de mentalité), Benga Bengone, traditionaliste, Angèle Assélé, artiste-chanteuse de renom, Mireille Dirat, journaliste-présentatrice et productrice, ainsi que Carina Ngolet, consultante politique. Ensemble, elles ont distillé des conseils pragmatiques sur la parentalité positive, le développement personnel, l’autonomie financière et le rôle moteur de la femme dans l’évolution de la société.
Pour la présidente de JFO, Danielle Mboumba, cette conférence répondait à l’impérative nécessité de redonner confiance à une frange de la population féminine trop souvent marginalisée et confrontée à d’âpres réalités socio-économiques. « Être mère très jeune ne doit jamais être considéré comme une fin en soi. Au contraire, c’est une responsabilité qui peut et doit devenir une véritable source de motivation », a martelé la présidente de Jeunes Femmes Osent. Elle a ensuite ajouté : « Nous voulons dire à ces jeunes femmes qu’elles ont pleinement leur place dans la société, qu’elles peuvent poursuivre leurs études, entreprendre, réussir et apporter leur pierre à l’édifice du développement de notre pays. Cette conférence se veut un espace d’écoute, de partage et surtout d’envol ».

Autonomie financière et résilience : les clés de l’émancipation
Prenant le relais, la consultante politique Carina Ngolet a exhorté les participantes à prendre conscience de leur potentiel intrinsèque tout en cultivant une solide culture de la responsabilité individuelle. « Une jeune mère doit apprendre à transmuter les épreuves en vecteurs de force. Il est primordial d’investir dans sa propre formation, de conquérir son autonomie financière et de s’affranchir de toute dépendance exclusive vis-à-vis des tiers. La dignité s’acquiert par le travail, la rigueur et l’aptitude à faire des choix éclairés pour son propre avenir et celui de son enfant. Chaque jeune femme doit s’approprier le fait qu’elle demeure l’unique architecte de son destin », a-t-elle analysé avec acuité.
Dans la même veine, Pepecy Ogoulinguede a centré son allocution sur la déconstruction des barrières psychologiques, invitant l’auditoire à s’émanciper définitivement du poids du regard social et des complexes culpabilisateurs. « Le principal verrou est d’abord mental. Il est temps de cesser de se définir à travers le prisme de ses erreurs passées ou des accidents de parcours. La maternité n’altère en rien votre valeur, vos compétences, ni la légitimité de vos ambitions. En opérant une révolution cognitive, en vous fixant des objectifs clairs et en vous entourant d’ondes positives, vous avancerez avec assurance. Une femme qui croit en elle devient un miroir inspirant pour sa progéniture et un modèle pour la communauté tout entière », a-t-elle conseillé.

Préserver les repères culturels pour bâtir une nation forte
Les autres panélistes ont, chacun selon sa sensibilité et son expertise, décliné des thématiques transversales majeures. Les échanges ont ainsi mis en lumière l’importance de la restauration des valeurs familiales, la sauvegarde des repères culturels, la consolidation de l’estime de soi, la prise en compte de la santé mentale ainsi que la contribution systémique des femmes à l’édification d’une nation forte et résiliente.

Forte du succès de ce rassemblement, l’association Jeunes Femmes Osent réaffirme sa volonté de pérenniser son action sur le terrain. L’organisation entend intensifier ses campagnes de sensibilisation, ses ateliers de formation pratique et ses programmes de mentorat de proximité. L’objectif à terme demeure inchangé : doter la jeune femme gabonaise des leviers indispensables pour se projeter sereinement vers un avenir placé sous le sceau de la dignité, de la responsabilité et de l’excellence.