Libreville déroule le tapis rouge aux investisseurs européens. Pendant quatre jours, le pays expose sa nouvelle ambition : transformer davantage ses ressources sur place pour bâtir une économie souveraine, compétitive et créatrice d’emplois qualifiés. À travers les Rencontres de l’industrie ouvertes à Libreville, le Gabon cherche à séduire davantage d’investisseurs européens afin d’accélérer la transformation locale de ses ressources et de faire émerger une économie plus créatrice de valeur et d’emplois.
Libreville accueille depuis ce mardi 23 juin les Rencontres de l’industrie au Gabon, un rendez-vous économique qui réunit jusqu’au 26 juin les autorités publiques, les industriels, les opérateurs économiques ainsi que plusieurs partenaires européens, notamment français. L’objectif affiché est de mettre en lumière les opportunités d’investissement qu’offre le pays et de renforcer les partenariats capables d’accompagner son ambition industrielle.
Au centre des discussions se trouve la place que les entreprises européennes pourraient occuper dans la stratégie gabonaise de transformation locale des ressources naturelles. Les échanges, organisés sous forme de rencontres B2B, visent à favoriser des collaborations concrètes dans plusieurs secteurs considérés comme prioritaires.
Présent à l’ouverture des travaux à la Chambre de commerce de Libreville, l’ambassadeur de France au Gabon, Fabrice Mauriès, a souligné l’intérêt grandissant des entreprises européennes pour le marché gabonais, malgré une concurrence internationale de plus en plus forte. «Nous nous réjouissons que les entreprises européennes et françaises trouvent le chemin du Gabon pour contribuer au développement d’échanges, de commerce et d’investissement ici au Gabon. Nous sommes challengers par les compétiteurs, c’est pourquoi il faut se battre et être plus convaincant que nos concurrents pour pouvoir emporter les marchés. Nous avons le retour de 30 entreprises européennes dans le domaine de l’énergie au Gabon», a-t-il déclaré.
La transformation locale, pilier du nouveau modèle économique
Pour les autorités gabonaises, ces rencontres s’inscrivent dans une dynamique plus large de réorientation économique. Le ministre de l’Industrie et de la Transformation locale, Me Lubin Ntoutoume, a rappelé la volonté du pays de rompre progressivement avec un modèle fondé sur l’exportation de matières premières brutes.
«Le Gabon s’est engagé dans une nouvelle ère, celle de la transformation locale de ses ressources naturelles et de la souveraineté productive. Notre objectif est simple : faire du Gabon, non plus un pays producteur et exportateur de matières premières brutes, mais un pays créateur de richesses, d’emplois qualifiés et de savoir-faire industriel», a-t-il affirmé.
Cette orientation repose notamment sur le développement des filières du bois, des mines, de l’agriculture, de la pêche, de l’énergie, des matériaux de construction et des industries de transformation. Une vision qui s’appuie désormais sur le Plan national de croissance et de développement (PNCD) 2026-2030.
Le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, a rappelé que ce programme prévoit d’importants investissements, dont une part majeure destinée au secteur industriel. «Notre responsabilité collective consiste désormais à transformer ces atouts en opportunités concrètes de croissance, d’investissement, d’innovation et d’emploi. C’est tout le sens de la vision portée par le chef de l’État : produire davantage au Gabon, transformer davantage au Gabon, créer davantage de valeur au Gabon et employer davantage de Gabonaises et de Gabonais», a-t-il déclaré.
Au-delà des discours, ces assises constituent surtout un test pour la capacité du Gabon à convertir ses ambitions industrielles en projets concrets. L’enjeu est désormais de transformer l’intérêt affiché des investisseurs en engagements durables afin que la transformation locale devienne réellement le moteur de la croissance, de l’emploi et de la diversification économique du pays.
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