À l’issue de la deuxième édition de Gabon Economic Forum, le 27 juin 2026 au Palais des congrès de Libreville, le président de la Fédération des entreprises du Gabon (FEG), Alain-Claude Kouakoua, a répondu aux questions de la presse. Dette intérieure, climat des affaires, CNAMGS, investissements privés et suivi des recommandations du forum : le patron de la FEG décline les priorités du secteur privé et les chantiers engagés avec les pouvoirs publics. Lecture.
Gabonclic.info : La dette intérieure a occupé une place importante dans les échanges du Gabon Economic Forum. Où en est le dossier et quelles solutions la FEG entend-elle proposer à l’État ?
Alain-Claude Kouakoua : Cette question a fait l’objet d’un atelier spécifique. Nous travaillons avec la Task-force et le ministère de l’Économie. Donnez-nous jusqu’au 15 juillet. Nous allons restructurer cette dette et proposer des mécanismes de remboursement. L’État ne peut pas régler l’intégralité de la dette en une seule fois, mais nous voulons mettre en place un échéancier permettant à chaque créancier de récupérer son dû. Nous estimons qu’un délai maximal de cinq ans serait raisonnable. Il faut également distinguer la dette certaine de la dette incertaine. Certaines créances ne reposent pas sur des dossiers suffisamment solides. Avec la Task-force et le ministère de l’Économie, nous avons identifié la dette certaine. La FEG s’est fortement impliquée dans ce travail et des propositions concrètes seront soumises à l’État d’ici au 15 juillet.

L’État a longtemps privilégié le règlement de la dette extérieure. Constatez-vous aujourd’hui une évolution concernant la dette intérieure ?
Oui. Beaucoup d’entreprises ont déjà été payées, même si elles ne communiquent pas toujours là-dessus. Depuis l’arrivée du CTRI (Comité pour la transition et la restauration des institutions, ndr), environ 50 % de la dette intérieure a été réglée. Il reste des efforts à fournir, mais un programme de remboursement est en cours d’élaboration et devrait être validé d’ici au 15 juillet.
Les entreprises membres de la FEG sont également concernées par la CNAMGS. Quelle est votre lecture de la situation actuelle ?
Il faut distinguer la dette des entreprises de celle de l’État. La CNAMGS a aujourd’hui besoin d’une restructuration. Comme cela a été rappelé récemment, environ 600 000 cotisants ne peuvent pas financer 1,5 million de bénéficiaires. Un audit est nécessaire, notamment concernant le Fonds 3, où certaines personnes continuent de bénéficier du dispositif alors qu’elles ont repris une activité. L’État fait des efforts de règlement et les entreprises également. Il faut désormais assainir le système.

À l’issue de la deuxième édition du Gabon Economic Forum en 2025, un plan d’actions avait été annoncé. Quel bilan en faites-vous aujourd’hui ?
Une partie des recommandations avait déjà commencé à être mise en œuvre sous le précédent mandat. Nous allons faire le point sur ce qui a été réalisé et sur ce qui reste à accomplir. Les recommandations non exécutées seront reprises dans le rapport de synthèse. Aujourd’hui, la FEG bénéficie d’un cadre de dialogue avec le gouvernement. Nous ne sommes pas dans une logique d’imposition, mais d’accompagnement des politiques publiques.
Le Plan national de croissance et de développement (PNCD) attend près de 18 000 milliards de francs CFA du secteur privé. Comment la FEG compte-t-elle contribuer à cet objectif ?
Le Gabon Economic Forum a été entièrement financé par les adhérents de la FEG. Dès la semaine prochaine, nous entamerons des discussions avec les ministères de la Planification et de l’Économie sur le PNCD. Il existe des opportunités de financement, mais aussi des questions de garanties qui devront être examinées. Les 18 000 milliards correspondent à des investissements structurants déjà identifiés. Nous sommes encore au stade des discussions.

La FEG est-elle prête à s’investir dans ces grands projets structurants ?
Bien sûr. La FEG couvre l’ensemble des secteurs d’activité : agriculture, élevage, infrastructures routières, chemin de fer, corridors logistiques… Et je tiens à rappeler un point important : la FEG n’est pas réservée aux grandes entreprises. L’adhésion est ouverte à tous. Donc, ne pensez pas que la FEG est uniquement composée des majors. Tout le monde peut y prendre part. C’est une corporation qui défend les intérêts de ses membres.
Plusieurs ateliers ont formulé des recommandations ambitieuses. Comment la FEG compte-t-elle s’assurer qu’elles seront effectivement mises en œuvre ?
Nous allons poursuivre le travail avec le gouvernement. Les recommandations ne peuvent pas être arrêtées unilatéralement. Elles doivent s’inscrire dans les priorités gouvernementales. Les plateformes de dialogue existent désormais et nous permettront d’assurer ce suivi. Notre rôle est d’accompagner l’État, afin de créer un environnement favorable à l’investissement. Car sans un cadre juridique et fiscal stable, les entreprises ne peuvent pas investir durablement.
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