Nouvelle ère pour le commerce dans la capitale gabonaise. Le maire Eugène Mba a officiellement déployé, ce vendredi 12 juin, le système de recouvrement électronique des taxes municipales au marché de Mont-Bouët. Une transition technologique majeure conçue pour moderniser l’administration, gonfler les caisses de l’hôtel de ville et protéger les commerçants contre les prélèvements abusifs.
Après avoir déclaré la guerre aux nuisances sonores, la mairie de Libreville s’attaque désormais au chantier de la transparence financière. Ce vendredi 12 juin, l’effervescence habituelle du grand marché de Mont-Bouët a laissé place à une démonstration de force technologique. Terminal de paiement en main, l’édile Eugène Mba s’est personnellement prêté à l’exercice en accompagnant une commerçante pour régler son droit de place via mobile money. Une validation rapide, un ticket imprimé en quelques secondes et le premier encaissement numérique de la municipalité venait de poser les jalons d’une réforme d’envergure.
La fin de l’ère des « tickets parallèles »
Inscrite dans la droite ligne des orientations de la Présidence de la République pour la dématérialisation des services publics, cette transition sonne le glas des paiements manuels. Historiquement pointés du doigt, les contrôles physiques favorisaient l’émergence de réseaux de corruption et de contestations chroniques entre commerçants et contrôleurs. « Les plaintes répétées des opérateurs économiques face aux abus de certains agents de terrain sont réelles. La généralisation des paiements électroniques va drastiquement couper court à ces dérives », a déclaré Eugène Mba, maire de Libreville
Désormais, chaque transaction génère un reçu électronique infalsifiable. Pour les commerçants, ce document fait office de bouclier juridique et de preuve de paiement incontestable face aux brigades de contrôle municipaux.
Une base de données pour plus d’équité fiscale
Au-delà de la lutte contre le racket, l’hôtel de ville déploie une stratégie globale de rationalisation économique. L’ensemble des commerçants de la capitale sera progressivement répertorié au sein d’un fichier centralisé. Cet outil permettra de cartographier précisément le tissu commercial, d’ajuster les redevances de manière plus équitable et d’obtenir une visibilité macroéconomique en temps réel sur la santé financière des marchés de Libreville.
Pour piloter sa stratégie, l’exécutif municipal s’est doté d’un tableau de bord de suivi budgétaire en temps réel. Les premiers indicateurs internes confirment déjà la viabilité des systèmes numériques de la mairie : 266 millions de francs CFA, C’est la somme exacte générée par la régie numérique de l’état civil entre la mi-janvier et la mi-juin 2026.
En sécurisant ses canaux de collecte de revenus et en éliminant les fuites financières, la mairie de Libreville entend décupler ses capacités d’autofinancement. Une marge de manœuvre cruciale pour amorcer les futurs grands chantiers d’infrastructures et de développement de la capitale.

