Le destin d’Odile Gercia Mbina Ikapi, 17 ans, s’est brisé dans la nuit du 24 au 25 juillet au quartier Dourouni, dans le 1er arrondissement de Mouila. Alors qu’elle célébrait son admissibilité au baccalauréat, le pick-up à bord duquel elle se trouvait a effectué une violente sortie de route. La jeune fille a péri sur le coup, tandis que huit autres adolescents ont été blessés, dont deux luttent encore entre la vie et la mort. Récit d’une nuit d’allégresse brutalement fauchée par l’asphalte.
Il est approximativement 3 heures du matin lorsque le silence de la nuit de Mouila est fracassé par un effroyable bruit de tôles froissées. Au volant d’un pick-up Toyota Hilux, Christopher Mihindou Mihindou, un jeune homme de 20 ans, remonte la chaussée en direction du lycée Saint-Gabriel. À son bord, l’ambiance est encore à la fête. Neuf passagers s’entassent dans l’habitacle et sur la benne arrière.
Une course folle dans la nuit ngouniéenne
L’allégresse tourne court au niveau du carrefour de la centrale thermique de la SEEG. Lancé à vive allure, le véhicule échappe soudainement au contrôle de son conducteur. Déséquilibré, le pick-up quitte violemment la route avant d’enchaîner une série de tonneaux dévastateurs. Sous l’impact répété des chocs, les adolescents installés à l’arrière sont catapultés sur le bitume. À l’intérieur de la cabine, le sort s’acharne : Odile Gercia Mbina Ikapi, élève en classe de Terminale D au collège Saint-Gabriel, meurt sur le coup, captive de la carcasse de métal.

De l’ivresse du baccalauréat aux urgences hospitalières
La victime et ses compagnons, âgés de 10 à 23 ans, sacrifiaient quelques heures plus tôt à la traditionnelle « nuit du Corbeau ». Cette veillée rituelle, rythmée par des feux de camp et des soirées festives, rassemble chaque année les candidats dans l’attente ou la célébration des résultats du baccalauréat. Pour Odile, fraichement proclamée admissible, cette nuit devait être celle d’un avenir prometteur. Elle sera sa dernière.
Alertés par les témoins de la scène, les secours ont convergé vers le quartier Dourouni pour évacuer en urgence les huit blessés vers le Centre hospitalier régional (CHR) de Mouila. Le bilan médical est lourd. Deux adolescents gisent actuellement en réanimation, plongés dans le coma. Parmi eux, le cas de Bruce Jérémie Gangou Mihindou, 19 ans, suscite l’inquiétude extrême du corps médical : victime d’une grave hémorragie cérébrale, son pronostic vital reste engagé.
L’heure de l’enquête et du deuil
Au lendemain du drame, la ville de Mouila s’est réveillée sous le choc, plongée dans une profonde affliction. Le conducteur, sorti indemne de l’accident, s’est spontanément présenté aux forces de l’ordre à la gendarmerie. Sur instructions fermes du parquet, il a immédiatement été transféré et placé en garde à vue au commissariat de police de la ville.
Une enquête judiciaire a été ouverte pour déterminer les responsabilités et éclairer les circonstances exactes de cette tragédie, vitesse excessive, fatigue ou imprudence. Alors que les familles des victimes veillent au chevet des survivants, Mouila pleure une enfant de la République dont le rêve d’enseignement supérieur s’est éteint un soir de juillet sur le bord d’une route nationale.









