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Gabon : A l’ENAM, le ministre Paul Ulrich Kessany face au naufrage du temple des arts gabonais

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Ce lundi 1er juin 2026, le ministre de la Culture a effectué une visite d’inspection sans complaisance au sud de Libreville. Face aux infrastructures délabrées et au désarroi des étudiants, le gouvernement promet une refondation urgente pour cette institution historique.

Le constat est clinique et l’urgence, absolue. Ce lundi 1er juin 2026, Paul Ulrich Kessany, ministre de la Jeunesse, des Sports, du Rayonnement culturel et des Arts, a brisé la routine des cabinets ministériels pour se rendre au sud de la capitale. Sa destination : l’Ecole Nationale d’Art et Manufacture (ENAM), l’un des plus anciens fleurons de la formation artistique au Gabon. Officiellement présentée comme une visite de prise de contact, cette descente impromptue a rapidement pris les traits d’une opération de sauvetage face à une institution en état de mort cérébrale logistique.

L’état des lieux sans filtre d’un patrimoine en ruine

Loin des circuits balisés, le membre du gouvernement a exigé une inspection complète et minutieuse des installations. Salles de cours aux plafonds menaçants, ateliers d’art dépourvus de matières premières, équipements pédagogiques obsolètes ou en panne : le ministre a mesuré l’ampleur du fossé qui sépare le prestigieux passé de l’ENAM de sa douloureuse réalité quotidienne.

Gabon : A l'ENAM, le ministre Paul Ulrich Kessany face au naufrage du temple des arts gabonais

Ce diagnostic de terrain confirme ce que les observateurs du secteur pointent depuis plus d’une décennie : l’abandon progressif des structures de transmission culturelle au profit d’urgences bureaucratiques. Pour l’ENAM, le point de rupture semble atteint.

Dialogue de vérité avec les oubliés de la culture

Le point d’orgue de cette journée s’est joué lors d’un échange direct, franc et parfois tendu avec le corps enseignant et le collectif des étudiants. Sans s’abriter derrière la langue de bois administrative, Paul Ulrich Kessany a choisi de mettre les cartes sur la table. Manque criant de budgets de fonctionnement, dégradation avancée du bâti, précarité des conditions de travail et d’apprentissage, tous les tabous ont été levés.

« Il ne sert à rien de masquer la réalité avec des rapports édulcorés », a laissé entendre le ministre face à son auditoire. Pour les élèves, cette écoute sans intermédiaire représente une lueur d’espoir après des années de promesses sans lendemain. L’ambition affichée est de solder les passifs pour préparer un plan de relance crédible.

Le chantier de la refondation est ouvert

Au-delà du symbole politique, cette visite marque l’acte de naissance d’un projet de refondation profonde. L’ENAM ne peut plus rester ce monument poussiéreux du patrimoine national, elle doit redevenir l’incubateur de l’économie créative gabonaise, à l’heure où le numérique et les industries culturelles offrent de réels débouchés à la jeunesse.

Le message délivré par le ministre à l’issue de ce périple se veut un engagement de rupture. Le temps des annonces à effet d’annonce est révolu, place désormais à la budgétisation des travaux de réhabilitation et à la modernisation des outils de travail. Le redressement de l’ENAM s’impose désormais comme le premier grand test de la politique culturelle du gouvernement.

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