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Gabon : L’étau se maintient sur les réseaux sociaux dans l’attente d’un tournant législatif

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Trois mois après le black-out numérique imposé au Gabon, le gouvernement brise le silence. Le vice-président de l’exécutif, Hermann Immongault, lie désormais le rétablissement des plateformes à l’adoption d’un arsenal juridique strict. Une posture de fermeté qui asphyxie l’économie digitale et exaspère une population coupée du monde virtuel.

L’explication officielle est enfin tombée, mais elle n’apporte aucune perspective de réouverture immédiate. Invité mercredi sur les plateaux de la chaîne publique Gabon 1ère, le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, a défendu une mesure présentée comme un mal nécessaire. Selon lui, cette suspension prolongée répond à un impératif de souveraineté numérique : réformer, encadrer et dompter un espace virtuel jugé hors de contrôle.

Pour transformer cette volonté en loi, l’exécutif s’apprête à engager une course de fond législative. Un projet de ratification, piloté par le ministère de l’Economie numérique, sera prochainement défendu devant les deux chambres du Parlement. Ce texte aura la lourde tâche de codifier l’usage des réseaux sociaux, de tracer les lignes rouges pour les utilisateurs et de brandir des sanctions contre les opérateurs récalcitrants.

Le flou persistant sur le calendrier de reconnexion

Sur le terrain de la réouverture, le pouvoir maintient le flou artistique. Le sort de millions de connectés gabonais repose désormais entre les mains de la Haute Autorité de la Communication (HAC). C’est cette instance, déjà initiatrice de la censure, qui aura la charge d’évaluer l’efficacité du futur dispositif étatique avant d’envisager le moindre déconfinement numérique.

Hermann Immongault s’est montré inflexible sur les préalables à remplir. Aucun retour à la normale ne sera acté sans une identification rigoureuse de tous les acteurs de l’écosystème numérique et une vérification pointilleuse des critères de sécurité édictés par l’Etat. En clair, le gouvernement exige une reprise en main totale du secteur avant de lever les verrous.

Une économie asphyxiée et une grogne sociale ascendante

Cette fermeté institutionnelle se heurte à la réalité dramatique du quotidien des Gabonais. Dans les rues de Libreville comme à l’intérieur du pays, l’incompréhension a laissé place à la colère. Ce blocus numérique prolongé frappe de plein fouet les forces vives de la nation. Journalistes entravés dans la collecte d’informations, start-ups au bord de la faillite, cyber-commerçants privés de visibilité et citoyens isolés partagent le même sentiment de punition collective.

En privant le pays de ses canaux de communication modernes, les autorités grippent les rouages d’une économie digitale pourtant essentielle à la croissance nationale. Alors qu’aucune date de retour à la normale ne pointe à l’horizon, le Gabon s’installe dans une transition numérique incertaine, suspendu au calendrier politique d’un Parlement qui détient désormais les clés de la connexion.

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