Le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a accordé mercredi une audience stratégique au magnat marocain Anas Sefrioui, PDG du groupe Cimaf. Au cœur des échanges au Palais Rénovation : une extension industrielle majeure pour briser les pénuries de matériaux alors que les grands chantiers nationaux s’accélèrent.
Face à l’explosion de la demande de matériaux de construction, stimulée par la multiplication des infrastructures lancées par l’Etat, le Gabon muscle ses capacités industrielles. Reçu au sommet de l’Etat, le patron des Ciments de l’Afrique (Cimaf) est venu acter l’accélération d’un projet d’extension d’envergure. L’enveloppe globale mise sur la table s’élève à 40 millions d’euros, soit près de 26 milliards de francs CFA.
Cet investissement massif doit permettre de déployer une troisième ligne de production moderne et d’agrandir la clinkerie locale de Cimaf Gabon. L’objectif est double : sécuriser l’approvisionnement en ciment sur tout le territoire et accompagner la feuille de route du gouvernement en matière de construction routière et immobilière.
Le pari de l’emploi local et du développement durable
Au-delà de l’enjeu logistique, ce partenariat public-privé s’annonce comme une bouffée d’oxygène pour le marché de l’emploi national. Selon les prévisions détaillées par les dirigeants du groupe marocain, le chantier d’extension va mobiliser près de 1 400 travailleurs durant la phase active des travaux. A terme, ce sont 500 emplois permanents qui seront créés pour faire tourner l’usine à plein régime.
Pour le chef de l’État, cette alliance s’inscrit dans une doctrine économique claire : privilégier les investisseurs étrangers capables d’injecter des capitaux frais tout en garantissant des retombées sociales immédiates. L’exécutif entend lier le développement industriel à la création de valeur ajoutée locale pour sortir de la dépendance aux importations de matériaux de base.
L’infrastructure, clé de voûte de la Ve République
Ce rapprochement avec le géant cimentier marocain souligne l’urgence pour le pouvoir de Libreville de livrer ses grands projets d’aménagement dans les temps. Routes, logements sociaux, édifices publics : le Gabon est en chantier permanent, et la disponibilité du ciment à un prix compétitif reste le principal goulet d’étranglement de cette politique de relance.
En affichant son soutien total à Cimaf, le président Oligui Nguema réaffirme son ambition de transformer le tissu économique gabonais par des partenariats industriels structurants. Reste désormais à transformer ces promesses d’investissements en chantiers visibles pour les populations en quête de logements et d’infrastructures modernes.

