A l’occasion du sommet Africa Forward au Kenya, le Chef de l’Etat, Brice Clotaire Oligui Nguema, et la PDG du groupe Eramet, Christel Bories, ont tracé les contours d’une révolution minière. A l’horizon 2029, le manganèse gabonais ne sera plus seulement extrait, mais transformé sur place, un tournant décisif pour l’économie nationale.
Nairobi a été le théâtre d’une avancée majeure pour le secteur extractif gabonais. En recevant Christel Bories en audience, le Président de la République a réaffirmé une ambition non négociable : la fin du modèle de l’exportation brute du manganèse. Pour Brice Clotaire Oligui Nguema, la transformation locale est le levier indispensable pour capter la valeur ajoutée, muscler le PIB et, surtout, générer des milliers d’emplois pour la jeunesse gabonaise.
L’engagement est désormais gravé dans le calendrier. Christel Bories a confirmé que le projet de transformation du manganèse est entré dans sa « phase opérationnelle ». Dès janvier 2029, le Gabon passera du statut de simple producteur à celui d’acteur industriel majeur.
Mais pour porter une telle ambition, le pays doit disposer d’une colonne vertébrale logistique infaillible. A cet effet, la patronne d’Eramet a annoncé un nouveau cycle de financements destinés à la modernisation du Transgabonais. Ce chantier, piloté par la SETRAG, vise à sécuriser et augmenter les capacités du rail, condition sine qua non pour fluidifier le transport des minerais vers les futures unités de transformation.
Souveraineté : L’Etat renforce son ancrage dans le capital
L’autre volet majeur de cet échange porte sur la gouvernance. Le Gabon affiche clairement sa volonté de monter au capital du groupe Eramet. Ce projet d’augmentation de capital, qui respectera les droits préférentiels des actionnaires actuels, sera soumis au vote lors de l’assemblée générale du 27 mai prochain.
Cette montée en puissance de l’Etat gabonais dans l’actionnariat du géant minier témoigne d’une volonté de contrôle stratégique sur ses ressources. En devenant un partenaire financier de premier plan, Libreville s’assure une voix prépondérante dans les décisions qui engagent l’avenir de son sous-sol.
En couplant modernisation ferroviaire, transformation industrielle et renforcement de l’actionnariat de l’Etat, le tandem Libreville-Eramet envoie un signal de stabilité et d’ambition. Reste désormais à tenir le cap technologique et financier pour que l’échéance de 2029 devienne le point de départ d’un nouveau cycle de prospérité pour le Gabon.

