Le gouvernement gabonais vient de donner un coup d’accélérateur décisif à la souveraineté sanitaire. Lors d’une journée portes ouvertes ce vendredi 8 mai à Libreville, la ministre de la Santé a annoncé que 70 % des achats de médicaments des structures publiques seront désormais centralisés par l’OPN. Une stratégie de « choc »pour briser le cycle des ruptures de stocks.
Finie la dispersion des budgets de santé vers des intermédiaires privés parfois coûteux ou imprévisibles ? C’est en tout cas l’ambition affichée par l’Office Pharmaceutique National (OPN). Sous le thème de l’accessibilité à coût réduit, l’établissement public a reçu un soutien politique de poids qui pourrait transformer le quotidien des usagers.
La décision, annoncée par Elsa Nkana Joséphine Ayo épouse Bivigou, ministre de la Santé, est un véritable virage structurel. « Dès ma prise de fonction, j’ai instruit que 70 % des dotations budgétaires des formations sanitaires soient disponibles via l’OPN », a-t-elle déclaré.
L’objectif est triple : massifier les achats pour obtenir de meilleurs tarifs auprès des laboratoires internationaux. Harmoniser les stocks pour éviter que certains hôpitaux croulent sous les produits quand d’autres font face à la pénurie. Réduire la dépendance aux circuits d’approvisionnement opaques.
Autopsie d’un système défaillant
Si l’outil existe, avec des représentations dans les neuf provinces du pays, son efficacité a souvent été mise à rude épreuve. Entre lourdeurs administratives et logistique défaillante, l’OPN a parfois peiné à remplir sa mission première : acheminer le médicament au plus près des populations reculées.
En toute transparence, la Direction Générale de l’Office a reconnu les failles actuelles lors de cet événement. Pour y remédier, une réforme musclée reposant sur la digitalisation de la chaîne de commande et la sécurisation financière des paiements est en cours de déploiement. L’idée est de passer d’une gestion réactive à une anticipation rigoureuse des besoins nationaux.
Le pragmatisme comme seul juge
Loin de l’ambiance protocolaire, la réalité du terrain reste le seul indicateur de succès pour cette réforme. Les stands d’exposition et les projections documentaires présentés ce vendredi visaient à rassurer les partenaires sur les nouvelles capacités techniques de l’OPN.
Toutefois, le message de clôture de l’événement était sans ambiguïté : derrière les chiffres et les piliers de la réforme, l’attente sociale est immense. Pour les Gabonais, la réussite de cette « reprise en main » par l’OPN ne se mesurera pas au montant des dotations budgétaires, mais à la disponibilité immédiate du médicament en pharmacie hospitalière.

