Face à l’incertitude qui plane sur le football gabonais, les instances faîtières ont tranché. Par un communiqué conjoint publié ce vendredi 8 mai 2026, la FIFA et la CAF ont confirmé le maintien du Comité exécutif actuel. Une décision qui offre un sursis à Pierre-Alain Mounguengui, tout en fixant un cap strict pour la transition administrative de la fédération.
C’est un dénouement attendu qui clarifie, pour un temps, l’horizon du football national. A travers une correspondance adressée à l’instance fédérale gabonaise, la FIFA et la CAF ont annoncé officiellement le maintien en fonction de l’actuel Comité exécutif de la Fédération gabonaise de football (Fégafoot). Pierre-Alain Mounguengui et son équipe conservent ainsi les rênes de l’institution, malgré les turbulences récentes.
Cette intervention des instances internationales survient après plusieurs mois de tensions extrêmes entre la fédération et le ministère des Sports. Le football gabonais est en effet plongé dans une crise institutionnelle depuis le « séisme » de la CAN 2025, marqué par l’élimination précoce des Panthères et la dissolution du staff technique par le gouvernement.
Plus récemment, le ministère des Sports a suspendu le processus électoral prévu pour avril 2026, invoquant des « irrégularités administratives » et le fait qu’une immense majorité des clubs seraient hors cadre légal. Cette impasse menaçait le Gabon de sanctions internationales pour ingérence politique, poussant la FIFA et la CAF à intervenir pour stabiliser le navire fédéral.
Un bail prolongé jusqu’à fin 2026
Selon les directives des deux organisations, le bureau actuel restera en place jusqu’à la tenue des prochaines élections, dont l’échéance butoir a été fixée au 31 décembre 2026. Ce délai doit permettre de stabiliser l’institution, bien que la FIFA et la CAF précisent qu’elles «poursuivent encore leur évaluation de la situation » avant de valider définitivement les contours du futur processus électoral.
L’instance mondiale et sa branche africaine ne se contentent pas d’un simple maintien de l’exécutif, elles exigent un assainissement en profondeur. Le communiqué appelle explicitement les autorités gabonaises à procéder à une régularisation administrative complète de la Fégafoot et de ses membres statutaires.
Cette mise en conformité devra se faire sous l’œil vigilant de l’Etat, en collaboration étroite avec les ministères des Sports et de l’Intérieur. L’objectif est de sortir la fédération d’un flou juridique qui paralyse son fonctionnement.
Un « guichet unique » pour accélérer la transition
Pour accompagner cette mutation, une mesure exceptionnelle a été annoncée : la mise en place d’un guichet unique. Ce dispositif technique sera chargé de centraliser et de faciliter les démarches administratives nécessaires à la mise à jour des statuts et des listes de membres. L’ensemble de ce processus devra être finalisé au plus tard à la fin du mois d’octobre 2026.
Pierre-Alain Mounguengui, l’inoxydable ?
À 68 ans, l’ancien arbitre international demeure le visage incontournable du football gabonais. Elu pour la première fois à la tête de la Fégafoot en 2014, puis réélu en 2018 et 2022, Pierre-Alain Mounguengui entame avec cette décision de la FIFA ce qui ressemble à une extension de son troisième mandat.
Son parcours récent a pourtant été marqué par des épreuves judiciaires et sportives. Incarcéré pendant six mois en 2022 avant d’être libéré, il a toujours clamé son innocence face aux accusations de non-dénonciation de crimes de pédophilie dans le milieu du football national. Ce maintien par la FIFA témoigne de la volonté des instances internationales de privilégier la continuité institutionnelle face aux pressions politiques locales.

