AccueilA La UneGabon : Pour le vendredi traditionnel, Estelle Flore Angangou plaide pour une autre lecture

Gabon : Pour le vendredi traditionnel, Estelle Flore Angangou plaide pour une autre lecture

Publié le
Écouter cet article

Depuis l’adoption en Conseil des ministres, le 30 avril 2026, du projet de décret rendant obligatoire le port de la tenue africaine tous les vendredis au sein de l’administration publique, les réactions restent contrastées. Si certains Gabonais saluent une initiative valorisant l’identité culturelle nationale, d’autres n’y voient qu’une mesure secondaire face aux réels défis socio-économiques du pays. Dans ce débat qui agite l’opinion, Estelle Flore Angangou, Président du conseil d’administration de l’AGATOUR, a choisi de livrer sa lecture de la décision gouvernementale.

Pour le PCA d’AGATOUR, les critiques formulées contre la mesure passent à côté de l’essentiel. «Quand un sage montre la lune, l’idiot regarde le doigt », lance-t-elle pour illustrer ce qu’elle considère comme une mauvaise interprétation de la réforme. Selon elle, au-delà de l’aspect symbolique, cette décision constitue un levier de valorisation culturelle. Elle estime qu’en imposant la tenue traditionnelle tous les vendredis, l’Etat entend faire de l’administration publique « un espace reflétant le patrimoine culturel national », tout en participant à une forme de réappropriation identitaire.

Estelle Flore Angangou insiste également sur les retombées économiques potentielles. «Cette obligation du port du pagne est une aubaine pour les petits métiers. C’est un soutien à l’entrepreneuriat », soutient-elle. A l’en croire, couturiers, stylistes, vendeurs de prêt-à-porter africain, designers textiles, importateurs de pagnes ou encore écoles de couture pourraient bénéficier de cette nouvelle dynamique. Elle regrette toutefois qu’un secteur aussi porteur soit encore largement occupé par des opérateurs étrangers.

L’urgence d’une production locale du textile

Dans son analyse, elle relève que cette mesure pourrait même raviver le débat sur la relance de l’industrie textile nationale. Elle rappelle que le Gabon a déjà connu une expérience dans ce domaine avec la Société des Textiles du Gabon (Sotega). Pour elle, la décision des autorités devrait, à terme, s’accompagner d’une politique plus ambitieuse de production locale afin de créer davantage d’emplois et encourager la consommation nationale.

Alors que la polémique enfle sur les réseaux sociaux, Estelle Flore Angangou invite plutôt les Gabonais à percevoir les opportunités derrière cette réforme. « Développer un pays, c’est aussi savoir créer des opportunités d’affaires et d’emplois », affirme-t-elle. Un point de vue qui relance le débat sur la portée réelle de cette décision gouvernementale.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici
Captcha verification failed!
Le score de l'utilisateur captcha a échoué. Contactez nous s'il vous plait!

Articles similaires

Dernières nouvelles

Les + Lus