AccueilSociétéSantéGabon : Faut-il finalement croire à un grand bluff de la couverture santé de la CNAMGS ?

Gabon : Faut-il finalement croire à un grand bluff de la couverture santé de la CNAMGS ?

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La Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS) n’est plus ce bouclier social promis aux travailleurs gabonais. C’est devenu un trou noir financier. Alors que les salariés du secteur privé et parapublic s’acquittent de leurs cotisations avec une ponctualité exemplaire, la contrepartie, elle, s’évapore. Au moment de passer à la caisse pour sa santé, le travailleur découvre l’amère réalité : son badge d’assuré n’est plus qu’un morceau de plastique sans valeur.

Le scénario est devenu un sport national : cliniques et pharmacies ferment leurs portes aux assurés, brandissant des arriérés de factures que la CNAMGS semble incapable, ou refuse d’honorer. Résultat : le salarié, déjà ponctionné à la source, doit ressortir son portefeuille pour payer plein pot ou souscrire à une assurance complémentaire privée. C’est la double peine. On ne soigne plus, on bricole, on retarde les traitements, et dans le pire des cas, on renonce.

La crise de janvier 2025, où le syndicat des pharmaciens (Sypharga) avait dû suspendre les prestations pour ne pas couler, n’était qu’un avertissement sans frais. Les accords de façade et les « listes de médicaments » publiées en grande pompe ne sont aujourd’hui que des chiffons de papier. Sur le terrain, le médicament est devenu un luxe inaccessible pour celui qui compte sur sa couverture sociale.

Le privé : la vache à lait d’un système à la dérive ?

Le scandale est là : l’argent des travailleurs du privé, le fonds le mieux alimenté du système, sert manifestement de variable d’ajustement. En violation flagrante du principe d’étanchéité des fonds, les cotisations de ceux qui produisent la richesse du pays sont détournées pour boucher les trous béants laissés par les défaillances de l’établissement.

La question n’est plus de savoir si le système fonctionne mal, mais de savoir où va réellement l’argent. Entre redevances obligatoires, subventions étatiques et placements, la CNAMGS brasse des milliards. Pourtant, l’opacité règne. Ce n’est plus de la gestion, c’est de la prestidigitation budgétaire.

La fuite en avant : le mirage du « Fonds 4 »

Plutôt que d’assainir ses finances et de respecter ses engagements envers ses contributeurs historiques, l’organisme choisit la fuite en avant. En lançant officiellement le « Fonds 4 » début avril pour intégrer les travailleurs indépendants, la CNAMGS fait preuve d’un cynisme déroutant. Pourquoi étendre la couverture alors que la maison brûle ? Est-ce une réelle volonté d’inclusion, ou une quête désespérée de nouvelles liquidités pour maintenir à flot un paquebot qui prend l’eau de toutes parts ?

La fin du contrat social

Ce qui se joue ici dépasse le simple dysfonctionnement administratif. C’est une rupture brutale du contrat social. En transformant ses meilleurs contributeurs en vaches à lait, la CNAMGS insulte ceux qui font l’économie gabonaise. Les travailleurs ne réclament pas de charité, ils exigent le service pour lequel ils ont déjà payé.

Si la transparence et l’équité ne sont pas rétablies d’urgence, la CNAMGS ne sera bientôt plus qu’une coquille vide, un symbole de plus d’une injustice structurelle que les travailleurs ne pourront plus supporter longtemps.

Le panier de soins, une promesse de papier

Sur le papier, le « contrat » CNAMGS est séduisant. En échange de cotisations obligatoires (prélevées directement sur le salaire brut), l’assuré est censé bénéficier : d’une prise en charge de 80 % à 90 % sur les consultations et actes médicaux ; d’un ticket modérateur réduit à 10 % pour les médicaments essentiels ; d’une gratuité totale (100 %) pour les pathologies de longue durée (cancer, hypertension, diabète).

La réalité du terrain est toute autre. Ce panier de soins est devenu une coquille vide. Alors que les prélèvements ne souffrent d’aucun retard, l’accès aux soins est conditionné par le bon vouloir de prestataires exténués par les factures impayées. Pour l’assuré, le « remboursement » est remplacé par le « paiement intégral de poche ». C’est une spoliation pure et simple : on achète un service que la CNAMGS s’avère incapable de livrer.

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