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Gabon/Élections professionnelles 2026 : Magloire Memiaga dénonce un “chaos organisé” et un scrutin “truqué”

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Dans une interview accordée à notre confrère INFOSUD TV, Magloire Memiaga, secrétaire général par intérim du Syndicat de l’Éducation Nationale (SENA), est revenu avec virulence sur le deuxième tour des élections professionnelles du 13 mai 2026 à l’Éducation nationale, dénonçant des irrégularités graves et un processus électoral qu’il qualifie de “chaotique” et “volé”.

Alors que le premier tour des élections professionnelles s’était tenu le 28 avril 2026, le second tour du 13 mai dernier continue de susciter une vive polémique au sein du secteur éducatif. Invité ce lundi 18 mai 2026 sur INFOSUD TV, Magloire Memiaga n’a pas mâché ses mots.

« C’est la première fois dans l’histoire que nous voyons un arrêté abroger une loi », s’est-il insurgé, évoquant des incohérences juridiques entre la loi 18/92 et plusieurs arrêtés ministériels encadrant le scrutin.

Selon lui, l’organisation des élections a sombré dans « un véritable chaos dans toutes les circonscriptions électorales ». Plus grave encore, il affirme que « le deuxième tour était plus chaotique que le premier ».

Bulletins photocopiés, procurations et accusations de bourrage d’urnes

Le secrétaire général par intérim du SENA évoque une série d’irrégularités particulièrement préoccupantes. « Tous les bulletins étaient photocopiés, des bulletins illisibles », affirme-t-il.

Il cite notamment le cas du Collège Louis Bigman où « il y a eu bourrage des urnes » et où « les candidats ont même signé les procès-verbaux ». Magloire Memiaga s’interroge également sur l’utilisation de procurations lors du second tour : « Dans tous les arrêtés que j’ai regardés, on ne parle pas de procurations. D’où viennent les procurations au deuxième tour ? »

« Des élections volées »

Pour le responsable syndical, ces dysfonctionnements ne relèvent pas de simples erreurs administratives. Il parle ouvertement d’« un désordre organisé pour écarter certains syndicats ».

« Moi personnellement, je suis obligé de ne pas accepter le verdict de ces élections-là. Parce que ce sont des élections truquées. Des élections volées », martèle-t-il, estimant qu’un dialogue social issu d’un tel scrutin serait inévitablement « biaisé ».

La Ve République déjà interpellée

Au-delà du scrutin, Magloire Memiaga s’inquiète des conséquences politiques de telles pratiques sur l’image du pouvoir actuel. « Ce sont les manœuvres qu’on a récusées dans les anciennes Républiques qu’on est en train de ramener dans la Ve République », déplore-t-il, dénonçant « un passage en force » malgré les recours déposés avant même la tenue du second tour.

En conclusion, le syndicaliste a salué les agents de l’Éducation nationale ayant voté pour le SENA, appelant les enseignants à « préparer les défis futurs » autour d’« une nouvelle ère du syndicalisme ».

Reste que les accusations portées par Magloire Memiaga sont lourdes et jettent un profond discrédit sur ce deuxième tour. Déjà après le scrutin du 28 avril dernier, plusieurs syndicats étaient montés au créneau pour dénoncer une « parodie d’élection ». Désormais, tous les regards se tournent vers la Commission nationale des élections professionnelles (CNEP), dirigée par Alain Jules Monangzé, attendue sur d’éventuelles clarifications afin de restaurer la crédibilité d’un processus fortement contesté.

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