On les a à peine remarqués mercredi à Okala, au Lac Bleu et à Diba Diba à Libreville. Ils n’avaient ni pelleteuse, ni mégaphone. Mais une trousse de secours, une bouteille d’eau et, surtout, un regard attentif.
Ils, ce sont les sapeurs-pompiers, les agents du Service d’aide médicale d’urgence (SAMU) social et les travailleurs sociaux du ministère des Affaires sociales, de la Famille et de la Protection de l’enfance.
Pendant que les engins destructeurs ouvraient les voies pour les futurs aménagements de la capitale, ces secouristes libéraient les déguerpis de la peur.

Une journée sous haute tension
Dès les premières heures de l’opération, la tension est montée d’un cran. Pour beaucoup de familles, voir tomber un mur, c’était des années d’efforts et de sacrifices, transformées en gravats et, par conséquent, réduites à néant.
Plusieurs victimes, submergées par le stress, l’émotion et la douleur, ont eu des malaises en pleine rue.
Heureusement qu’à chacune de cette triste scène, il y avait toujours un secouriste pour une prise en charge adaptée: il court vers la personne, l’allonge à l’ombre, lui parle doucement, lui donne de l’eau, prend sa tension, puis rassure sa famille.
Aucune de ces personnes n’a été laissée au sol. Toutes ont été prises en charge sur place, dans le calme, la sérénité et la dignité.
Le cas qui a marqué tout le monde
L’intervention la plus emblématique est cette vécue à la mi-journée, sur l’axe Lac bleu – Diba Diba.
Parmi les déguerpis, se trouvait une femme, la quarantaine, qui semblait avoir une détresse respiratoire. Pour les passants, c’était juste une personne prise par l’émotion. Mais les équipes sociales, qui savent lire les signes de certaines pathologies, ont compris rapidement qu’il s’agissait d’un cas de tuberculose non traitée. La maladie l’étouffait à petit feu. Elle a été immédiatement évacuée vers une unité sanitaire. Grâce à cette intervention rapide, une vie à peut-être été sauvée à temps. A condition toutefois, qu’elle respecte le protocole de soins lié à cette maladie contagieuse.
Aménager sans abandonner
Voler au secours des plus faibles s’inscrit donc en droite ligne des exigences du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema : que les opérations de déguerpissement ne soient jamais des opérations d’abandon.
Dans la vision de la Ve République, on ne peut pas construire une belle ville sur l’humiliation de ses habitants. On construit une ville en prenant soin de ceux qui y vivent.
C’est pourquoi, la ministre des Affaires sociales, Raïssa Nana-Ghogho, a mobilisé ses équipes, afin que celles-ci soient au plus près des familles. Non pas après, mais pendant l’opération.
Leur rôle est clair : écouter, orienter, secourir, accompagner, et non déguerpir.
Mercredi à Diba Diba, les engins ont fait leur travail : libérer les espaces. Les secouristes ont fait le leur, encore plus important : protéger l’humain.
Et c’est ce deuxième travail qui restera dans les mémoires.












