Coup de tonnerre dans le ciel politique gabonais : l’ancien Premier ministre Alain-Claude Bilie-By-Nze dort en garde à vue depuis ce 15 avril 2026. Alors que l’opinion s’interroge sur les raisons de cette interpellation musclée, le Procureur de la République est monté au créneau pour clarifier une procédure qui prend racine dans les méandres de la Fête des cultures 2008.
Libreville, 16 avril 2026. L’interpellation d’Alain-Claude Bilie-By-Nze, ancien Premier ministre, continue de susciter interrogations et remous. Interpellé le 15 avril aux environs de 18 heures à la sortie de son domicile par des éléments de la Direction Générale des Recherches (DGR), l’ancien chef du gouvernement est au cœur d’une procédure judiciaire portant sur des faits présumés d’escroquerie et d’abus de confiance.
Face à la montée des spéculations, le procureur de la République près le Tribunal de première instance de Libreville, Dick Fabrice Boungou Mikolo, est monté au créneau lors d’un point de presse ce jeudi. Il a confirmé l’existence d’une enquête préliminaire ouverte à la suite d’une plainte déposée par une citoyenne gabonaise. « Une enquête préliminaire est actuellement diligentée […] à la suite d’une plainte […] mettant en cause M. Alain-Claude Bilie-By-Nze », a indiqué le procureur.
Au cœur du dossier, une créance de 5 millions de francs CFA remontant à 2008, dans le cadre de l’organisation de la Fête des cultures. Une prestataire réclame depuis lors le paiement d’une prestation jamais honorée. « Les faits dénoncés portent sur un montant d’une valeur de 5 millions de FCFA qui lui aurait été remis à la suite de l’organisation des festivités de la Fête des cultures», a précisé Dick Fabrice Boungou Mikolo. À l’époque, Bilie-By-Nze présidait le comité d’organisation tout en occupant des fonctions gouvernementales.
Le procureur a insisté sur le caractère encore non définitif de la procédure. « Les investigations se poursuivent […] en vue d’établir la matérialité des faits », a-t-il souligné, ajoutant que « la qualification définitive […] sera arrêtée au terme de ladite enquête ». Il a également rappelé un principe fondamental : « la personne mise en cause bénéficie pleinement de la présomption d’innocence », a rappelé le procureur, tout en défendant l’indépendance de l’institution judiciaire : « l’autorité judiciaire a agi en toute indépendance […] sans considération de la qualité de la personne ». Enfin, il a appelé à la retenue dans le traitement public de l’affaire : « respect du secret de l’enquête et […] à la retenue de chacun », a-t-il insisté.
Au-delà des éléments judiciaires, cette interpellation soulève une question majeure : pourquoi maintenant ? Pour une affaire vieille de 18 ans, le timing intrigue et alimente toutes sortes d’interprétations. Depuis son arrestation, les analyses s’entrechoquent, oscillant entre théorie du complot et soupçons de règlement de comptes. Dans l’opinion, une exigence domine : comprendre tous les contours d’un dossier aussi sensible que tardif. Vivement les éclaircissements.


