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CEEAC : Défi énergétique en Afrique centrale, Bujumbura s’attaque au paradoxe de « l’or vert et bleu » inexploité

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Réunis au Burundi depuis le 23 septembre 2026, les ministres, experts et bailleurs de fonds de la CEEAC examinent un rapport stratégique crucial. L’objectif : tracer la feuille de route du secteur énergétique de l’Afrique centrale à l’horizon 2035 et briser enfin le cercle vicieux du sous-développement électrique.

Comment une région si riche en ressources peut-elle rester si cruellement plongée dans le noir ? C’est autour de cette interrogation cruciale que se sont ouverts, ce mercredi 23 septembre 2026 à Bujumbura, les travaux de l’atelier régional de la Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale (CEEAC). Pendant plusieurs jours, les décideurs politiques, les institutions financières et les experts techniques passent au crible le rapport sur la situation actuelle et les perspectives énergétiques de la sous-région à l’horizon 2035.

L’événement, placé sous la présidence du ministre burundais des Ressources minières, de l’Énergie, de l’Industrie, du Commerce et du Tourisme, Docteur Hassan Kibeya, affiche une ambition limpide : transformer le potentiel théorique de l’Afrique centrale en réalités lumineuses pour les populations.

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Le paradoxe d’un scandale géologique sous-exploité

Au cœur des premiers débats, un constat sans appel fait l’unanimité parmi les intervenants : le paradoxe de l’Afrique centrale. La sous-région regorge de richesses naturelles exceptionnelles. Hydroélectricité, gaz naturel, gisements solaires massifs, biomasse : le bassin dispose de tous les atouts pour être le moteur énergétique du continent. Pourtant, la quasi-totalité des États membres peine encore à valoriser ce potentiel pour soutenir leur croissance économique et élever le niveau de vie des citoyens.

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Cette contradiction a poussé l’un des participants à reformuler les priorités de la transition régionale lors d’une intervention remarquée : « La question que nous devons nous poser aujourd’hui n’est plus seulement : « De quelles ressources énergétiques disposons-nous ? » mais la vraie question est : « Que faisons-nous de ces ressources pour transformer durablement la vie de nos populations ? » »

Un front institutionnel uni pour 2035

Pour porter ce chantier titanesque, une coalition de haut niveau s’est mobilisée dans la capitale burundaise. Aux côtés du ministre Hassan Kibeya siégeaient Juan Francisco Mico Nvono Avomo, représentant de la Guinée Équatoriale (qui assure actuellement la présidence de la Conférence des chefs d’États de la CEEAC), ainsi que les émissaires de l’Union Africaine et de la Banque Africaine de Développement (BAD).

La présence des experts du cabinet GINGER SOFRECO et de la directrice exécutive du Centre d’Excellence d’Oyo pour les Énergies Renouvelables témoigne de la volonté d’adosser les futures décisions à une expertise technique de premier plan. La forte délégation de la Commission de la CEEAC, menée par son directeur de l’Énergie, Armand Désiré Demazagoa Bakotta, rappelle que l’intégration régionale reste le levier indispensable pour financer et interconnecter les grands réseaux électriques de demain.

Vers une politique énergétique régionale forte

Après les messages de bienvenue du gouverneur de Bujumbura, portés par son directeur de cabinet Samson Ndayizeye, et la lecture des allocutions de l’ambassadeur docteur Ezéchiel Nibigira (président de la Commission de la CEEAC), les travaux techniques ont été officiellement lancés.

En ouvrant la session, le docteur Hassan Kibeya a lancé un appel vibrant à l’action collective. Pour le ministre burundais, cet atelier ne doit pas être une énième réunion technique, mais le point de départ d’un sursaut politique. Il a exhorté l’assistance à jeter les bases d’une « Politique Énergétique Régionale forte, cohérente et opérationnelle ». C’est à ce prix, et seulement à ce prix, que l’Afrique centrale pourra s’offrir la transformation économique et sociale indispensable à l’horizon 2035.

Les chantiers phares de la CEEAC pour éclairer l’Afrique centrale

Pour concrétiser les ambitions de l’horizon 2035 et briser le paradoxe énergétique, la CEEAC s’appuie déjà sur plusieurs leviers et infrastructures stratégiques :

Le Marché d’Électricité de l’Afrique Centrale (PEAC). Cet organisme spécialisé de la CEEAC joue un rôle clé. Il vise à interconnecter les réseaux électriques des pays membres pour faciliter le commerce de l’énergie et stabiliser l’approvisionnement régional.

Le mégaprojet Grand Inga (RDC). Souvent qualifié de plus grand projet hydroélectrique du monde, le potentiel du site d’Inga sur le fleuve Congo pourrait, à terme, générer jusqu’à 44000 MW. Une ressource capable de couvrir non seulement les besoins de l’Afrique centrale, mais aussi d’exporter l’électricité vers le reste du continent.

Le Centre d’Excellence d’Oyo (Congo). Dédié aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique, ce centre joue un rôle moteur dans la formation, la recherche et l’innovation technologique pour accélérer l’adoption du solaire et de la biomasse dans la région.

Les corridors de transport d’énergie. Plusieurs lignes à haute tension transfrontalières (comme l’interconnexion RDC-Centrafrique-Tchad ou les projets liant le Cameroun au Tchad) sont en phase de développement ou d’extension pour désenclaver les zones rurales.

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