Président fondateur du parti 7MP et fidèle compagnon de route de Jean Ping depuis 2014, Joël Ngoueneni Ndzengouma a salué, le 16 août, la décision du président Oligui Nguema de baptiser le nouvel Hôtel des Affaires étrangères « Maison Jean Ping ». Un geste qu’il lit comme le début d’une réparation, sans pour autant relâcher son exigence de mémoire.
En décidant de baptiser du nom de Jean Ping le bâtiment flambant neuf abritant les services des Affaires étrangères, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a posé un acte que peu de Gabonais attendaient avec cette clarté. Il l’a lui-même formulé sans détour : « En décidant ce jour de baptiser le bâtiment flambant neuf des Affaires étrangères « Hôtel des Affaires étrangères, Maison Jean Ping », c’est une manière pour moi de reconnaître son parcours élogieux au service de l’État, de réparer l’injustice électorale de 2016, mais aussi de restaurer la dignité de notre diplomatie, qui porte désormais ses fruits à travers le monde ; enfin, c’est faire réaliser des économies à l’État en le sortant de longues années de location : avoir une adresse, un nom et un titre foncier. » Un geste symbolique, donc, mais qui touche directement à une page parmi les plus douloureuses de la vie politique gabonaise récente.
Joël Ngoueneni Ndzengouma, compagnon de lutte de Jean Ping

C’est dans ce contexte que la réaction de Joël Ngoueneni Ndzengouma prend tout son sens. Président du parti 7MP, il fait partie de ceux qui n’ont jamais quitté Jean Ping, de 2014 à 2023, dans les années les plus incertaines de son combat politique. Sur sa page Facebook, le 16 août, il a livré une réaction sobre mais chargée : « Le combat que nous avons mené, auprès de Jean Ping, de 2014 à 2023, n’a pas été vain. » Une phrase qui résume, à elle seule, des années d’engagement, de fidélité, malgré l’adversité, la répression et l’incertitude qui ont marqué cette période.

Pour Joël Ngoueneni Ndzengouma, ce baptême n’est pas un simple hommage protocolaire : c’est la reconnaissance, par le sommet de l’État, que « les événements de 2016 ont causé beaucoup de tort à Jean Ping, à ses partisans, aux Gabonais et au Gabon ». Il y voit un pas significatif vers des réparations qui, selon lui, méritent d’être faites, et adresse ses félicitations à Brice Clotaire Oligui Nguema pour ce geste.
Au-delà du symbole : la question des réparations
Mais l’homme politique ne s’arrête pas à la satisfaction du moment. Dans la continuité de son propos, il élargit l’horizon de la reconnaissance à tous ceux qui ont payé le prix du combat démocratique gabonais. Il évoque l’espoir de voir se concrétiser un « Monument aux victimes et combattants pour la démocratie », capable d’adoucir la douleur des familles endeuillées, des membres de la diaspora gabonaise qui ont soutenu la cause depuis la France et d’ailleurs, ainsi que des martyrs dont la mémoire, dit-il, attend encore d’être apaisée. Une manière de rappeler que la réconciliation ne se limite pas à un bâtiment rebaptisé : elle appelle une reconnaissance plus large, couvrant les luttes démocratiques gabonaises de 1990 à 2023.
La constance d’un homme resté fidèle
Ce qui frappe, dans les mots de Joël Ngoueneni Ndzengouma, c’est la continuité. Il n’est pas de ceux qui découvrent aujourd’hui l’importance de Jean Ping. Il fait partie de ceux qui, dans les moments où le soutenir coûtait cher, ne l’ont pas abandonné. Sa réaction n’est donc pas un simple commentaire d’actualité, mais le prolongement naturel d’un engagement tenu dans la durée. En saluant ce geste tout en réclamant davantage, il incarne une fidélité qui ne se contente pas des symboles et qui continue de porter, bien après 2023, le combat pour la mémoire et la démocratie au Gabon.












