AccueilArts & CultureLittératureHarold Leckat Igassela : « Ce qui m’intéresse, ce n’est pas la revanche. C’est la réforme »

Harold Leckat Igassela : « Ce qui m’intéresse, ce n’est pas la revanche. C’est la réforme »

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Le 3 octobre 2026 à Paris, la présentation de Entreprendre au Gabon : sous la brimade institutionnelle a placé au centre des échanges une question sensible : que veut faire Harold Leckat Igassela de l’expérience vécue en 2025 ? Face aux journalistes, aux proches et aux invités, l’auteur a écarté l’idée d’un règlement de comptes et revendiqué une démarche tournée vers la réforme, l’État de droit et le débat public.

« Une interpellation républicaine »

La portée politique de l’ouvrage a naturellement occupé une place importante dans les échanges. Interrogé sur le risque que son livre soit perçu comme une attaque contre les institutions gabonaises, Harold Leckat Igassela a rejeté cette interprétation. « Ce livre n’est pas une attaque contre les institutions. Il est une interpellation républicaine. Critiquer certains dysfonctionnements ne signifie pas rejeter l’État. Au contraire, c’est parce que je crois à l’État de droit que je considère nécessaire de nommer ce qui le fragilise », a-t-il répondu.

L’auteur entend ainsi distinguer la critique de certaines pratiques du rejet de l’institution elle-même. Pour lui, nommer ce qui fragilise l’État de droit participe à sa consolidation.

De l’épreuve à la réforme

La même ligne apparaît lorsqu’il est interrogé sur le lien entre son ouvrage et les événements vécus en 2025. Là encore, l’auteur récuse l’idée d’une revanche personnelle. « Ce qui m’intéresse, ce n’est pas la revanche. C’est la réforme. Je veux que mon expérience serve à ouvrir un débat utile sur la justice, l’entrepreneuriat et la liberté d’informer », a-t-il expliqué.

Le livre cherche ainsi à partir d’une expérience individuelle pour interroger des questions plus générales : justice, entrepreneuriat et liberté d’informer.

Des propositions derrière la critique

Cette volonté de réforme se retrouve dans les pistes avancées lors de la présentation. L’auteur évoque notamment la sécurité juridique des opérateurs économiques, la prévisibilité des règles, le respect des contrats et l’effectivité des recours. Il appelle également à mettre fin à ce qu’il qualifie de « pénalisation abusive des différends économiques ».

Mais son propos comporte aussi une exigence adressée aux entrepreneurs eux-mêmes. « En retour, les entrepreneurs doivent assumer transparence, conformité et responsabilité sociale », a-t-il déclaré. Le diagnostic ne repose donc pas uniquement sur une responsabilité de l’État : il associe garanties institutionnelles et devoirs des acteurs économiques.

Faire du livre un espace de discussion

Présenté à Paris après plusieurs mois de silence, l’ouvrage entend dépasser la seule dimension autobiographique et devenir un support de discussion sur le fonctionnement institutionnel et l’entrepreneuriat au Gabon. Cette ambition apparaît clairement dans son adresse aux participants : « Votre présence donne à ce livre ce qu’il recherche profondément : non pas seulement des lecteurs, mais un espace de discussion. »

Après la présentation et les dédicaces, le livre change donc de terrain : de l’expérience personnelle, il passe au débat public. À chacun désormais d’examiner ses constats et de mesurer la portée de ses propositions.

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