Présenté à Paris le 3 octobre 2026, Entreprendre au Gabon : sous la brimade institutionnelle, le livre de Harold Leckat Igassela ne se limite pas au récit d’une expérience personnelle. À travers son ouvrage, le journaliste, entrepreneur et juriste gabonais met en discussion les difficultés qui, selon lui, peuvent fragiliser les opérateurs économiques et les citoyens dans leurs rapports avec l’administration et les institutions.
Une accumulation qui finit par user
Lors de la présentation de son ouvrage, Harold Leckat Igassela a pris soin d’expliquer le sens donné à l’expression « brimade institutionnelle ». Pour lui, celle-ci ne renvoie pas nécessairement à un acte isolé ou spectaculaire. Elle désigne plutôt une accumulation de comportements et de dysfonctionnements susceptibles d’affaiblir progressivement celui qui les subit.
« Certaines violences ne sont pas toujours spectaculaires. Elles passent par les silences, les lenteurs, les engagements non respectés, les procédures qui s’enlisent, les décisions sans explication », a-t-il expliqué. Avant de préciser : « La brimade institutionnelle désigne cette mécanique qui use, fragilise et décourage sans toujours laisser de trace visible. »
À travers cette définition, l’auteur déplace le débat : la difficulté d’entreprendre ne serait pas seulement liée aux contraintes économiques, mais aussi à la manière dont les règles et procédures sont appliquées. C’est cette zone de friction que son livre entend interroger.
Lenteurs, recours et sécurité juridique
Le communiqué énumère plusieurs problématiques : lenteurs administratives, engagements non respectés, fragilité des recours, arbitraire ou pénalisation de certains différends commerciaux.
Le propos ne s’arrête cependant pas au constat. Harold Leckat Igassela évoque plusieurs pistes : sécurité juridique, prévisibilité des règles, respect des contrats et effectivité des recours.
« L’État doit garantir la prévisibilité des règles, le respect des contrats, des recours effectifs et la fin de la pénalisation abusive des différends économiques », a-t-il déclaré. En retour, il rappelle aussi la part de responsabilité des entrepreneurs : « En retour, les entrepreneurs doivent assumer transparence, conformité et responsabilité sociale. »
Une critique qui se veut constructive
Présenté à Paris, l’ouvrage aurait pu être réduit à un témoignage de griefs. Son auteur refuse cette lecture et veut transformer son expérience en réflexion sur l’entrepreneuriat au Gabon.
La « brimade institutionnelle » n’est pas présentée comme une accusation générale, mais comme un concept décrivant des mécanismes jugés préjudiciables à l’activité économique et à la confiance.
Du livre au débat
La présentation parisienne, prolongée par des échanges avec la presse puis une séance de dédicaces, marque ainsi une nouvelle étape. Harold Leckat Igassela veut désormais que son expérience dépasse son propre parcours.
Son ambition tient dans une formule : « Entreprendre ne devrait pas être une épreuve de survie, informer ne devrait pas être une menace et réclamer l’application du droit ne devrait jamais conduire à la peur. »
Le livre pose ainsi une question qui dépasse son auteur : comment garantir des règles prévisibles et des recours effectifs pour que l’initiative économique ne devienne pas une épreuve permanente ? C’est à cette discussion que la présentation parisienne du 3 octobre convie désormais les lecteurs.
