À l’occasion de la Journée internationale de la femme africaine, l’Ambassadeur du Gabon en Belgique, Eudes Régis Immongault Tatangani, a participé à Bruxelles à une projection-débat du documentaire Les Mamans de l’Indépendance. Cet événement a mis en lumière le rôle crucial, mais trop longtemps invisibilisé, des femmes dans la libération du continent. Un hommage historique qui résonne avec les combats actuels pour le leadership féminin en Afrique.
À l’occasion de la Journée internationale de la femme africaine, l’Ambassadeur du Gabon en Belgique, Eudes Régis Immongault Tatangani, a pris part, cette semaine, à une projection-débat autour du documentaire Les Mamans de l’Indépendance, réalisé par Diabou Bessane. Cette rencontre a été consacrée à une page longtemps restée dans l’ombre de l’histoire africaine : le rôle des femmes dans les luttes pour les indépendances.
Éveiller les consciences politiques au féminin
Organisée par Femmes Plurielles, avec le soutien d’ONU Femmes Bruxelles, la rencontre a permis de revisiter cette période à partir de témoignages, d’archives et de récits consacrés à celles qui ont contribué à la mobilisation des populations et à l’éveil des consciences politiques. Une manière de déplacer le regard sur les indépendances, encore largement racontées à travers les seules trajectoires masculines.
Le film remet notamment en lumière les parcours de Jeanne Martin Cissé en Guinée, Awa Keïta au Mali, ainsi qu’Arame Tchoumbé Samb, Adja Rose Basse et Maguette Bineta Diop au Sénégal. Des itinéraires différents, mais traversés par un même engagement dans les transformations politiques et sociales de leurs pays respectifs.
Des actrices majeures sorties de l’oubli
Ces pionnières n’étaient pas de simples témoins des bouleversements de leur époque. Elles ont activement participé à l’organisation des luttes, à la sensibilisation des populations et à la défense d’idéaux qui allaient nourrir les projets de sociétés postcoloniales.
Leur absence relative dans le récit historique pose toutefois une question qui dépasse le seul travail documentaire : pourquoi une partie aussi importante de leur contribution est-elle restée si longtemps dans l’ombre ?
La rencontre de Bruxelles a également permis de faire le lien entre cet héritage et la situation actuelle des femmes africaines. Car l’accès aux responsabilités, la représentation dans les institutions et la participation aux décisions publiques restent des enjeux majeurs sur le continent.
Pour le Gabon, la participation de l’ambassadeur à cette initiative traduit un intérêt marqué pour les actions qui associent histoire, égalité et leadership féminin. La démarche s’inscrit dans une vision où la reconnaissance des contributions passées doit également nourrir la place accordée aux femmes dans les sociétés contemporaines.

L’arbre généalogique du leadership féminin
Le parcours de ces pionnières rappelle ainsi que l’engagement féminin en Afrique ne date pas d’hier. Il plonge ses racines dans les combats politiques qui ont précédé les indépendances et se poursuit aujourd’hui dans d’autres champs : institutions, économie, société civile et développement.
Avec Les Mamans de l’Indépendance, le débat bruxellois aura surtout remis une question essentielle sur la table : peut-on raconter l’histoire des indépendances africaines sans raconter celle des femmes qui y ont contribué ?
Une composante à part entière du récit national
La réponse portée par cette rencontre est claire. Leur rôle mérite d’être davantage documenté, enseigné et transmis, non comme un simple complément au récit national, mais comme une composante à part entière de l’histoire politique du continent.
En faisant sortir ces figures de l’oubli, la rencontre de Bruxelles n’a pas seulement célébré des pionnières. Elle a rappelé que l’Afrique s’est aussi construite avec elles et que leur héritage continue de nourrir les combats du présent.
