Pour transformer ces intentions politiques en réalités sonnantes et trébuchantes, une forte délégation du patronat gabonais (FEG) accompagne le chef de l’État pour rencontrer la Chambre de commerce et d’industrie du Ghana (GNCCI). Ce ne sont plus seulement les ministres qui négocient, mais les capitaines d’industrie des deux pays.
Les discussions privées s’articulent autour de la création de coentreprises (joint-ventures) destinées à lever les barrières logistiques et bancaires. Le secteur privé pousse pour l’établissement de mécanismes de paiement direct en monnaies locales ou via le système PAPSS (Pan-African Payment and Settlement System), évitant ainsi le recours coûteux au dollar ou à l’euro. Les investisseurs ghanéens manifestent un intérêt majeur pour les facilités fiscales de la Zone d’Investissement Spéciale (ZIS) de Nkok, tandis que les banques gabonaises cherchent à s’implanter à Accra pour fluidifier le financement des PME transfrontalières.
Synergies sectorielles : agriculture, transition verte et économie bleue
L’agenda économique de cette visite officielle va bien au-delà du commerce de marchandises et cible des investissements massifs dans trois secteurs hautement prioritaires.

Souveraineté alimentaire et agro-industrie : le Gabon, qui importe encore la majorité de ses denrées alimentaires, souhaite s’inspirer du modèle agricole ghanéen. Des coentreprises sont à l’étude pour le développement de filières durables dans l’élevage et les cultures vivrières, permettant de réduire la facture d’importation des deux pays.
Finance verte et crédits carbone : abritant tous deux des écosystèmes forestiers et côtiers vitaux, le Gabon et le Ghana unissent leurs voix face à l’urgence climatique. Les deux capitales préparent une stratégie commune pour valoriser leurs marchés de crédits carbone. L’objectif est d’importer l’expertise de négociation pour peser ensemble lors des prochaines COP et capter des financements climatiques majeurs pour la sous-région.
Économie maritime et logistique : les discussions porteront également sur la modernisation des infrastructures portuaires et la création de lignes maritimes directes entre Accra et Libreville. Cette connectivité renforcée réduira de moitié les temps de transit et les coûts logistiques qui freinent encore le commerce intra-africain.









