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Gabon : Qui pour sauver Luc Okenkali d’Okondja ?

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Alors que le lycée Luc Okenkali d’Okondja affiche une devise tournée vers la réussite, la réalité de ses logements d’enseignants s’avère alarmante. Face au délabrement avancé de ces infrastructures, l’avenir de l’établissement repose désormais sur une action urgente de l’État, de la municipalité et des opérateurs miniers locaux.

À l’entrée du lycée Luc Okenkali d’Okondja, le portail vert et jaune affiche fièrement sa devise : « Discipline – Travail – Réussite ». Mais à quelques mètres de là, derrière la façade institutionnelle, un tout autre visage de l’établissement se dessine : celui de logements d’enseignants au bord de l’effondrement.

Un délabrement avancé sous les yeux de tous

Les images sont sans appel. Toitures en tôle rongées par la rouille, affaissées sous leur propre poids, charpentes de bois à nu, rongées par l’humidité et les intempéries. À certains angles, la structure semble tenir par miracle, la tôle pendant dans le vide, retenue par des parpaings posés en guise de lest.

Gabon : Qui pour sauver Luc Okenkali d'Okondja ?

Les murs, eux, portent les stigmates du temps : peinture écaillée, lézardes rebouchées à la va-vite, enduits qui se détachent par pans entiers. Fenêtres et auvents de fortune complètent ce tableau d’un habitat qui ne remplit plus sa fonction élémentaire : abriter dignement ceux qui ont la charge d’instruire les enfants d’Okondja.

Comment exiger l’excellence pédagogique d’enseignants logés dans des conditions aussi précaires ? La question mérite d’être posée sans détour, à l’heure où l’État et ses partenaires multiplient les discours sur la revalorisation du métier d’enseignant.

Le rôle attendu des partenaires miniers

Car Okondja n’est pas une localité dépourvue de ressources. La ville vit au rythme de l’exploitation du manganèse par Nouvelle Gabon Mining. Or, à observer l’état de ces logements, la question de la responsabilité sociétale de l’entreprise (RSE) se pose avec acuité.

Quelle part des retombées de cette exploitation minière profite réellement aux infrastructures éducatives locales ? Un geste fort en direction du lycée Luc Okenkali serait à la fois une évidence morale et un investissement dans le capital humain de demain, celui-là même qui pourrait un jour intégrer les rangs de l’entreprise.

Les vacances scolaires : une opportunité pour agir

Le conseil municipal d’Okondja ne peut, lui non plus, rester en marge de ce dossier. Collectivité de proximité, il lui revient d’alerter, de mobiliser et, autant que possible, de mettre à contribution les moyens communaux pour amorcer une réfection, même partielle.

Les vacances scolaires, actuellement en cours, offrent précisément la fenêtre idéale : chantiers possibles sans perturber les enseignements, délais suffisants avant la rentrée d’octobre.

Une vue extérieure du Lycée.
Une vue extérieure du Lycée.

L’État face à ses responsabilités budgétaires

Reste enfin le ministère de l’Éducation nationale, garant de la carte scolaire et des conditions de travail du personnel enseignant. Une réhabilitation durable de ces logements ne peut se limiter à des rafistolages ponctuels, elle appelle une programmation budgétaire claire.

Entre l’entreprise minière, la mairie et l’État, la balle est dans plusieurs camps à la fois. Reste à savoir lequel se saisira, le premier, de ce dossier avant que la prochaine saison des pluies n’aggrave davantage l’irréparable.


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